ITW Stéphane de Lobkowicz
de Stéphane de Lobkowicz
aux éditions ActuSF
Genre : Actes de colloque

Auteurs : Stéphane de Lobkowicz
Date de parution : mars 2012 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Interview de l’auteur du roman Uchronique : La Reine Astrid n’est pas morte à Kussnacht...

Derrière cette interview-dialogue il y a toute une histoire :

Tout a commencé par un mail fort courtois de Stéphane de Lobkowicz me demandant comment participer au Prix ActuSF de l’Uchronie, je lui explique le tout en lui demandant quelques précisions, le dialogue a commencé ainsi. En plus d’être un parfait gentleman, Stéphane a non seulement écrit une uchronie originale, mais également et surtout un excellent livre.

L’interview s’est faite de manière spontanée, j’espère que le résultat vous plaira.

ActuSF : Comment dois-je t’appeler ? Votre Altesse ? Pour ma part ce n’est pas seulement une question de protocole mais également une question de respect.

Stéphane de Lobkowicz : Votre altesse, c’est sympa. J’ai des amis qui m’appellent comme cela en référence au feuilleton Amicalement vôtre avec Tony Curtis et Roger Moore. On m’appelle aussi Maître quand je plaide comme avocat mais je trouve cela un peu ridicule, surtout les avocats qui se donnent du Maître entre eux. Si non, c’est Stéphane, pour la plupart des gens. Pour ma famille et mes proches, on utilise plus souvent Štěpán qui se prononce Chtiépan qui est mon prénom de naissance que j’ai fait franciser par une décision de justice depuis mais que j’ai conservé à la maison. Ma femme ne m’a jamais appelé Stéphane. Notez que si au téléphone on demande Stéphane, je sais que ce sont des ennuis en perspective.

 ActuSF : Partant du principe que l’interview sera lue en majorité par des français, que dirais-tu d’une petite partie explicative sur :

 - La question de la Ligne Maginot et de son extension jusqu’à la Manche tout au long des années folles (D’après ce que je sais, la Belgique souhaitait que cette extension ait lieu mais le maréchal Pétain, qui a longtemps été responsable des questions de défense, ne le voulait pas, pour lui, si guerre il devait y avoir, celle-ce ne devrait pas avoir lieu sur le territoire français, d’où l’invitation à peine voilée à passer par la Belgique...).

Stéphane de Lobkowicz : Pour moi cela aurait été impossible, la Belgique ayant adopté très tôt une politique de neutralité, massant des troupes aussi bien aux frontières françaises qu’allemandes.

Bien entendu, on savait bien que le danger ne venait pas de la France mais agir autrement aurait démontré à l’Allemagne que nous n’étions plus neutres. Il aurait été impossible en raison du choix politique des gouvernements belges successifs de poursuivre la ligne Maginot le long de la frontière belgo-allemande.

L’autre option, construire une ligne Maginot le long de la frontière franco-belge aurait placé la Belgique dans une nasse en cas d’invasion allemande. Ceci sans compter que cela en aurait fait des kilomètres. Techniquement très difficile et ruineux, à mon avis.

Ceci étant, il y avait une sortie de ligne Maginot constituée du Canal Albert, de la Meuse et d’un chapelets de forts inexpugnables (qui ont quand même été expugnablés !)

 - La question de la neutralité belge à partir de 1936 (pour reformer une armée nationale incluant les Flamands qui refusaient d’y participer si la Belgique ne redevenait pas neutre, et également par rapport à la France et à l’Angleterre et leur peu de réactions au moment où Hitler s’empare de la Rhénanie)

J’ai déjà évoqué la question de la neutralité. Elle n’était pas due aux Flamands. Elle faisait l’objet d’un véritable consensus national qui allait au delà des partis. Il fallait à tout prix rester en dehors d’un éventuel conflit comme cela avait été parfaitement possible en 1870.

De plus, la violation de la neutralité belge en 1914 avait été à ce point condamnée par le monde entier en 1914 qu’on espérait que les Allemands ne referaient plus une telle erreur qui leur avait coûté très cher (perte des « Cantons de l’Est » et du Ruanda-Urundi au profit de la Belgique).

Je ne sais pas trop comment a été vue la réoccupation de la Rhénanie en Belgique mais j’imagine que l’opinion publique unanime a développé deux sentiments. Le premier, les « mauvais » dans ce dossier étaient les Allemands et le second, cela ne remet pas en cause la neutralité belge.

Si je puis me permettre une comparaison : La réaction de la France par rapport à l’invasion de la Pologne. Odieux mais on ne fait pas (réellement) la guerre pour cela.

- La campagne des 15 jours pour montrer la combativité des troupes belges (j’ai lu l’épisode des chasseurs ardennais il y a quelques temps et je suis profondément admiratif de ce qu’ils ont fait).

La guerre a duré 18 jours (pas 15). Honnêtement, c’est déjà pas mal. La Belgique a résisté 18 jours à la plus formidable armée de tous les temps. A la même époque les Tchécoslovaques (en 38) ouvraient les frontières sans combattre, les Hollandais (en 40) tenaient 4 jours et les Français 5 semaines (en ballon ?). Je trouve qu’un combat aussi relativement long, surtout si on le compare à la durée de celui de la puissante République française épaulée par un important corps expéditionnaire britannique, c’est déjà pas mal.

On a beaucoup reproché aux Belges d’avoir cessé le combat trop vite. Mais c’était à une époque où on ne se doutait pas que les Français feraient de même très peu de temps après.

Dans mon roman le combat dure 4 jours de plus contre la volonté de la Reine et sous la pression des militaires et des alliés. Mais le résultat est le même sur le plan militaire si ce n’est des dégâts monstrueux et des pertes humaines supplémentaires effroyables.

C’est d’ailleurs une des clés de mon roman : défendre le fait que la capitulation ait eu lieu le 28 mai 40 et pas quelques jours plus tard.

Mais voilà une belle question philosophique posée.

Combien de temps faut-il faire la guerre ?

Saluer à la frontière les troupes allemandes comme l’on fait les compatriotes de mon père en Tchécoslovaquie ?

Se battre au maximum des possibilités comme l’on fait les compatriotes de ma mère en Belgique (ou les Français).

Se battre comme des lions sans jamais capituler comme les Russes ?

Aujourd’hui, le visiteur de Prague visite la plus belle ville d’Europe centrale. Celui de Varsovie n’y voit plus rien car tout a été détruit.

Et pourtant les deux pays ont été libérés presque le même jour et ont eu les même destins depuis.

Alors à quoi bon faire la guerre si on est tout de même occupé puis libéré ?

Je pense que les belges ont bien fait : Se battre jusqu’au bout mais quand c’est perdu on arrête. Il y a un moment où il faut savoir reconnaître une défaite militaire. De plus, on ne se bat jamais pour une ville, on la laisse à l’ennemi si il approche et on se bat dans les plaines.

Je constate aussi que les pays vaincus militairement se relèvent tout de même un jour, le Sud des USA après la Guerre de sécession, la France de 1870, l’Allemagne, l’Italie et le Japon de 1940, …. Les exemples ne sont pas légions, ils sont innombrables. Il vaut mieux perdre la guerre quand elle est perdue, et reconstruire ensuite.

 - La Belgique dans la Seconde Guerre mondiale (gouvernement en exil, Roi au pays, Congo belge, uranium belge, etc.)

On a beaucoup opposé le choix du Roi de rester en Belgique à celui du Gouvernement de se réfugier en France (et d’arriver à Londres beaucoup plus tard, au compte-gouttes, bien après le général de Gaulle).

Avec le recul, je crois que chacun a agit honnêtement, en fonction de sa conscience, animé par de très hautes valeurs. Je n’oppose pas l’un aux autres. La période était très troublée et les décisions devaient être prises dans l’heure. Aucun dirigeant n’a pris de décision allant dans le sens du moindre début de collaboration.

Après 40, la Belgique n’a pas eu de véritable rôle dans la seconde guerre mondiale, comme la France d’ailleurs.

La figure magnifique du général de Gaulle, seul contre tous, qui sauve l’honneur de toute une Nation est une réalité sur le plan des symboles. Il ne l’est pas vraiment sur le plan militaire.

Reconnaissons que l’œuvre de libération est due essentiellement à l’action des anglo-américains.

Il y eu une participation belge héroïque aux côtés des alliés, dans la RAF, en Afrique, grâce à la Brigade Piron, … mais moins importante que celle de la France Libre.

Il y eut également de très nombreux réseaux de résistance mais par contre quasiment pas de « maquis » essentiellement pour des questions géographiques.

Il y eut de très nombreux collaborateurs et des engagés volontaires sur le front de l’Est mais pas comme en France une collaboration d’Etat.

La répression de la collaboration fut moins importante qu’en France et resta pratiquement toujours dans un cadre légal sans doutes à cause d’un Parti communiste moins puissant.

 

 

 - La question du Roi, décidant de rester au sein de son peuple, l’histoire de son remariage, et de ce qui s’est passé après-guerre (la question royale pour vous)

La décision du roi de rester en Belgique a été approuvée à la quasi-unanimité par la population en 1940. Les ministres étaient même considérés comme des fuyards. Evidemment avec le recul, on ne voit plus cela de la même manière. Pour ma part, je ne juge pas. Comme je l’ai dit plus haut, chacun a agit en conscience mu pas de très hautes motivations morales et un total désintéressement.

Le remariage du Roi était une erreur. Là, tout le monde l’a pensé. Tout de suite. Même les plus fervents défenseurs de la dynastie. C’était la gaffe à ne pas commettre. Et le Roi l’a payée très cher. « Un royaume pour un amour » était le titre bien choisi d’un livre qui racontait ces évènements.

Je trouve, par contre, que les Belges ont très bien géré l’après Question royale puisque, en fin de compte, tous les partis se sont mis d’accord pour maintenir la dynastie sur le trône mais passer le flambeau au fils de … 20 ans. Un enfant. Ou presque.

Même Roi Léopold a pu rester au pays, on lui a donné un château, une dotation et il s’est fait discret renouant progressivement avec ceux qui l’avaient fait tomber. Un grand bonhomme assurément, même si son caractère autoritaire lui a coûté sa couronne.

ActuSF : Après des questions plus "conventionnelles" : Pourquoi une uchronie ? Était-ce ton idée de départ ? Combien de temps cela t’as t-il pris pour imaginer, tester des possibilités, les écrire, as-tu eu un "comité de relecture" (des personnes de ta famille, des amis, des professionnels) qui ont lu une version complète, des extraits de ton roman et t’ont conseillé sur des questions d’écriture (style, chapitrages, etc...), de plausibilité, sur ce qu’ils ont ressenti à la lecture de ton livre et t’ont aidé à changer/revoir certaines parties ? Comment s’est passé la quête d’une maison d’éditions ? L’attente, le choix de la couverture, du titre, comment vis-tu actuellement la sortie du livre, avec la promotion de celui-ci, les retours, les critiques ?

Stéphane de Lobkowicz : Je ne connaissais pas le terme uchronie et j’ignorais qu’il s’agissait d’un genre littéraire quand j’ai commencé … il y a une dizaine d’années.

J’avais lu l’appel du 17 juin de Costa. Cela m’avait beaucoup amusé.

Et souvent, en lisant des livres historiques dont on connaît, forcément, bien la fin, j’espérais un épilogue différent.

Par exemple lorsqu’on lit l’histoire de la montée du nazisme en Autriche. On se dit que ce n’est pas possible, que Conservateurs et Socialistes vont finir pas s’entendre, qu’ils sont complètement fous, …, et puis crac, c’est l’Anschluss.

Je me suis donc dit que ce serait amusant de faire cela avec l’Histoire de Belgique.

Restait à prendre un point de départ.

Facile à trouver, l’événement le plus important de toute l’Histoire nationale : la Seconde guerre mondiale.

Là, j’avais le choix entre plusieurs évènements, bien entendu, mais pour le côté romanesque du roman, le mieux était de partir d’un évènement qui arrivait à un membre de la famille royale.

J’ai été très très peu conseillé. J’ai fait cela comme je l’entendais. Je connais un peu tous les domaines étant homme politique, aristocrate, militaire (lieutenant-colonel des Troupes blindées), juriste et intéressé par l’Histoire de cette période, j’avais à peu près tous les éléments en mains.

Je n’ai pas du tout soigné l’aspect littérature n’y connaissant strictement rien. Je me suis contenté de raconter une histoire. Cela devrait ressembler à un scénario de cinéma. Au niveau du style, je ne suis pas encore candidat à un prix de l’Académie française mais ce n’était pas mon but.

Il y a un chapitre qu’un ancien chef de cabinet du roi m’a suggéré de changer. Il était inutilement humiliant et méchant pour un personnage respectable qui a des descendants.

Je voulais m’amuser, faire un trait d’humour, mais j’ai bien fait de ne pas le faire.

J’ai bien veillé à ne jamais donner à un personnage un rôle moins positif que celui qui était le sien dans la réalité.

Je n’ai jamais fait d’un résistant un collaborateur, par exemple.

Le contraire, oui. Comme dans le livre de Costa c’est le maréchal Pétain qui est à Alger le chef de la France libre.

J’ai trouvé la maison d’édition grâce à … Facebook.

Un jour, une superbe blonde me demande d’être son ami sur Facebook.

Elle habite ma commune. Peut-être une électrice ?

J’accepte et je vais voir ses photos et ce qu’elle fait.

Je vois qu’elle est éditrice.

Je lui dis que je suis en train de faire on truc.

Et elle me répond : « Envoyez moi le chapitre 2 et 14 ».

Je les envoie et le lendemain elle me demande le tout.

Je le lui envoie et le lendemain, on signe.

Elle me laisse 6 mois pour terminer.

Le titre et la couverture sont à 100% de l’éditrice. J’avais un autre titre, moins commercial. Mais c’est pas grave.C’est la règle du jeux et je lui suis très reconnaissant de m’avoir publié.

L’accueil est très sympathique. Dans ma famille, mes amis, la presse. Déjà 2 X la TV et 2X la radio.

C’est assez valorisant.

Et puis, je me dis que c’est une pierre tombale.

Quand je ne serai plus que cendres et poussières, ce bouquin sera toujours là dans quelques bibliothèques dont celles de mes descendants.

Et ils auront même ma photo (d’il y a 10 ans) dessus.

Je passerai ainsi à la postérieurité comme on dit à Bruxelles.

ActuSF : Au niveau uchronique je constate que tu t’es amusé : Certes tu fais mourir Léopold III dès le départ, tu montres l’imbroglio qu’aurait posé la question de sa succession, mets Elisabeth comme Régente (quelle femme ! soit dit en passant) en attendant que Baudouin devienne majeur et soit proclamé Roi. Mais d’autres choses divergent : Au niveau de la campagne des 15 jours : Eben-Emael et les autres forts tiennent grâce aux renseignements donnés par la Reine de Hollande et à l’intelligence d’Élisabeth, les anglais rembarquent avec tout leur matériel et, ce qui m’a énormément surpris, Georges VIII et Wallis Simpson sont souverains d’Angleterre ! Il n’y a donc pas eu de crise par rapport à leur mariage ? Quid des sympathies nazies de Wallis et de David ? Sans parler d’un somptueux clin d’œil à L’appel du 17 juin d’André Costa dans ton livre. D’ailleurs, à titre personnel, j’ai découvert il y a peu que l’auteur du livre l’avait écrit par rapport au mythe du Bouclier (Pétain) et de l’Épée (de Gaulle) thèse véhiculée par les défenseurs du Maréchal Pétain pour justifier sa politique, Costa, voulant défendre sa mémoire s’est amusé à imaginer son uchronie pour redorer l’image du Maréchal ! Comme quoi, certains écrivent des uchronies dans des buts politiques et n’imaginent même pas que des années après on puisse lire le livre comme un divertissement sympathique sans y voir un autre message que "on aurait dû continuer la guerre !"

Stéphane de Lobkowicz : Bon, mais là, il fallait bien tout faire diverger. J’au surtout essayé de surprendre le lecteur comme dans les BD de jadis publiées page par page, semaine après semaine. La dernière case de la page est toujours une attente. Et la première case de la page suivante est la surprise.

J’ai lu mon premier journal de Tintin quand je devais avoir 6 ans. Il y avait une aventure de Ric Hochet. A la dernière case on lui décharge un revolver dans le ventre. Il m’a fallu attendre une semaine pour le voir sortir un gilet pare-balles.

Un gilet pare-balles, vous imaginez ? Pour un enfant de six ans. Ca c’est un truc formidable.

C’est un peu cela mon idée.

On doit choisir un Régent. Tout le monde attend Charles et cuic c’est Elisabeth !

La Reine téléphone au Roi d’Angleterre et paf c’est l’abdiqué qui décroche.

Et ainsi de suite jusqu’à la dernière ligne.

Dans la réalité, le jour ou le roi Baudouin a réellement prêté serment, un trou-du-cul a crié « Vive la République ». Et dans mon roman, le même abruti crie de tous ses poumons « Vive le Roi ». C’est amusant, cela, non ?

Maintenant, pour être honnête, j’ai aussi comme Costa un message.

Il est belge.

Je ne suis pas belge de naissance mais je n’ai de cesse de défendre mon pays d’adoption qui a pour moi toutes les qualités puisqu’il a accordé l’exil à mon père. C’est quelque chose que l’on n’oublie pas même au delà des générations surtout lorsqu’il s’agit d’un grand pays comme la Belgique.

Le mode consiste aujourd’hui à critiquer le passé et ceux qui l’ont fait. Je ne m’inscris pas trop dans ce contexte. Nous sommes les héritiers de ceux qui ont construit le pays dans lequel nous vivons et je me garderai bien de juger avec les yeux d’aujourd’hui les attitudes de ceux qui étaient là hier.

Il n’empêche que j’ai réussi tout de même à caser quelque part le frère de mon grand-père qui était l’ambassadeur de Tchécoslovaquie à Londres durant la guerre.

Comme quoi, les racines ressortent toujours.

 ActuSF : Nous parlerions également du rôle de la Belgique dans la guerre, la question du Congo belge (et la solution originale trouvée pour arriver à une décolonisation pacifique) mais sans trop en révéler aux lecteurs.

Stéphane de Lobkowicz : Oui, je me suis laissé aller à un peu de nostalgie en ce qui concerne le Congo.

Quel gâchis que cette affaire là !

Vous imaginez, la Belgique avait la plus belle colonie du monde. 80 fois son propre territoire.

Des potentialités inouïes.

Et quelle tragédie depuis.

Il n’y a pas eu de guerre d’indépendance comme en Algérie. Les Congolais nous ont demandé de partir et on est partis.

Mais quelle boucherie depuis.

Pour nous, bien sur, on a beaucoup perdu mais pour eux 1000 X plus.

Trois millions de morts dans les guerres civiles de ces dernières années.

C’est hallucinant.

Alors, je me suis mis à rêver.

Que d’erreurs de part et d’autre.

Et arrêtons de dire que les seuls fautifs sont les colonisateurs.

Les Congolais ont aussi été très cons. Leurs dirigeants vénaux, népotistes, corrompus et sans envergure.

Fautes des deux côtés.

Et vous imaginez si cela s’était bien passé ?

Le bonheur pour tout le monde.

Vraiment dommage, cette affaire là.

Enfin, on peut probablement dire cela pour toute l’AFrique qui file quand même un bien mauvais coton.

ActuSF : Pour conclure je te demanderai ce que représente le mot uchronie, si tu connais des œuvres uchroniques, si certaines t’ont marqué, si tu songes à en écrire d’autres et te demanderait comment faire, quand on a pas la chance d’être Belge pour acheter ton livre !

Stéphane de Lobkowicz : Là, j’ai déjà répondu.

Le livre est bien distribué. Il est en vente dans toutes les librairies et dans toutes les grandes surfaces. L’éditrice est très performante. Elle et son ex, avec qui elle continue à travailler, publient 70 (septante !) livres pas an. Ce n’est pas rien. Et ils ont toujours de bons résultats.

 

 

 A titre personnel, j’ai vraiment adoré de bout en bout ton livre ! 

Et c’est parce que j’avais lu cette ligne avant de répondre par le début que je me suis fendu de cette réponse que j’espère complète. En tous les cas elle a été sincère et rédigée d’un seul trait pratiquement sans relecture.

Amitiés sincères

PS : Histoire de faire le larron uchronique Et si Albert Ier n’était pas mort en 1934, quelles conséquences cela aurait-il eu pour la Belgique ?

Stéphane de Lobkowicz : Pour moi, aucune.

Bertrand Campeis