Histoires de famille
( Invincible 16 )
de Ryan Ottley et Robert Kirkman
aux éditions Delcourt ,
collection Contrebande
Genre : Comics
Sous-genres :
  • Super-héros

Scénariste : Robert Kirkman
Dessinateur : Ryan Ottley
Traduction : Edmond Tourriol
Date de parution : août 2015 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 160
Titre en vo : Family ties
Parution en vo : juillet 2012

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Le secret d’une réussite

Marvel Zombies, Walking dead… Robert Kirkman est un scénariste qui a bâti son succès dans les comics sur les morts vivants (mais les comics ne sont-ils pas eux-mêmes un medium au bord de la mort clinique ? Je ramasse les copies dans 4 heures). Dans son œuvre déjà pléthorique, la série Invincible repose sur totalement autre chose. Le héros, Mark Grayson, ressemble en fait à un nouveau… Peter Parker. Nous voici en effet plongés dans les affres d’un adolescent doté de super pouvoirs qui sauve le monde toutes les 50 pages mais dont les tourments amoureux occupent beaucoup le scénariste Robert Kirkman, digne émule de Stan Lee (et Jack Kirby).

Synthèse entre Superman et Spiderman, Mark est à la fois humain et extraterrestre, Viltrumite plus précisément. Le début de la série le voit grandir près de son père Nolan, sorte de Kal El plutôt bon gars et défendant l’humanité sous le nom d’Omniman… jusqu’au jour où il se révèle être un espion qui prépare l’invasion de la Terre par l’empire Viltrumite. Mark affronte son père… qui le bat mais fuit pour éviter de le tuer (l’amour d’un père, c’est beau). C’est là la seconde naissance d’une série qui, depuis, hésite entre passages ultra référentiels et gores, tout en réfléchissant sur un genre (le comics de super héros) en pleine crise.

C’est donc encore la mort qui hante la série… qui en est à son seizième tome en France.

Invincible, l’histoire sans fin

Après avoir sauvé la Terre d’une invasion de Viltrumites, Mark Grayson a accepté que les survivants de cette espèce, décimée par un virus lâché par leurs ennemis, s’installent sur Terre. Mais Alan, son allié extraterrestre et champion de l’opposition aux Viltrumites, ne l’entend pas de cette oreille. Après avoir affronté Nolan, il part pour répandre le fameux virus sur la Terre, au risque que l’humanité soit contaminée et disparaisse. Mark affronte Alan et est exposé au virus. Les Viltrumites le recueillent et tentent de le soigner…

Dans Histoires de famille, Robert Kirkman affirme sa maîtrise du scénario, avec les rebondissements qu’il faut, à l’endroit où il faut, les combats servant de ponctuation au récit, le cliffhanger, etc… Invincible est une tentative de réponse à la crise du medium : comment retrouver la magie des séries passées (en gros les séries Marvel et DC des années 60-70) tout en essayant de capter le public d’aujourd’hui, nourri de jeux vidéo et d’internet. Produit hybride, Invincible séduit le critique par l’envergure du projet « Kirkmanien » de relance des comics.

Et la mort dans tout ça ? Elle est partout : chez les Viltrumites menacés de disparition, chez Mark menacé d’être emporté par le virus (ou d’être assassiné, je laisse le lecteur découvrir), etc… la mort sature un récit plus fascinant qu’enthousiasmant. Ce tome 16 d’Invincible souffre en tout cas du graphisme de Ryan Ottley, tout droit sorti d’Image. Le dessinateur affectionne les biceps et les mâchoires carrées. Kirby aussi me dira-t-on et c’est vrai mais Kirby créait des univers, Ottley se contente d’en être le peintre du crépuscule (et par ordinateur, beurk).

A lire si on a suivi l’ensemble de la série.


Sylvain Bonnet