Futurs insolites
de Jean-François Thomas et Elena Avdija
aux éditions Hélice Hélas Editeur
Genre : Anticipation
Sous-genres :
  • Anthologie

Anthologiste : Jean-François Thomas
Date de parution : 0000 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Recueil
Nombre de pages : 371
Titre en vo :
Parution en vo : février 2016

Lire tous les articles concernant Jean-François Thomas ou Elena Avdija

Laboratoire d’anticipation helvétique

Jean-François Thomas et Elena Avdija, deux auteurs suisses, nous emmènent dans la scène littéraire romande contemporaine de science-fiction.
 
Excursions fantasmées dans la Suisse du futur
 
Ce recueil de nouvelles porte bien son titre : les deux seuls points communs entre toutes ces nouvelles sont de concerner la Suisse et d’être situées dans le futur, avec de nombreuses évolutions technologiques.
 
Deux thématiques se dégagent principalement : l’euthanasie ("SuissID", "Exit", "Issue de secours"), sujet qu’on sent important dans la société helvétique ; et le space opera ("Alleingang", "Là où croît le pays"), qui mélange les racines romaines et germaniques de la Suisse avec ses conquêtes potentielles d’autres territoires.
 
Hypertechnologie et xénophobie
 
Au-delà de ces deux thématiques, de nombreuses nouvelles sont marquées par le questionnement sur l’identité helvétique et sa xénophobie latente, montrée à la fois comme un moyen de sauvegarder cette identité et comme un défaut détestable qui peut avoir des conséquences dramatiques. De fait, la présence des étrangers (français, italiens, voire pire ! noirs, maghrébins, asiatiques !) est présentée comme quelque chose qui ne va pas de soi : les personnages les voient comme une source de problèmes potentiels, alors que les nouvelles veulent les montrer comme une ouverture ou une richesse.
 
D’autre part, comme il fallait s’y attendre, la technologie a fait de grands bonds en avant dans ces nouvelles du futur. La médecine et la robotique domestique y sont particulièrement développées, dans le souci manifeste d’améliorer le quotidien des gens, quitte à ce que ceux-ci détournent les avancées scientifiques à des fins douteuses ("Exit", "Helvé...ciao").
 
Une anthologie un peu bancale
 
Pour le reste, ces nouvelles sont un peu à l’avenant et ne présentent guère d’unité d’ensemble. Beaucoup sont pessimistes (à l’exception notable de "La mémoire de Lo" et "Vreneli", nouvelles assez sympathiques), et certaines sont presque incompréhensibles ("Audemars, le ver") - ou du moins, on a du mal à saisir où l’auteur veut en venir, comme dans "Sketches helvétiques"...
 
Pour terminer, mention spéciale à la postface de Marc Atallah, qui tente de définir le genre qu’est la science-fiction à l’aide, entre autres, des outils de la narratologie et qui nous entraîne, à coup de vocabulaire très technique, dans les confins anthropologiques et philosophiques des "littératures de l’imaginaire".

Anaelle Weiss