ITW Stéphanie Nicot
de Stéphanie Nicot
aux éditions
Genre : Anticipation

Auteurs : Stéphanie Nicot
Date de parution : avril 2010 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

Lire tous les articles concernant Stéphanie Nicot

Alors que la neuvième édition des Imaginales approche, Stéphanie Nicot a répondu a quelque-unes de nos questions.

Actusf : Comment s’annoncent ces Imaginales 2010 ?
Stéphanie Nicot : Sous un vent de folie ! Avec l’afflux annoncé d’auteurs, d’éditeurs et de festivaliers, il faut prendre contact dès maintenant avec l’Office de tourisme d’Épinal afin de trouver une chambre d’hôtel, celles du centre ville étant souvent réservées.(1) Bref, le public devrait être encore plus important qu’en 2009, qui était déjà, de l’avis de tous, une très belle année !
 
Actusf : Quels seront les temps forts de cette année ?
Stéphanie Nicot : Nous proposons tellement de cafés littéraires, de tables rondes et de conférences-débat (une soixantaine au total) que j’aurais tendance à dire que les Imaginales, c’est, pour l’amateur d’imaginaire, un temps fort permanent ! Cette année, nous aurons d’ailleurs un second Magic Mirror afin d’accueillir encore mieux notre public. Nous pourrons ainsi, à certains moments, proposer trois rencontres simultanées à nos festivaliers : l’amateur exclusif de science-fiction assistera à une conférence-débat sur l’état de la SF (Robert Charles Wilson devrait faire salle comble !) pendant que le passionné de fantasy suivra un café littéraire consacré aux « mauvais garçons de l’imaginaire » et que le lecteur de roman historique trouvera lui aussi son bonheur (je songe à Anne Golon, l’auteure d’Angélique, qui sera parmi nous cette année !)… Il y aura aussi, samedi 29 mai, le concert folk / fantasy du Donjon de Naheulbeuk (voilà aussi pourquoi il nous fallait aussi un nouveau lieu !). Et puis, il y aura les incontournables du festival : la rencontre au Planétarium (une soirée purement SF), le speed dating éditeurs (saison 2) qui devient un rendez-vous annuel, nos « Histoires à lire quand les enfants sont couchés » (à 22h30, au bar à vin d’Épinal, « Le Bougnat »), et de nombreuses autres initiatives.
 
Actusf : Quelles seront les têtes d’affiches ?
Stéphanie Nicot : Tout d’abord, nos invités étrangers ! Outre Robert Charles Wilson, un maître de la SF anglo-saxonne contemporaine qui fait le bonheur de Gilles Dumay (et le nôtre : c’est de la SF néo-classique, très lisible, subtile cependant, et de très haut niveau), nous accueillerons Juan Miguel Aguilera, dont L’Atalante publiera en avril le dernier roman : Le filet d’Indra  ; nous aurons également un invité apprécié des amateurs de fantasy originale, Greg Keyes, et la nouvelle génération de la fantasy anglo-saxonne avec Joe Abercrombie et Kristin Cashore : ces révélations britannique et américaine viennent en France pour la première fois, et c’est bien sûr aux Imaginales qu’on les découvrira. Sans oublier Jacqueline Carey qui nous parlera de sa superbe trilogie de fantasy historique : Kushiell(2) ; Ayerdhal, Pierre Bordage, Pierre Pelot et une centaine d’autres invités français s’y ajoutent, dont des auteurs hors genres, classés en littérature générale mais lecteurs de Dick par exemple (Je songe à Vincent Message, qui braconne brillamment sur nos terres !).
 
Actusf : Y aura-t-il des nouveautés ?
Stéphanie Nicot : Tu sais bien que les festivaliers, qui sont souvent des fidèles du festival, viennent aux Imaginales pour y retrouver ce qu’ils aiment, et non être bousculés. La magie du festival, c’est aussi le lieu, les jardins du Cours, les gravots de la Moselle, en plein cœur d’Épinal. Les Imaginales, c’est aussi un ton, une proximité rare avec les auteurs, bref une formule qui plaît énormément (on nous le dit assez pour qu’on ose désormais, le revendiquer sereinement !).
Cette année, nous allons cependant accentuer notre ouverture à la BD, avec la présence d’une bonne dizaine d’auteurs (dont Olivier Boiscommun, Éric le Berre, Laurent Cagniat, Gess, John Lang…). Il y aura aussi, pour la première fois, un café littéraire consacré à quatre auteurs de premiers romans qui ont marqué les lecteurs ces derniers mois, qu’il s’agisse de Jean-Philippe Depotte ou de Justice Niogret, par exemple. Même si nous ne pouvons pas répondre positivement à tous les auteurs qui souhaitent venir (c’est la rançon du succès), les Imaginales restent un festival où la nouvelle génération d’écrivains est particulièrement mise en valeur.
Nous allons cependant tenter des expériences nouvelles. Si cela vous donne envie, nous les pérenniserons ; sinon, nous remettrons l’idée dans notre tiroir… Première idée : lancer une invitation aux auteurs débutants, mais ambitieux (à eux de nous dire si cela correspond à une attente en procédant dès maintenant à une pré-inscription(3) !), un vrai atelier d’écriture de fantasy, animé par des professionnels incontournables (Jean-Claude Dunyach, Lionel Davoust, Élisabeth Vonarburg) qui feront travailler les auteurs sur l’élaboration d’un personnage, la construction d’un dialogue, etc. Si cette initiative vous intéresse, nous l’étendrons en 2011 à un atelier dessin !
 
Actusf : L’année dernière, Rois et Capitaines avait été l’anthologie du festival. Y en aura-t-il une cette année ? Quelle sera la thématique ?
Stéphanie Nicot : Après l’anthologie Rois et capitaines, assez bien accueillie par les lecteurs pour nous permettre de poursuivre l’aventure, j’ai à nouveau le plaisir d’élaborer le sommaire de l’anthologie 2010 qui s’appellera Magiciennes et sorciers (la couverture de Julien Delval, qui exposera aux Imaginales, est splendide !). On y retrouvera des auteurs déjà au sommaire de l’édition 2010 comme Pierre Bordage, Lionel Davoust, Jean-Philippe Jaworski ou Maïa Mazaurette, mais aussi de nouvelles signatures comme Charlotte Bousquet, Laurent Gidon, Justine Niogret…
 
Actusf : Il y a de grands débats, notamment sur Actusf, sur le déni de la SF et la définition de la fantasy. Comment se porte, selon toi, anthologiste et directrice du festival, l’imaginaire ?
Stéphanie Nicot : Stéphanie Nicot : Tu sais, les professionnels et les amateurs se sont toujours interrogés sur la place, et même sur l’avenir de la science-fiction. Ce grand écart entre l’audience de la SF au cinéma (de Star Wars à Avatar(4)) et dans la littérature n’est pas nouveau. La SF s’adresse à un public fidèle, dévoreur de livres, mais numériquement assez limité, alors que la SF au cinéma draine des foules aussi larges que les Blockbuster de fantasy. Mais, plutôt que des certitudes, qui ne seraient finalement que les miennes, je préfère proposer une table ronde : « Déclin de la science-fiction, essor de la fantasy… Réalité ou idée reçue ? » Sans oublier les conférences-débat de Serge Lehman et d’Alain Damasio.
 
Actusf : Personnellement, quels sont tes projets ?
Stéphanie Nicot : Ces deux prochains mois, avant tout les Imaginales ! Avec l’ampleur prise par le festival, c’est vraiment devenu très prenant. Si cela continue, avec tous les projets que nous avons, Bernard Visse et moi, nous allons devoir encore renforcer notre équipe… Malgré tout, en février, j’ai assuré pour les Imaginales un stage de deux jours consacré à la fantasy, et j’ai à nouveau attrapé le virus de la formation (j’ai été professeur de Lettres, en lycée professionnel, de 1993 à 2003.(5) Sinon, l’immédiat après festival, ce sera un gros essai (de fantasy) que je prépare pour l’automne (inutile de compter sur moi, en juin et en juillet : je m’isolerai totalement avec ma co-autrice). Et en 2011, pour Philippe Ward, je publierai Dimension Québec (« 30 ans de SFQ, 1980-2010 »), un clin d’œil à mon travail de découverte de la SF francophone des années 80.6 Je suis ravie de collaborer avec une maison comme Rivière Blanche qui publie des anthologies ou des recueils de qualité, visant un public très ciblé, que des structures plus lourdes ne peuvent plus éditer aujourd’hui (je songe, par exemple, aux beaux recueils de nouvelles de Sylvie Lainé).(7) Ces petites structures, qui existent à leur façon à côté des grandes maisons avec qui nous aimons également travailler, il faut les encourager ; et c’est pour cela que nous aurons plusieurs tables rondes autour des métiers de l’édition (en partenariat avec le Centre régional du livre de Lorraine) et sur les nouvelles formes d’édition(8) ; aux Imaginales, nous aimons à la fois les best seller (Bernard Werber, par exemple, dont le dernier roman est vraiment intéressant) et la « small press », et nous ne voyons aucune contradiction, mais complémentarité.
Mais mon projet permanent, bien sûr, c’est avoir de nouvelles idées pour les Imaginales !

Jérôme Vincent

1 : Ne pas oublier non plus les chambres d’hôte, formule économique et sympathique à laquelle on ne pense pas toujours.
2 : En partenariat avec le site des fans français de Jacqueline Carey, Terre d’Ange, nous allons organiser un petit déjeuner avec notre invitée américaine. C’est un « petit plus » convivial, qui s’ajoutera au grand entretien et aux trois autres interventions publiques programmées… Infos précises sur le site Terre d’Ange, partenaire de cette opération : www.terredange.fr
3 : Informations : info@imaginales.com / Téléphone : 03 29 29 15 07
4 : Vous voulez savoir pourquoi vous avez tort si vous ne courrez pas voir Avatar ? Lisez la remarquable critique de Lionel Davoust, à laquelle je souscris totalement : http://lioneldavoust.com/2010/01/av...
5 : En SF, en fantastique, en fantasy, dès septembre, je suis à nouveau prête à intervenir auprès des prescripteurs.
6 : Évidemment, ça sortira pour les Imaginales 2011 !
7 : Aux éditions des Trois Souhaits, mais, ça, vous le savez tous…
8 : Ne ratez pas la table ronde sur les droits électroniques, avec Ayerdhal, Pierre Bordage, Emmanuel Pierrat (avocat de renom, spécialiste de l’édition) et l’éditeur courageux qui acceptera de s’y coller…