ITW Jean-Michel Pailherey
de Jean-Michel Pailherey et Stephen King
aux éditions
Genre : Anticipation

Auteurs : Jean-Michel Pailherey , Stephen King
Date de parution : avril 2010 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Jean-Michel Pailherey est un spécialiste de Stephen King. A l’occasion de la sortie du recueil Juste avant le crépuscule, nous lui avons posé quelques questions.

Actusf : Qu’est-ce que les lecteurs vont pouvoir trouver dans ce nouveau recueil Juste avant le crépuscule, qui a reçu le prix Bram Stocker du meilleur recueil de nouvelles ? A-t-il une place importante dans l’œuvre de Stephen King ?
Jean-Michel Pailherey : Je pense tout d’abord que c’est un vrai retour au format « Nouvelles » pour Stephen King, depuis « Tout est fatal  ». Il est dans la continuité de ce recueil. On y trouve les sujets de prédilection de ces dernières années comme la mort, la violence envers les femmes, la solitude, le 11 septembre, la folie, le secret. A cela s’ajoute un chat tueur, dans la veine des histoires du début. Cela s’explique, elle a été écrite voilà trente ans. Encore une fois, je pense que si je découvrais Stephen King aujourd’hui à vingt ans, j’aurais un peu de mal à accrocher. Car le fantastique est beaucoup plus psychologique que « physique ». On est loin d’un Danse Macabre avec les petits soldats ou la méthode pour arrêter de fumer… On est dans du fantastique classique avec Juste avant le crépuscule.
 
 
Actusf : Les habitués de Stephen King doivent-ils s’attendre à des surprises ou au contraire, resteront-ils dans le même registre ?
Jean-Michel Pailherey : Tout dépend des habitués ; moi qui suis un habitué du début de l’œuvre, j’ai suivi l’évolution du style et du genre des histoires. Une personne qui commencerait par un Cujo, Christine ou Carrie serait surprise et probablement déçue par ce fantastique plus mature. Pour les habitués, je pense que le fantastique, qui en général est un exutoire, aux peurs et phobies, évolue avec l’âge et l’on reste dans un registre de continuité de l’œuvre. A soixante ans on a plus peur de la mort, de l’étouffement, du cancer et de la folie qu’à vingt ans. On en est là aujourd’hui avec Stephen King.
 
 
Actusf : Ce recueil comporte plusieurs histoires, dans lesquelles Stephen King traite de la mort d’une personne proche du héros (la femme, la fille, le père). Une inquiétude particulière chez King, une prise de conscience ?
Jean-Michel Pailherey : C’est la même chose, l’âge aidant, vous regardez plus autour de vous, et vos proches sont les premiers concernés. Avez-vous remarqué que dans « Juste avant le crépuscule », comme dans Lisey ou Duma Key, certains personnages sont « vieux ». Depuis Insomnie je n’avais pas vu cela avec autant de force.
 
 
Actusf : De même, le souvenir du 11 septembre plane sur le livre, on peut sentir que l’auteur a été marqué par cet événement. Pensez-vous que cela va continuer d’influencer Stephen King et ses récits ? Comme son accident de la route par exemple ?
Jean-Michel Pailherey :
Non, je ne pense pas aussi directement. Tous les auteurs américains ont été traumatisés par le 11 septembre. Et en même temps, cet évènement a frappé tellement l’Amérique, que pour faire peur, il suffit d’y mettre les deux tours, et c’est joué. On a connu la même chose pour le Vietnam, le Sida… Pour l’accident de la route, lorsque vous frôlez la mort , comme ce fut le cas pour Stephen King, vous êtes traumatisé à vie. Dès que vous écrivez, inconsciemment cela resurgit par touches ou détails que seul l’auteur ou les fans sentiront et comprendront.
 
 
 
Actusf : Un certain nombre de journaux et critiques qualifient Juste avant le crépuscule de meilleur recueil de nouvelles de l’auteur. Qu’en pensez-vous personnellement ?
 
Jean-Michel Pailherey : Je pense que le meilleur recueil de nouvelles courtes de Stephen King est Danse Macabre. On y trouve une veine, une imagination, une nouveauté et un renouvellement de style pour le fantastique inégalés depuis. Ensuite un recueil, de mini roman comme Différentes saisons est presque parfait, trois histoires sur quatre sont magnifiques, mais le fantastique n’est presque pas présent. Tout est fatal, Brume, Minuit 2 et 4 et Rêves et Cauchemars, sont, à mon avis de bon recueil, avec plus ou moins de créations, mais surfe sur un style « Stephen King » qui ne se renouvelle pas. Pourtant, dans Juste avant le crépuscule, on a des histoires vraiment excellente comme Willa, Aire de repos (et l’allusion à Bachman), N qui est d’une écriture et structure magnifique, la folie est vraiment bien rendu, à voir aussi l’adaptation de cette nouvelle en vidéo graphique par épisodes, Ayana qui donne de l’espoir grâce au fantastique, mais surtout ma préféré est Laissés-pour-compte, sur le 11 septembre qui est magique dans tous les sens du terme. Et là j’ai retrouvé un Stephen King que l’on attend pas.

Actusf : Stephen King reconnaît avoir été marqué par de grands auteurs comme Edgar Allan Poe et Lovecraft. Peut-on voir un hommage à Lovecraft dans la nouvelle « N.  » et un second à Allan Poe avec « Le chat d’enfer  »  ?
Jean-Michel Pailherey : Oui tout à fait, on sent bien l’hommage à ces auteurs. Pourtant, on pourrait également parler de Richard Matheson, qui reste probablement le maitre de la nouvelle fantastique, et le style Quatrième dimension c’est Matheson, et ce recueil s’en approche, et c’est tant mieux. 
 
 
Actusf : Quelle est d’ailleurs la place de King aujourd’hui dans le fantastique ? Est-il toujours le meilleur et le plus connu ? A-t-il changé avec les années ? (et dans ses romans).
 
Jean-Michel Pailherey : Avec cette question, je me suis dit, qui est aujourd’hui l’auteur fantastique par excellence. Pour cela, je suis allé à la Fnac, et en client débutant, j’ai regardé le rayon fantastique. Eh bien, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Pléthore de Barbara Cartland via une collection Bragelonne, un Chatam, bof, un Joe Hill qui n’est que le fils de Stephen King, un Werber pas très fantastique et rien d’autre. Donc, oui Stephen King est toujours le seul auteur fantastique tout public et accessible à ce jour partout.
 
 
 
Actusf : Le roman Le Fléau va paraître entièrement sous forme de BD en France, le premier tome (sur dix) étant sorti en janvier de cette année. Il y également depuis quelques mois l’adaptation de La Tour Sombre. Comment trouvez-vous ces adaptations ? Sont-elles fidèles aux romans ?
Jean-Michel Pailherey : Pour Le Fléau, qui est l’un de mes romans préférés, l’adaptation est magnifique, au point que j’ai pris contact avec l’éditeur Delcourt pour mettre leur collection en avant sur le site. C’est une petite merveille. Et le n°2 que je viens de terminer en avant-première est dans la même veine. A lire absolument. Pour La Tour sombre, déjà en tant que lecteur, je n’était pas un adepte de cette bible "Kingienne" si je peux dire. En BD, c’est encore plus difficile, car réunir des actions multiples dans des mondes multiples sur des milliers de planches risquent de prendre des années, et de lasser. Mais je la lit tout de même, car pour donner son avis, il faut lire et connaitre.
 
 
Actusf : Plusieurs rumeurs parlent d’une mise en retraite de Stephen King d’ici un ou
 
deux ans. Doit-on y accorder du crédit ?
Jean-Michel Pailherey : Avec tout ce que prévoit Stephen King, je ne pense absolument pas.
 
Actusf : Ses nouveautés sont « Full Dark, No Stars », prochain recueil de nouvelles et le roman « Blockade Billy », qui paraîtront cette année aux États-Unis. Savez-vous de quoi ces ouvrages parlent ?
Jean-Michel Pailherey : Pour le premier, il s’agit d’un recueil de quatre nouvelles parlant d’une confession sur le meurtre d’une femme, un étrange raccourci, un pacte avec le Diable pour un cancéreux, et les secrets découverts par une femme mariée depuis 20 ans.Pour Blockade Billy, comme le plus grand joueur de base-ball peut être effacé pour une un secret des plus sombres. De bonnes histoires en perspective.

Marie Nelly

Jean-Michel Pailherey est Webmaster des sites stephenking999com et edition999.info