Interview 2016 : Gilles Vidal pour Le Sang des morts
de Gilles Vidal
aux éditions
Genre : Interview
Sous-genres :
  • Thriller

Auteurs : Gilles Vidal
Date de parution : juin 2016 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

Lire tous les articles concernant Gilles Vidal

Gilles Vidal nous parle de son roman thriller intitulé Le Sang des morts et paru dans la collection Hélios noir des Indés de l’imaginaire.

ActuSF : Bonjour Gilles, première question, comment est née l’idée de ce livre ?

Gilles Vidal : Je ne fonctionne pas avec une idée de départ, je ne trace pas de scénario, de synopsis méticuleux, avec la description d’un certain nombre de personnages, un squelette d’intrigue bien carré, etc. En suis-je capable déjà ? Je ne crois pas, et ça ne m’intéresse surtout pas vraiment. Je pars plutôt d’une situation, avec un personnage fort, une action forte et je me lance, comme si c’était par exemple un format de nouvelle. Ensuite, par une bizarre alchimie, les autres personnages apparaissent, se rencontrent, se télescopent, les décors se plantent, l’intrigue se déroule…
 
 
ActuSF : Vernais est une petite cité balnéaire très tranquille. Loin des grosses mégapoles que l’on trouve dans certains polars comme New York ou Bangkok, tu avais envie d’un lieu à l’apparence paisible parce que ça rend la mort encore plus choquante ?

Gilles Vidal : C’est surtout que depuis pas mal de romans, j’ai choisi comme cadre à mes histoires des villes inventées – se trouvant en France. Tantôt elles se situent dans le nord, à l’est, à l’ouest, dans le centre ou bien encore dans le sud du pays, au bord de la Méditerranée, comme pour Le Sang des morts. Cela me laisse toute latitude pour créer moi-même les dispositions de la ville, les quartiers, les cités, les rues, les magasins, etc. J’adore ça ! Bien sûr, ces villes ne me sont pas inconnues dans le sens où elles sont pour moi une sorte de mix de celles que j’ai pu visiter ou dans lesquelles j’ai séjourné.
Vernais, effectivement, semble tranquille, comme la plupart d’ailleurs de ces petites villes balnéaires (sauf en période estivale où leur population s’accroît considérablement), mais il suffit d’aller regarder de plus près les pages faits divers des petits journaux de province pour s’apercevoir qu’elles ne sont pas si quiètes que ça et qu’il s’y passe de sombres affaires, des crimes crapuleux que l’on ne retrouve pas mentionnés toujours dans les colonnes des journaux nationaux ou au JT de 20 h – il n’y aurait de toute façon pas assez de place…

ActuSF : Tu as plusieurs intrigues qui s’entremêlent, comment as-tu travaillé ? Tu as fait des plans de ton histoire ?

Gilles Vidal : Comme déjà indiqué dans la réponse à ta première question, le (les) intrigue(s) se tissent au fur et à mesure de l’écriture, c’est un peu comme si je découvrais moi-même l’histoire, qui se nourrit également de tout ce que je peux noter au cours de la rédaction et qui l’enrichit de facto. Mais c’est sûr que pour ce livre, il y en a un paquet qui s’enchevêtrent ! Mais comme il faut bien retomber sur ses pieds à un moment donné, eh bien… j’arrive à retomber sur mes pieds, après néanmoins de graves sueurs froides. Je ne peux pas t’expliquer comment je m’y prends, c’est comme ça, un genre de mystère…
 
 
ActuSF : Tes personnages sont très forts, en tout cas, on les suit avec un grand plaisir. C’est l’une des qualités de ton roman. Quel rapport entretiens-tu avec eux en tant qu’auteur ? Comment les fabriques-tu ?

Gilles Vidal : Je fais vraiment corps avec mes personnages, je vis avec eux tout le temps de l’écriture du roman (elle peut durer sept, huit mois à un an, ou plus), qu’ils soient importants ou mineurs. Ils m’intéressent tous, même le gars ou la fille qui n’apparaît que subrepticement dans l’histoire : car ils ont chacun une vie, des misères, de petits bonheurs, ce ne sont pas des bouche-trous et j’essaie, même sur un ou deux paragraphes, de leur donner chair. Ils sont bien souvent les émanations de gens que j’ai croisés dans ma vie ou que j’ai observés de près ou de loin. Pour les personnages principaux, il faut qu’ils arrivent à être réels avec la complexité inhérente à tous les êtres humains.

ActuSF : Peu à peu le suspens monte et on quitte la tranquillité de la petite ville pour une ambiance beaucoup plus tendue. Comment parviens-tu à faire monter cette pression pour le lecteur ? (je te demande un peu tes trucs de cuisine là... :)).

Gilles Vidal : Ah ! les trucs de cuisine… Il n’y en a pas ! Disons que pour ce livre, l’intention était qu’il y ait autant que possible des rebondissements constants et, pour ce faire, d’appliquer le principe des chapitres alternés mettant en scène les divers personnages en créant à la fin de ces chapitres une attente – rien que du bien classique, ma foi.

ActuSF : Un petit mot sur ton rapport à tes livres. C’est la deuxième vie du Sang des morts. C’est important pour toi que tes romans soient disponibles en librairie ?

Gilles Vidal : Je suis ravi qu’il retrouve une deuxième vie, surtout au format de poche avec un prix public attractif ! Surtout que sa première vie a été plutôt brève, vu que l’éditeur était en train de prendre le même chemin que celui du Titanic quand il est sorti… Disons que vu sa courte présence en librairie, c’est presque un inédit !

ActuSF : Parlons corporate. Chez Hélios noir tu connaissais Laurent Fétis et Thierry Marignac. Tu peux nous dire un mot sur eux ?

Gilles Vidal : Je connais Thierry Marignac depuis 25 ans ! C’était à l’époque des éditions du Dernier Terrain Vague (DTV). Ensuite, j’ai eu la chance qu’il m’amène et traduise pour les Éditions L’Incertain que je dirigeais avec Grégoire Forbin, de beaux et forts romans comme New York Rage de Bruce Benderson et After Delores de Sara Shulman. Il est autant excellent auteur que traducteur. J’ai rencontré Laurent Fétis en 2008. J’avais déjà lu de lui un Série noire, Le mal du double-bang, que j’avais beaucoup aimé, et j’ai eu la chance de lui publier Le Cœur inachevé – Brouillard global, dans la défunte collection Atelier du futur dont je m’occupais à l’époque. Mais je connais aussi Francis Mizio, auteur que j’apprécie beaucoup (et notamment La Santé par les plantes, déjà paru à la Série noire). Je l’avais invité à participer avec moi à un collectif de nouvelles noires érotiques intitulé Noir comme Éros en 2000 ; je me souviens d’une soirée sympa et arrosée dans un bar de Vincennes, tous les auteurs réunis, près de la librairie Millepages où nous avions lancé l’ouvrage.
 
ActuSF : Quels sont tes projets actuellement ? Sur quoi travailles-tu ?

Gilles Vidal : Déjà, j’ai un roman noir achevé en attente de publication, et une nouvelle noire à paraître cet automne dans un collectif aux éditions du Jasmin. Autrement, je suis sur un nouveau roman depuis quelques mois qui suit son petit bonhomme de chemin sans pour autant être de tout repos. Comment tout cela va bien finir ?


 

Jérôme Vincent