I Kill Giants
de Ken Niimura et Joe Kelly
aux éditions HiComics
Genre : Comics

Scénariste : Joe Kelly
Dessinateur : Ken Niimura
Traduction : Philippe Touboul
Date de parution : mai 2018 Réédition
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 184
Titre en vo : I kill giants
Parution en vo : 2008
Première parution : janvier 2009

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L’alliance du comics et du manga

 Scénariste formé chez Marvel, Joe Kelly a notamment travaillé sur Deadpool, Daredevil et surtout les X-Men avec Carlos Pacheco (dessinateur d’Avengers Forever) et sur la JLA dans les années 2000. On l’a vu également crédité sur des scénarii de la série How I met your mother.

J.M. Ken Niimura est un dessinateur né en Espagne et possède les nationalités espagnole et japonaise. Influencé par le manga, il est diplômé des beaux-arts et a publié des œuvres telles que Underground Love ou Clockworld. Les deux artistes ont travaillé ensemble pour donner le roman graphique I Kill Giants, paru en 2008 et récemment adapté au cinéma par Anders Walter (qui écrit la préface). Alors ça vaut quoi, au final, docteur ?

 

Une fille bien perturbée

 

Collégienne, insolente, très bavarde, Barbara Thorson est une gamine qui, quand on lui demande ce qu’elle fait, répond qu’elle tue les géants. Pas facile ensuite de se faire accepter ! Elle devient le souffre-douleur de Taylor, une fille qui s’est constituée une bande et qui la prend pour une folle.

Mais Barbara ne se laisse pas faire et la défie, se bat même contre elle. Elle se fait une amie dans la personne de Sophia. Barbara se prépare donc à tuer du géant… Pendant que sa mère meurt d’un cancer dans un hôpital. Mais son futur combat contre les géants ne serait-il pas aussi réel que la maladie de sa maman ?

 

De l’émotion

 

I Kill Giants se veut un récit sur une jeune fille qui fuit la réalité, une réalité qui lui fait mal, en s’imaginant combattre des géants. Le paradoxe (et aussi tout l’intérêt du récit) veut qu’en fuyant elle trouve la ressource pour affronter le plus grand des drames, perdre sa mère.

Beaucoup de lecteurs ne pourront que s’identifier à l’histoire de Barbara. Le dessin en noir et blanc, très expressif et jouant sur les reflets (par exemple sur les lunettes de Barbara) joue en ce sens. On a le droit cependant de ne pas être réceptif à ce qui sollicite trop les émotions liées à l’enfance. Reste cependant un récit efficace.

 

Sylvain Bonnet