Interview 2015 : Georges Foveau pour le festival de L’imaginaire du Pays d’Aix
de Georges Foveau
aux éditions
Genre : Fantasy
Sous-genres :
  • Steampunk

Auteurs : Georges Foveau
Date de parution : octobre 2015 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Chargé de mission Lecture Publique à la CPA (Communauté du Pays d’Aix), Georges Foveau coordonne l’ensemble de la manifestation, créée en 2009 avec la ville de Lambesc, initiatrice du projet et berceau du Salon des Littératures de l’Imaginaire. Avec un objectif très clair : développer la lecture plaisir chez le jeunes et les moins jeunes au travers des richesses des Littératures de l’Imaginaire françaises.

ActuSF : Le festival de l’imaginaire du pays d’Aix, « Autres mondes », se tiendra du 10 au 18 octobre 2015. Quelle sera la thématique particulière de cette édition ? 
 
Georges Foveau : Avec la ville de Lambesc, nous avons choisi cette année de mettre en avant le « Steampunk ». En effet, par delà le berceau très littéraire de ce genre, sa dynamique esthétique dans les autres disciplines (costumes, illustrations, musiques, artisanat...) permettait de créer une synergie plus grande autour de l’événement... Plusieurs associations locales dédiées à d’autres sujets, ainsi que l’école de musique, se sont ralliées à cette dynamique.
 
En plus, cette année, le thème choisi nous a permis de commander à Cécile Duquenne le roman inédit qui sera lu par les classes de primaires en amont du salon... « Penny Cambriole et l’horloge à voler le temps » a même trouver éditeur !
Cette première création littéraire du Festival de l’Imaginaire du Pays d’Aix a bien sûr été menée en étroite collaboration avec Lambesc et en particulier avec Caroline Guichard, responsable de la médiathèque.
 
 
 ActuSF : Le festival va rayonner sur plusieurs villes. Quelles seront-elles ?
 
Georges Foveau : Lambesc reste la ville phare et centre du festival avec 10 classes de primaires qui vont rencontrer Cécile Duquenne autour de son roman, 4 classes de collège qui rencontreront Hervé Jubert, entre autres...
 
Et, bien sûr, avec le salon en point d’orgue.
 
Rognes, La Roque-d’Anthéron et les Pennes-Mirabeau participent aussi en amont du salon.
 
Chaque commune mène un travail vers les scolaires et propose des animations, dans la semaine précédant le salon.
 
Actusf : Les médiathèques ont une place importante dans le festival, avec notamment une programmation dédiée au public scolaire. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
 
Georges Foveau : Dès le départ, le salon de Lambesc a été conçu comme point final d’une semaine d’animations pour offrir le plaisir de lire aux scolaires. La mission Lecture Publique du Pays d’Aix finance les rencontres d’auteurs dans les classes et dans les médiathèques, ainsi que sur le salon.
 
Celles-ci sont effectivement organisées par les bibliothécaires qui sont les partenaires de proximité essentiels sur le terrain.
 
Sur le Pays d’Aix, sur ces quatre communes mais aussi sur d’autres, nous avons la chance d’avoir autour de nous des bibliothécaires très sensibles aux Littératures de l’Imaginaire. Par goût personnel souvent. Mais aussi parce qu’elles sont très conscientes du rôle important que ces romans jouent dans l’envie de lire pour le plaisir chez les ados et jeunes adultes, sans négliger... des publics plus mûrs qui les apprécient de plus en plus. Aujourd’hui, les Littératures de l’Imaginaire sont un atout de plus pour donner envie de lire à de plus en plus de personnes.
 
 
 
ActuSF : Le festival s’attache à toutes les facettes de l’imaginaire. Côté littérature, quels sont auteurs et les illustrateurs invités cette année ?
 
Georges Foveau : Par choix, nous invitons toujours peu d’auteurs. Mais nous invitons des auteurs que nous avons vraiment envie de mettre en valeur, en essayant de présenter les différentes facettes de l’Imaginaire.
 
Cette année est un peu spéciale. Nous thématisons sur le « Steampunk ». Donc nous recevons des voix du genre : Hervé Jubert qui sera dans les collèges de Lambesc et de Rognes ; Cécile Duquenne qui sera avec les classes de primaires ; Nicolas le Breton pour son excellent roman « Les âmes envolées  » un talentueux pavé aux Moutons Electriques qui nous a bien aéré l’imaginaire en début d’année ; deux sympathiques scrutateurs du genre aux binocles affutés et érudits avec Etienne Barillier et Raphaël Colson. SoFee L. Grey sera là, avec son nouveau roman qui est très Steampunk. C’est une jeune auteur de la région que nous soutenons depuis sa première publication et qui est éditée par les Netscripteurs, maison implantée sur le territoire de la CPA.
 
Gilles Francescano a réalisé l’affiche du festival et Cédric Kernel viendra pour ses BD.
 
Hors thème, nous avons choisi d’inviter Jean-Laurent del Socorro pour son pari risqué de « Royaume de vents et de colère » qui est particulièrement réussi et qui se déroule à Marseille.
 
Sinon, il y a le flyer... 
 
 
ActuSF : Les animations seront également nombreuses avec des défilés de costumes Steampunk, des stands d’artisans mais aussi des tea party, des duels d’ombrelles et même un tournoi de Quidditch. Vous pouvez nous en dire un mot ?
 
Georges Foveau : Les animations sont organisées par l’association marseillaise « La Nef des Premiers Ohms ». Nous voulions mettre en avant à quel point le « Steampunk » est un mouvement esthétique, créatif, ludique et ouvert, qui ne perd jamais son humour.
 
Certaines associations de Lambesc « hors mouvement » ont même joué le jeu à fond en créant tout exprès pour l’événement grâce à la richesse de ce thème.
 
 
ActuSF : Le ludique a une belle place dans le Festival de l’Imaginaire du pays d’Aix avec une murder-party, des parties de jeu de rôle... Le jeu est de plus en plus présent dans les festivals SF et Fantasy. Est-ce que les joueurs n’étaient un peu les "oubliés" de ces manifestations et qu’ils retrouvent peu à peu leur place ? 
 
Georges Foveau : J’ai toujours pensé que la littérature est une source qui irrigue une multitude d’autres créativités, comme le cinéma par exemple. Les jeux de rôles ont leur place dans un Festival de l’imaginaire car ils sont souvent nés d’œuvres romanesques de l’Imaginaire.
 
Ils ont eu leur place dès la première année dans le Festival de l’Imaginaire du Pays d’Aix. Cette année « Défis fantastiques » avec Scriptarium et « Venzia » avec le Manoir du Crime seront en vedette.
 
Sans oublier la « Murder party », le vendredi soir aux Pennes-Mirabeau avec la compagnie Aurore de Nausicaa.
 
 
ActuSF : Dans l’actualité, on parle de la réforme des retraites des auteurs, de celle sur les attributions des aides au Centre National du Livre, et plus récemment, de la tribune de la Charte des auteurs et illustrateurs qui évoque les faibles pourcentages et rémunérations des écrivains. Les auteurs et illustrateurs sont inquiets sur leurs conditions de travail. Est-ce que des festivals comme celui de l’imaginaire du pays d’Aix ne sont pas aujourd’hui indispensables pour que les auteurs puissent continuer à vivre de leur plume ?
 
Georges Foveau : Je crois que j’ai déjà longuement répondu par ailleurs à cette question, juste avant l’été.
 
Pour faire court, donc...
 
Il serait temps que tous les professionnels du livre qui vivent du livre se rendent compte que : sans auteurs, il n’y a pas de livre !
 
Tout le reste n’est que... littérature ?
 
Ce festival est important parce que les auteurs français de Littératures de l’Imaginaire existent et que nous avons envie de les mettre en valeur aux travers de leurs livres. Nous avons toujours martelé que sans ces auteurs, il n’y aurait pas de Festival. Parce qu’en fin de compte, ce sont les auteurs qui mettent en valeur les festivals.
 
Pour avoir été auteur, je pense aussi que nous en sommes là parce que certains auteurs français ont trop souvent accepté l’inacceptable. Être édité à tout prix, mais sans que cela ait un prix... Intervenir et travailler gratuitement ou au rabais... Etre « valorisés » sans que cela n’ait de valeur, alors que la seule vraie valeur d’une littérature, ce sont ses auteurs.
 
A force de ne pas vouloir parler d’argent pour faire « artiste », on finit par ne plus en recevoir pour rien.
 
Sur le Festival de l’Imaginaire du Pays d’Aix et dans le cadre légal qui nous est imparti, nous avons toujours appliqué les mesures financières décentes prônées par les associations professionnelles. Tout ce qui (re)valorisera financièrement le statut de l’auteur sera forcément bénéfique. Il serait temps, encore une fois, que les grands esprits et les grands argentiers de la Culture l’admettent et le mettent en pratique... A commencer par tous ceux qui vivent du commerce du livre.
 
 
ActuSF : Le mot de la fin : quel est votre livre coup de cœur de la rentrée ?
 
Georges Foveau : Triple coup de cœur !
 
« Penny Cambriole et l’horloge à voler le temps » forcément, pour les lecteurs de 10 à 110 ans.
 
Pour les déjà trop grands, je persiste sur « Royaume de vents et de colère » dont j’ai déjà dit le plus grand par ailleurs.
 
J’ajouterai « Les âmes envolées » de Nicolas Le Breton. Faire du steapunk à la française avec un univers francophone et le réussir sans s’essouffler ni déboussoler le lecteur... Chapeau ! 
 
 
 

Jean-Laurent Del Socorro