aux éditions
Auteurs :
Thibaud Eliroff
Date de parution : septembre 2012
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
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Thibaud Eliroff dirige la collection Nouveaux Millénaires et la collection poche de J’ai lu.
Thibaud Eliroff : Ce n’est pas la joie en librairie, c’est vrai. Mais c’est vrai aussi que c’est ce qu’on entend en permanence depuis plus de 10 ans. Dans le livre, la crise est une réalité beaucoup plus ancienne que celle que traverse actuellement notre économie, une réalité à laquelle nous sommes habitués. L’impact qu’elle produit sur notre (nos) politique(s) n’est pas ponctuel. Ce que je veux dire par là, c’est que nous ne changeons pas notre politique de publication du jour au lendemain parce que tel ou tel indicateur nous prédit des mois difficiles.
Après, il ne faut pas se voiler la face, la marge de manœuvre des éditeurs est de plus en plus mince. Je le ressens surtout dans le poche où les mises en place n’en finissent plus de baisser, au point d’atteindre un seuil critique en deçà duquel on se pose vraiment la question de savoir si cela vaut le coup ou non de sortir un livre. Nouveaux Millénaires, paradoxalement, est assez préservée : elle compte maintenant quelques classiques du genre (et d’autres sont en préparation), or on sait qu’en cas de turbulences, le patrimonial est une valeur refuge assez sûre. En ce qui concerne les véritables nouveautés, après des débuts timides, l’accueil en librairie est maintenant plutôt favorable, donc je touche du bois...
Thibaud Eliroff : Ce roman, comme plusieurs autres que nous avons identifié dans le fonds J’ai lu, fait partie des classiques du genre. Malheureusement pour lui, il a été traduit à une époque où la traduction des ouvrages de science-fiction était assez aléatoire. Ça va du très bon à l’exécrable, en passant par toutes les nuances intermédiaires possibles.
Tu me diras que, après tout, le livre se livre se vend très bien comme ça depuis 25 ans et ça n’a pas dérangé grand-monde. Dès lors, pourquoi changer la traduction ? Tout simplement parce que je considère que si on peut améliorer quelque chose, on a le devoir de le faire, et je suis très content qu’on puisse proposer au public un si bon roman dans une traduction qui lui fait honneur. Lorsque le film arrivera en fin d’année prochaine et mettra un gros coup de projecteur sur l’œuvre, nous disposerons d’une version poche impeccable (qui devrait sortir en même temps que le film), qui fera référence pour la suite.
Et peut-être que, dans 25 ans, un autre directeur de collection jugera cette traduction obsolète et en fera faire une nouvelle, et ce sera tant mieux pour le livre...
Actusf : Orson Scott Card semble un peu en retrait ces dernières années. Quelle place a-t-il dans la science fiction et la fantasy en tant qu’auteur ?
Je signale au passage que la Saga des ombres (le cycle parallèle à celui d’Ender, avec Bean comme personnage principal) se poursuit en poche chez J’ai lu avec la parution du tome 4 en janvier prochain. Cela faisait un petit moment que les lecteurs l’attendaient...
Par ailleurs, les ventes sont jusqu’à présent très satisfaisantes, car supérieures à nos prévisions. C’est particulièrement vrai pour Le Maître du Haut Château, qui est en train de réaliser le double de ce que nous avions espéré. C’est moins spectaculaire pour le premier omnibus, mais c’est normal : il est plus cher et appelé à se vendre sur le long terme. Le très faible taux de retours qu’il enregistre montre bien que les libraires le gardent en rayon, telle une valeur sûre. Et c’est exactement ce pourquoi nous l’avons fait.
Thibaud Eliroff : Eh bien, même réponse que pour Ender :)
Actusf : Blade Runner est un classique qui a été réédité et réimprimé à de nombreuses reprises. Quel est le bon timing pour ressortir un livre comme celui-ci ? Est-ce qu’à chaque fois on peut espérer qu’il trouve un nouveau public ? Y a-t-il un "éternel" renouvellement ?
Thibaud Eliroff : Le bon timing, c’est de profiter ou de créer les circonstances favorables à une nouvelle commercialisation. D’une certaine manière nous faisons les deux : nous profitons du trentième anniversaire de la mort de Philip K. Dick pour mettre en place un vaste programme de réédition, et nous créons une dynamique autour de l’auteur pour mobiliser les relais d’opinions que sont les journalistes et les libraires.Trouvera-t-il un nouveau public ? Bien sûr. Il s’écoulait 6000 exemplaires par an de ce titre dans sa précédente édition poche. Ce sont là autant de personnes qui chaque année découvraient l’œuvre. Il n’y a pas de raisons pour que, du jour au lendemain, cela s’arrête. Au contraire, nous faisons tout notre possible (grâce à la nouvelle couverture, à la traduction inédite, à la mise en lumière médiatique autour de Dick) pour élargir le lectorat.
Thibaud Eliroff : Alors non, petit changement, cette troisième intégrale est repoussée en janvier 2013. Ceci parce que nous avons choisi d’inclure un roman supplémentaire à ce qui était prévu à l’origine, pour des raisons de logique. Le sommaire est à présent le suivant :
Je précise enfin que toutes les traductions de la saga, y compris donc ce volume, sont revues, harmonisées et complétées par deux spécialistes du cycle : Sandy Julien et Alfred Ramani, dont les interventions garantissent une grande homogénéité entre les différents romans.
Thibaud Eliroff : Le gros temps fort de ce début d’année 2013, c’est la publication en janvier du premier tome de la tétralogie Le Demi-Monde, de l’Anglais Rod Rees, qui devrait faire pas mal de bruit. L’univers de ces romans est pour le moins original, puisqu’il s’agit d’une ville virtuelle créée par l’armée pour entraîner ses soldats à la guérilla urbaine. L’armée s’est assurée qu’un chaos perpétuel règne à l’intérieur de la simulation en la surpeuplant, en la divisant en quartiers à forte majorité ethnique, et en plaçant à la tête de chaque quartier l’avatar d’un des plus grands psychopathes de l’Histoire (Robespierre, Beria, Heydrich...). Seul garde fou pour éviter que tout ne pète trop vite, le niveau technologique à l’intérieur de la stimulation est limité à celui du XIXe siècle (vous avez dit steampunk... ?). Pourtant, une fois la simulation lancée, il aura suffit de quatre minutes, pas une de plus, pour que l’armée perde le contrôle de la simulation...
(Le programme exact de Nouveaux Millénaires, quoique susceptible de modification, est visible sur la page Wikipédia de la collection, que j’essaye de remettre à jour chaque fois qu’il y a un changement.)


