Guerriers des ténèbres
( Korrigans 2 )
de Emmanuel Civiello et Thomas Mosdi
aux éditions Delcourt ,
collection Terres de Légendes.
Genre : Fantasy

Scénariste : Thomas Mosdi
Dessinateur : Emmanuel Civiello
Couleurs : Emmanuel Civiello
Date de parution : janvier 2004 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo : 1

Lire tous les articles concernant Emmanuel Civiello ou Thomas Mosdi

Peinture à Lune

La réunion des talents de Thomas Mosdi et d’Emmanuel Civiello n’est pas pour rien dans le succès de la série Korrigans (dont voici le second opus). On doit au premier l’univers et la scénarisation du monde des Légendes Celtiques (jeu de rôles aux Editions Descartes), un monde fabuleux où chaque partie avait la saveur du conte. Aussi, après plusieurs sorties fructueuses en BD : L’Ile des Morts avec Sorel ou Xoco avec Ledroit notamment, Mosdi revient à ses premières amours et construit une histoire savamment teintée de féerie et d’heroic-fantasy. Civiello, adorateur et digne successeur d’Alan Lee, offre à cette quête son trait si personnel (révélé par La Graine de folie). Suivons ensemble la paire gagnante de la collection des Terres de Légendes.

"Chaque battement de coeur compte désormais"

Pour délivrer son grand-père et sa mère de l’emprise de l’infâme seigneur Balor et de ses formoîrés, la petite Luaine accompagne désormais Emer et Eolas, deux Korrigans, en direction du pays des Tuatha de Danann, dont ils doivent quérir l’aide. Mais le chemin est périlleux, et afin de traverser la côte qui les sépare de leurs alliés, les trois héros doivent parvenir à se dissimuler à fond de cale d’un bateau de guerre formoîré. Tâche d’autant plus ardue que Balor a lancé à leurs trousses ses fils  : Astur, Stagar et Turmac, tous plus fous et redoutables les uns que les autres. Heureusement, Emer et Eolas ne sont pas sans ressources, et le concours d’une créature imprévue leur sauvera la mise : Medh Maeb, la sorcière lycanthrope, a affectivement un compte à régler avec l’engeance de Balor.

Ô douce nuit, étincelante et sombre

Disons le sans ambage : il n’est pas une planche de ce volume qui ne confine au merveilleux, dans toutes ses acceptions. En publiant en 1996 le premier tome de La Graine de folie, les éditions Delcourt ont véritablement découvert la perle rare, en la personne de Civiello. En plus d’être un extraordinaire illustrateur, Civiello a un rare don d’enlumineur, et sait éclairer chacune de ses planches comme le ferait un rayon de lune. Si vous désirez en préserver la magie, évitez donc de lire les Guerriers des ténèbres sous une lumière directe trop crue, préférez une semi-pénombre, les ombres du crépuscule, et respectez les heures qui ont vu la génèse de ce joyau.

Ajoutez à cela un scénario qui prend la mesure d’une épopée féérique et l’on ne peut être que conquis, voire submergé. On remarquera dans cet épisode, des inspis plus "évidentes" que précédemment : Les fils de Balor n’étant pas sans rappeler les avatars des Nazgûl de Tolkien et les cavernes des Korrigans, les profondeurs de la Moria. Bref, une teinture qui nous place au niveau des plus grands auxquels Mosdi et Civiello font largement honneur.

Laurent Deneuve

D'accord, pas d'accord ? Parlez de ce livre sur le forum.

Vous voulez donner votre avis sur ce sujet ? Vous voulez mettre un lien vers votre propre chronique ? Cliquez ici.