Futures From Nature (V.O)
de Henry Gee
aux éditions Tor Books
Genre : SF
Sous-genres :
  • SF

Auteurs : Alastair Reynolds , Frederik Pohl , Charles Stross , Robert Silverberg , Arthur Charles Clarke , Vernor Vinge , Bruce Sterling , Cory Doctorow , Stephen Baxter , Dan Simmons , Joe Haldeman , Michael Moorcock , Peter F. Hamilton , Vonda McIntyre , Ken McLeod , Jack McDevitt , Nancy Kress , Brian Aldiss , Harry Harrison , Rudy Rucker , Greg Bear
Anthologiste : Henry Gee
Date de parution : 0000 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Anthologie
Nombre de pages : 320
Titre en vo : Futures From Nature
Parution en vo : novembre 2007

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Il te faut ce livre !

Si tu es un professionnel du monde de la science-fiction, il te faut ce livre.
Si tu es un « fan » de science-fiction, il te faut ce livre.
Si tu es amateur de science-fiction, il te faut ce livre.
Si tu es novice en science-fiction, il te faut ce livre.
Si tu ne connais rien à la science-fiction, il te faut ce livre.
Si tu n’aimes pas la science-fiction, il te faut ce livre.

Et ce n’est même pas du second degré.

Que je vous explique....

L’Impact Factor

Tout d’abord, qu’est ce que le journal Nature ?

Dans le monde scientifique, la reconnaissance ne passe que par une seule chose : la publication de ses travaux. Sous forme d’articles scientifiques qui suivent un schéma bien rodé :

– une introduction, faisant le point sur les connaissances actuelles du sujet, et expliquant comment le présent travail se situe par rapport à cela ;
– une section dite « matériel et méthode » où l’auteur (les auteurs) explique(nt) comment le travail a été réalisé ; de telle sorte qu’une autre équipe scientifique en lisant ce paragraphe pourra reproduire toutes les expériences présentées ;
– une partie résultat ;
– une partie discussion.

Ces articles scientifiques peuvent être publiés dans deux types de journaux : ceux avec un comité de lecture et des référés extérieurs (et nous ne parlerons que de ces journaux par la suite) et ceux sans comité de lecture. La qualité des journaux scientifiques est reflétée par le Dieu (avec une majuscule) Impact Factor. L’Impact Factor étant lui-même, sommairement, le reflet du nombre de citations des travaux publiés par le journal X au cours des différents travaux scientifiques ultérieurs. Mais ces détails n’intéressent personne. Ce qu’il faut retenir, c’est que dans le monde scientifique, l’Impact Factor est Dieu.

Ainsi, pour trouver du travail dans le monde de la recherche, pour trouver des subventions, pour créer des équipes de recherches etc, etc, etc… l’Impact Factor décidera. Plus les travaux que avez réalisés seront publiés dans un journal avec un Impact Factor élevé, plus les portes s’ouvriront facilement devant vous. Et vice-versa, bien entendu.

Quelques exemples pratiques d’Impact Factor : le journal de référence sur les travaux concernant la résistance bactérienne aux antibiotiques est AAC (Antimicrobial Agents and Chemotherapy) dont l’Impact Factor en 2006 était de 4,153. Et inutile de vous dire qu’il est bien plus côté que le JAC (Journal of Antimicrobial Chemotherapy) dont l’Impact Factor en 2006 était de 3,891. Et un journal qui monte, qui monte et qui a maintenant acquis une véritable stature internationale est CMI (Clinical Microbiology and Infection) car son Impact Factor a nettement augmenté depuis deux-trois ans. Et il est maintenant à 3,254.

Quant à Nature, son Impact Factor en 2006 était tout simplement de… 26,681 !!!

Inutile de vous dire que, lorsqu’une équipe française publie dans Nature, cela passe en boucle sur France Info, et il y a un article dans Le Monde, dans Le Figaro, dans le… en fait, dans quasiment tous les quotidiens.

Et c’est dans ce journal scientifique, où par exemple a été publiée la double hélice de l’ADN découverte par Crick et Watson, que très régulièrement, on trouve de très courtes nouvelles de science-fiction (huit cents mots), dans une section appelée « Futures from Nature ».

Et dans le recueil du même nom, se trouvent regroupées les cent et quelques nouvelles écrites et publiées dans Nature entre 1999 et 2006.

Les auteurs de ces nouvelles sont soit des scientifiques renommés, soit des journalistes scientifiques, soit des éditeurs, soit, et cela constitue la grande majorité, des écrivains de science-fiction.

Avant chacune des nouvelles, une courte biographie-bibliographie de l’auteur est d’ailleurs rappelée.

Bref, impossible, même pour le plus borné des Académiciens – même pour Angelo Rinaldi – de remettre en cause et de quelque manière que ce soit le label de crédibilité absolue de cet ouvrage.

Et en plus, c’est de la bonne « came » !

Bien entendu, tout auteur contacté par l’équipe éditoriale de Nature, répond positivement, et ce TRÈS rapidement.

Et c’est comme cela qu’au sommaire, nous retrouvons, entre autres : Baxter, Bear, Benford, Arthur C. Clarke, Egan, Haldeman, Ian et Ken MacLeod, Moorcock, Frederik Pohl, Reynolds, Kim Stanley Robinson, Silverberg, Dan Simmons, Spinrad, Charles Stross, RC Wilson etc, etc…

Mais bon, direz-vous, l’habit ne fait pas le moine.

Et certes, alors que tout article scientifique publié dans Nature se DOIT d’être un chef-d’œuvre, le recueil ne contient pas cent quinze chefs-d’œuvre de science-fiction. Huit cents mots par texte, je vous rappelle. Et c’est un format court. Très court.

Et pourtant, ce recueil contient toutes les facettes de ce que peut proposer la science-fiction, de la hard science au voyage temporel, de la fin du monde à l’histoire drôle, de l’humour noir à l’humour léger.

L’heureux possesseur de l’ouvrage y trouvera enfin l’explication du Paradoxe de Fermi (merci Stephen Baxter). Il se retrouvera plongé dans la nuit des Oscars telle qu’elle le sera en 2054. Il rencontrera aussi bien des post-post humains que le Yéti. Il comprendra la réelle relation existant entre l’Enfer et les voyages stellaires. Il découvrira différentes intelligences artificielles, de l’IA meurtrière au robot dépressif et suicidaire. Il sera confronté à l’immortalité, mais aussi au clonage, et aux bébés sur commande. Il apprendra avec étonnement qu’il y a un message caché par des E.T. au sein de notre génome et une zone cachée, présente naturellement, dans notre cerveau, etc…

Plus de cent thématiques abordées. Une grande majorité de bonnes, voire très bonnes nouvelles, quelques unes médiocres mais quelques autres excellentes.

Dans tous les cas, que tu sois :

– un professionnel du monde de la science-fiction ou un véritable fan ;
– un amateur de science-fiction ou un simple novice ;
– voire si tu ne connais rien à la science-fiction, et même si tu n’aimes pas la science-fiction, il te faut ce livre.

Alors que cette chronique touche à sa fin et au moment de poser ma plume un doute affreux m’assaille : ai-je bien précisé qu’IL TE FAUT CE LIVRE ?

David S.