Hiroshima
( Salamandre 1 )
de Dimitri Armand et Thomas Cheilan
aux éditions Le Lombard
Genre : Fantastique
Sous-genres :
  • Anticipation
  • Darkfantasy
  • Fantasy urbaine

Scénariste : Thomas Cheilan
Dessinateur : Dimitri Armand
Couleurs : Jérôme Maffre
Date de parution : septembre 2008 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo :

Lire tous les articles concernant Dimitri Armand ou Thomas Cheilan

Bien évidemment, c’est toujours la faute de l’autre...

La série Salamandre, prévue en trois volumes, est réalisée par deux jeunes auteurs de bandes dessinées  : Dimitri Armand et Thomas Cheilan.

Réalités parallèles

En 1830, les Mages, poussés par l’un d’eux qui en avait eu la vision, ont décidé d’apporter la paix au monde. Ils ont révélé leur existence et ont banni dans un autre monde – le nôtre
tous ceux qui refusaient le pacte. Depuis, leur monde ne connaît plus la guerre.

Toutefois aujourd’hui l’humanité ne supporte plus ce calme. D’autant plus que la conjoncture mondiale n’est pas merveilleuse. Les mages pourraient certainement apporter le bien-être à tous et régler les affaires politiques, mais ils s’y refusent. Ce qui en fait la cible des grincheux et des malheureux. Et peut-être de mages aigris...
Il s’agit d’un moment-clé, où chacun est prêt à se battre, à prendre les armes pour attaquer. Mais qui ? L’autre !

Salamandre, elle, vit tranquillement en utilisant ses pouvoirs pour régler des affaires de police magique. Elle va se trouver entraînée malgré elle dans un tourbillon qui pourrait bien amener la guerre et détruire les mondes. Pourtant personne ne se sent responsable. C’est toujours la faute de l’autre.

Une belle parabole

Parlons tout d’abord du dessin. Mêlant design futuriste à la magie et aux démons, il est prenant, agréable et parfaitement contrôlé. Il nous plonge en plein cœur de l’action. Coloré, nerveux et vivant, il supporte avec une force certaine le scénario complexe de ce premier volume.

L’histoire est en effet compliquée et difficile à suivre. Elle démarre sans temps mort et nous emporte dans l’enquête de la belle mage de feu. Les personnages tourbillonnent autour d’elle et cherchent à tirer vers eux cet univers un peu baroque. Il y a par moment de quoi se perdre bien que l’aventure soit attachante.

Car le propos des auteurs est double. Il ne s’agit pas seulement de conter une belle histoire de magie futuriste, mais de montrer combien l’âme humaine aime la violence et la guerre, comment la frustration peut arriver par une trop longue paix et avec quelle rapidité les esprits peuvent s’enflammer.
Le propos est amer, à peine caché derrière les beaux dessins et les formes agréables de l’héroïne. Attendons les prochains volumes pour voir si la trame devient plus claire et si la profondeur de la réflexion reste la même jusqu’au bout de la trilogie.

Jean Rébillat

D'accord, pas d'accord ? Parlez de ce livre sur le forum.

Vous voulez donner votre avis sur ce sujet ? Vous voulez mettre un lien vers votre propre chronique ? Cliquez ici.