Eros Millenium
( 1 )
de Jean-Marc Ligny
aux éditions J’ai lu ,
collection Millémaires
Genre : SF
Sous-genres :
  • Erotique

Auteurs : James Morrow , Andreas Eschbach , Valério Evangelisti , Roland C. Wagner , Jean-Claude Dunyach , Jean-Marc Ligny , Neil Gaiman , Serge Lehman
Anthologiste : Jean-Marc Ligny
Date de parution : octobre 2001 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Anthologie
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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Jean-Marc Ligny donne la parole aux hommes...

En février 2000, Jean-Marc Ligny avait épaté tout le monde en demandant à dix-sept femmes de lui écrire des nouvelles centrées sur l’amour. Une démarche peu banale dans le petit monde de la SF. Résultat : l’anthologie Cosmic Erotica. A l’époque, ce livre avait divisé ses lecteurs. Il faut dire qu’il contenait une surprise de taille. Les filles n’avaient pas fait dans l’amour gnangnan mais plutôt dans la passion trash, abordant sans tabou des sujets aussi divers que l’homosexualité ou l’excision. Le cocktail était assez détonnant pour faire diverger les avis. Cela ne pouvait pas plaire à tout le monde. Toujours est-il qu’après un tel événement littéraire, Jean-Marc Ligny ne pouvait avoir qu’envie de poursuivre l’aventure en donnant la parole aux hommes. Avec Eros Millenium, c’est désormais chose faite. Dix-huit auteurs masculins nous proposent leur vision de l’amour. La boucle est bouclée.

De grands romantiques ?

En caricaturant un peu, on pourrait dire que les femmes étaient aussi trash que les hommes sont romantiques. Evidemment, cette constatation ne vaut pas pour tout le recueil. Difficile de généraliser sur toute une anthologie lorsqu’il y a 18 nouvelles au sommaire. La formule est même démentie dès la première nouvelle, Magma de Serge Lehman, un reportage sur une orgie dans le monde de la jet set. Disons simplement qu’un certain nombre de textes peuvent se ranger sous la bannière d’un certain romantisme. Parmi celles-ci, on citera quelques noms comme Neil Gaiman par exemple et la quête éternelle d’un Arlequin fantôme. Ou bien encore Jean-Claude Dunyach avec Voleur de Silence, une splendide nouvelle rééditée pour l’occasion et qui nous conte la liaison d’un couple d’artistes. On peut aussi citer James Morrow et sa très belle La Sagesse de la peau où l’amour se décline par la passion et la fidélité et où le sexe devient un véritable art. Même Ligny n’y réchappe pas. Sa nouvelle La Balade de Silla comporte aussi son lot de douceur et de tendresse bien que dramatique.

En direct de l’étranger...

Aussi curieux que cela puisse paraître, les nouvelles les plus dures et les plus originales viennent de l’étranger. Là encore on généralise un peu vite. Néanmoins, les textes d’Evangelisti, de Luca Masali, de Marcus Hammerschmitt et d’Andreas Eschbach font partis des plus étonnants de l’anthologie. Evangelisti s’est inspiré pour l’occasion de l’actualité. Il a délaissé son personnage habituel d’Eymerich pour une jeune révolutionnaire mexicaine qui va tenter de séduire le président des Etats-Unis en espérant ainsi pouvoir l’assassiner. Une intrigue dont la scène finale rend évident ses liens avec l’affaire Monica Lewinski. Tout un programme… Autre auteur italien, Luca Masali a eu une idée fort sympathique. Dans une presse où l’on détruit les livres, les pages de chaque ouvrage finissent par s’emmêler, au point de mélanger les histoires de Moby Dick de Robert Melville et de Justine du Marquis de Sade. De son côté, Andreas Eschbach a pris le sujet de l’amour à contre-pied pour nous conter une histoire avec des insectes, preuve que le doux sentiment n’est pas une exclusivité humaine. Quant à l’Allemand Marcus Hammerschmitt, il a fait dans le trash avec un récit de séduction au milieu d’une guerre des gangs assez cruelle.

Enfin, pour finir avec ce bref survol d’une partie des nouvelles, signalons pour les fans de Roland C.Wagner que celui-ci a puisé dans son cycle des Futurs Mystères de Paris pour un texte où le héros Ramirez et sa copine Ordalie sont face à un mystère au pays du Zamal, une plante aux propriétés proches du Cannabis.

Un paradoxe pour un bon recueil

Eros Millenium est un paradoxe. Les hommes sont restés assez classiques et romantiques dans l’ensemble et c’est un peu décevant. A sa lecture, peu de nouvelles remuent vraiment le lecteur, le prennent par les tripes comme on aurait pu s’y attendre après Cosmic Erotica. Pour autant, en revenant sur cette anthologie pour cet article, je me rends compte que la plupart des 18 nouvelles du recueil me laissent une bonne impression. Evidemment, on pourrait souhaiter qu’il y ait eu plus de ceci ou plus de cela. Mais ce serait pinailler. On ne peut juger que sur ce que contient ce livre et non sur ce qu’il aurait pu contenir. Et dans ce cas Eros Millenium est plutôt réussi.

Jérôme Vincent

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