Interview 2015 : Cyril Carau pour Les Runes de feu
de Cyril Carau
aux éditions

Sous-genres :
  • Thriller

Auteurs : Cyril Carau
Date de parution : juin 2015 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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ActuSF :  Les Runes de feu sortent en mai aux éditions du Riez. Où va nous entraîner ce roman qui prend pour cadre l’Amérique des années 1930 ?

Cyril Carau : Le roman prend place à New York principalement. Une métropole avec une faune urbaine riche et complexe, les personnages sont issus des classes supérieures, mais aussi des bas-fonds, avec l’ombre de la mafia italo-américaine qui plane sur tout ça. New York, comme une ville-dédale qui rend le travail des enquêteurs pour appréhender « l’Inquisiteur » d’autant plus difficile. J’ai essayé de restituer fidèlement le siège du FBI new-yorkais, les équipes dans leur travail, l’ambiance, la tension qui règne aussi. Il y a aussi pas mal de clins d’œil à la culture pop (comic-book, pulp, serial, roman noir).

 ActuSF : Avec Les Runes de feu, vouliez-vous inscrire votre Inquisiteur de la Nouvelle-Angleterre dans la lignée des grands tueurs en série comme le Hannibal Lecter du Silence des agneaux de Thomas Harris, l’Aliéniste de Caleb Carr... ?

Cyril Carau : Mon « Inquisiteur » est ce genre de tueurs abominables. Les Runes de feu ont par ailleurs plusieurs points communs avec les œuvres citées : l’atrocité des meurtres mis en scène, la narration qui se focalise sur le travail des enquêteurs, le recours à des personnages historiques (ou ayant réellement existé) et le fait que parmi les personnages principaux on a des scientifiques qui viennent enquêter avec les forces de l’ordre ou se greffer à l’affaire.

 ActuSF : Deux agents du FBI, Jack Byrne et Scott Summers, vont mener l’enquête avec l’archéologue Coraline Starlin. Qui sont-ils ?

Cyril Carau : Jack est un jeune agent et un jeune marié. Sympathique, un peu gouailleur aussi, un homme d’action quand c’est nécessaire. Il est très lié à son coéquipier Scott qui est plus âgé. Ce dernier fait un peu office de mentor. Scott est néanmoins un homme blessé, d’abord à cause d’un divorce très douloureux, mais aussi par rapport à la Grande Guerre. Coraline a trente ans, c’est une archéologue et linguiste brillante qui, avec son oncle, le professeur Adams, apporte son aide dans la traduction des runes gravées sur les corps des victimes. Coraline est d’un naturel aventureux, intrépide et curieux. Très belle, elle ne laisse pas les hommes indifférents.

 ActuSF : 1938, une archéologue, des traces fantastiques ou d’ésotérisme... Les Runes de feu auraient-elles des influences d’Indiana Jones ou du Mythe de Cthulhu ? 

Cyril Carau : Inconsciemment, oui, très certainement. Ado, j’avais adoré les aventuriers de l’Arche perdue et ses suites. Quant à Lovecraft, tout comme Clark Ashton Smith, c’est un auteur que j’aime lire et relire. Les Grands Anciens, ces entités extraterrestres monstrueuses et quasi-divines, à la fois mortes et vivantes, sont absolument fascinantes et ont dû titiller mon imaginaire. Mais ma principale influence pour Les Runes de feu, c’est la mythologie scandinave.

 ActuSF : Comment avez-vous fait revivre les États-Unis des années 1930 ? Quel travail de recherches historiques avez-vous réalisées ?

Cyril Carau : J’ai lu ou relu des ouvrages sur New York comme New York : Chronique d’une ville sauvage de Jérôme Charyn, les livres de Stéphane Bourgoin sur les tueurs en série, FBI : l’histoire du Bureau par ses agents de Calvi et Carr-Brown, La guerre des mondes a-t-elle eu lieu ? de Pierre Lagrange, des dictionnaires d’argot ancien et puis sur le Web, on peut quasiment tout trouver, dès qu’on a besoin d’une information précise. Par exemple, où se trouvait l’OCME (l’institut médico-légal de N-Y en 1938) ? Les premières découvertes archéologiques à L’Anse aux Meadows ? La météo en septembre et octobre 38 ? Des infos sur le New York Times, Ellis Island, l’immigration à cette époque, le New deal, La guerre des Castellammarese ou la fameuse expo des surréalistes au MOMA en 36, etc.

Je me suis donc appuyé sur un maximum d’informations et documents historiques pour créer un New York le plus crédible et vrai possible. J’ai essayé de restituer le quotidien de cette époque avec les références d’alors : les clubs et les chansons de Billie Holliday, les émissions radiophoniques, notamment celle d’Orson Welles, les véhicules comme la Ford Deluxe ou la Chevrolet 1936, certains tics de langage, les drugstores où l’on pouvait téléphoner, les guéguerres entre services.

 ActuSF : Vous avez déjà écrit des polars comme L’Ange de Marseille. Les Runes de feu est votre premier thriller. Comment avez-vous abordé ce nouveau genre ?

Cyril Carau : De la même manière que mes autres textes. Je rédige d’abord un plan détaillé, ainsi qu’une petite biographie de la plupart des personnages, je fais beaucoup de recherche pour coller au plus près de la vérité historique, et j’essaie de m’immerger au maximum dans l’ambiance. Ainsi, pour les Runes, j’ai replongé dans les livres, films de cette époque ou des séries se situant dans les années 30, par exemple la dernière saison de Boardwalk Empire. Mais j’ai également procédé un peu différemment de mes autres ouvrages en appliquant le système du « page-turning ». En gros, chaque chapitre se termine sur un cliffhanger afin de maintenir une tension, une pression constante sur les événements… et le lecteur. Enfin, comme j’apprécie les films d’horreur, j’ai distillé, dans certaines scènes, quelques gouttes d’effroi.

 ActuSF : Avez-vous des projets d’écriture ?

Cyril Carau : je suis en train de terminer un polar nerveux qui se déroule dans le monde politique et des affaires, il s’intitule L’homme du Sud. Ensuite, je commencerai la rédaction d’un livre d’épouvante, la trame et le plan complet étant écrits.

 ActuSF : Où pourra-t-on vous trouver en dédicaces ?

Cyril Carau : A Marseille et ses environs à des dates encore incertaines, j’attends confirmation.

 ActuSF : Le mot de la fin : quel est votre thriller ou polar coup de cœur du moment.

Cyril Carau : en contemporain, le dernier thriller que j’ai bien aimé, c’est Funérarium de Brigitte Aubert. Sinon, je replonge régulièrement dans les romans d’Émile Gaboriau et notamment sa série Monsieur Lecoq. Parmi les auteurs de polars du XIXe siècle, celui-ci est vraiment exceptionnel. Ce serait bien que la nouvelle génération le découvre ; il faut savoir qu’Arthur Conan Doyle l’a abondamment pillé pour créer Sherlock Holmes.

 

Jean-Laurent Del Socorro