ITW Laurent Kloetzer
de Laurent Kloetzer
aux éditions
Genre : Actes de colloque

Auteurs : Laurent Kloetzer
Date de parution : mars 2012 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Après l’étonnant CLEER écrit avec sa compagne, Laurent Kloetzer retrouve un de ses personnages fétiches Jaël pour "Petites morts", un ouvrage dans lequel il vit plusieurs aventures...

Actusf  : Comment est née le personnage de Jaël ? Te souviens-tu quand il a commencé à prendre forme pour toi ?
Laurent Kloetzer  : Il est né en deux fois.
Il a tout d’abord été le héros de mes toutes premières nouvelles d’heroic fantasy, les premières histoires que j’ai écrites et qui ne se passaient pas directement dans un univers de jeu de rôle. C’était un type avec des cheveux longs, une épée et un tempérament romantique. Sympathique et assez fat.
 
Puis il est réapparu quand je cherchais des idées pour Mémoire Vagabonde. A l’époque j’avais pris goût pour les temps modernes européens, je trouvais qu’il n’y avait rien de plus élégant qu’une grande chemise, une veste, un tricorne et une rapière. J’avais envie d’un personnage tourmenté, un séducteur, un rêveur. L’idée du Jaël qu’on connaît est venue en écoutant Joey, de Noir Désir. La plupart des traits importants du personnage et de son histoire sont là, dans ces paroles.
 
 Actusf : Comment le décrirais-tu ?
Laurent Kloetzer  : Je laisse le lecteur le découvrir dans ses incarnations littéraires. Comme tous les personnages récurrents, Jaël est pour moi comme un vieux copain, un type à la fois attachant et énervant. Attachant, parce qu’il a toujours des histoires à vivre, à raconter, des aventures dangereuses et excitantes. Enervant parce qu’il est quand même extrêmement narcissique, essentiellement préoccupé de lui-même. Un des textes de Petites morts vise à montrer comment il essaie de se couler dans une vie normale, et comment il échoue...
 
Actusf  : Jaël semble presque plus subir les évènements qu’en être pleinement l’acteur. Il semble parfois un peu passif, balloté par les évènements, toujours en proie à une mémoire défaillante. C’est comme ça que tu le vois, un personnage sans passé, sans attache ? Toujours un peu “entre deux” ?
Laurent Kloetzer  : Je pense que c’est à la fois pour lui un trouble et un confort. Ne pas se souvenir évite de prendre des responsabilités. Jaël est un compagnon léger, un type qui ne s’encombre pas des pesanteurs de la vie (une famille, un appartement...). Je suis content de le fréquenter comme nous le faisons, je suis heureux de ne pas avoir à dépendre de lui.
 
Actusf  : Il y a presque 10 ans entre Petites morts et Mémoire vagabonde, que s’est-il passé pour Jaël ? Est-ce que cela signifie qu’il t’a accompagné pendant toutes ces années ?
Laurent Kloetzer : Quinze ans, de fait. En fait Petites Morts contient des textes écrits tout le long de cette période. Les bons personnages restent, les autres passent.
 
Actusf  : Y-a-t-il des personnes qui t’ont influencé pour Jaël ? On pense par exemple par moment à Jerry Cornelius de Michael Moorcock...
Laurent Kloetzer : Deux principales figures, graphiques : le Giacomo C., de Dufaux et Griffo (pour l’apparence et le statut social), le Lord James de Rodolphe et Magnin (pour le côté écrivain/séducteur).
 
Actusf : Comment est née le projet de Petites Morts  ? Comment l’as-tu composé ?
Laurent Kloetzer : Gilles Dumay m’a suggéré l’idée il y a un long moment. J’ai fait plusieurs tentatives de composition de recueil autour de textes déjà écrits. C’est la commande de l’Orage, pour les Imaginales 2009, qui a débloqué l’idée finale : un recueil de textes autour de Jaël, liés par un fil rouge, la relation à la Magicienne. Ce livre doit beaucoup aux personnes qui en ont accompagné le projet. Gilles Dumay, à l’origine, Pascal Godbillon (qui a refusé une première version du recueil, à raison), Claire Couturier, qui a accepté de diriger le livre chez Mnémos et Charlotte Volper, qui a travaillé sur le manuscrit avec une grande patience...
 
Actusf  : Parmi les femmes de Jaël, l’une des premières, Eva, est très jeune puisqu’elle a douze ans. Tu avais envie de la situer au début de la féminité ? Presque du tabou de l’enfance en matière d’amour ?
Laurent Kloetzer : Je n’avais pas d’intention particulière. Eva a douze ans, elle est très amoureuse. J’avais envie de raconter cette histoire particulière. La nouvelle présente dans Petites morts est la troisième version que j’écris de l’histoire de Jaël et Eva, j’ai mis beaucoup de temps à trouver la forme de ce récit. J’espère que les lecteurs l’aimeront.
 
Actusf  : La dernière nouvelle ne relève pas franchement de la fantasy. Est-ce que cela veut dire qu’on pourrait lire d’autres aventures de Jaël dans notre présent ou dans le futur ? Ou tout du moins dans d’autres époques ?
Laurent Kloetzer : Jaël fait aussi partie de ces personnages qui n’ont aucune difficulté à exister dans un monde ou dans l’autre. Peut-être qu’on le reverra dans notre présent ou notre futur, oui, si l’envie revient et si je lui trouve une nouvelle aventure...
 
Actusf  : Quels sont tes projets, sur quoi travailles-tu ? Et quelles sont tes prochains salons ou dédicaces ?
Laurent Kloetzer  : L.L. Kloetzer travaille sur un roman de science-fiction, plutôt bien avancé. Quant aux dédicaces, je serai au salon du livre. Il n’y a pas d’autre date prévue pour l’instant.

Jérôme Vincent