Interview 2016 : Mike Resnick pour L’infernale Comédie
de Mike Resnick
aux éditions
Genre : Interview
Sous-genres :
  • SF

Auteurs : Mike Resnick
Date de parution : avril 2016 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Une interview de Mike Resnick à l’occasion de la parution de l’intégrale de L’infernale comédie aux éditions ActuSF

ActuSF : Comment vous est venue l’idée de ces trois romans ? 
 
Mike Resnick : J’ai toujours voulu écrire l’histoire du Kenya, mais il y a tant d’auteurs qui l’ont déjà fait que j’ai décidé de faire un livre entre l’allégorie et l’histoire... Un jour, je pense que c’était en 1987, notre guide privé (un ami, je lui ai dédicacé Ivoire) m’a obtenu un entretien avec un ancien colon, un homme qui était sur place depuis les années 20. Avec notre guide, il nous a expliqué quel paradis était le Kenya quand il est arrivé et comment tout s’était dégradé depuis. J’ai aussi discuté avec de jeunes Kikuyu, qui m’ont assuré que le Kenya n’était pas un paradis actuellement mais qu’il le deviendrait bientôt. J’ai continué à réfléchir à propos de tout cela, à la manière dont chaque kenyan pensait que leur pays avait été un paradis ou le deviendrait un jour, tout en s’accordant tous à dire qu’il n’en était pas un à l’heure actuel. Je me suis alors dit que ces deux visions pourraient être parfaites pour un livre. 
 
J’ai donc décidé d’appeler ce livre Paradis, et j’ai tout de suite commencé à penser à deux autres romans qui auraient pour titres Purgatoire et Enfer. 
 
Enfer était facile. Après tout, quel pays, que Wiston Churchill appelait "La perle de l’Afrique", a accepté non pas un (Idi Amin), non pas deux (Dr. Obote) mais trois (le Général Okello) maniaques génocidaires. 
 
Pour Purgatoire, vous n’avez qu’à regarder la situation. C’est un pays qui fonctionnait mieux que le Kenya quand j’y étais, avec des puits dans chaque village, des routes pavées, de l’électricité jours et nuit (une rareté dans l’Afrique Sub-Saharienne), des villes modernes... Et pourtant vous avez pu voir ce qui s’est passé lorsque le président Mugabe a commencé à jeter tous les technocrates blancs hors du pays et à donner leurs biens et les machines à une bande de voyous analphabètes.
 
J’aurai aimé faire un quatrième roman dans cette série, autour de l’Afrique du Sud, mais je sentais que je n’en savais pas assez sur ce pays pour lui imaginer un futur proche... 
 
 
Qu’est-ce qui vous intéresse dans l’Afrique ? 
 
Mike Resnick : Je pense que tout le monde sera d’accord pour dire que si jamais nous atteignons les étoiles, nous allons les coloniser. Et si nous en colonisons assez, nous allons par la suite entrer en contact avec de la vie intelligente. L’Afrique propose 51 exemples distincts de colonisation, avec des effets délétères à la fois pour les colonisateurs et les colonisés .
 
Vous avez écrit sur le Kenya, l’Ouganda et le Zimbabwe. Pourquoi ces trois pays ? Et comment avez-vous travaillé (vous avez dû avoir besoin d’une grosse documentation non) ?
 
Mike Resnick : J’ai été dans les trois (et dans une demi-douzaine d’autres pays africains) et je me suis dit que chacun d’eux feraient de bons exemples pour des fictions, avec leur passé et les prédictions intelligentes sur leur futur. J’ai ma propre bibliothèque (énorme) sur l’Afrique et j’ai des amis dans ces trois pays. Entre eux et les livres, j’ai toujours pu avoir les infos dont j’avais besoin. 
 
Vous avez beaucoup écrit sur l’Afrique (et on pense à Kirinyaga bien sûr). En avez-vous fini avec ce continent ? 
 
Mike Resnick : J’ai déjà écrit beaucoup sur l’Afrique. J’ai encore un roman de plus à faire. J’ai vendu plus d’une demi-douzaine de livres et vingt nouvelles, novelletes et novellas sur ce continent, ce qui est beaucoup pour un genre qui regarde vers le futur. 
 
Votre bibliographie est impressionnante. Comment travaillez-vous ? 
 
Mike Resnick : J’ai découvert il y a un demi-siècle que personne ne venait frapper à ma porte ou me téléphoner entre 22h et 6h du matin. C’est devenu ma journée de travail depuis une cinquantaine d’année. Beaucoup d’écrivains n’aiment pas écrire mais avoir écrit. Moi j’aime écrire, donc je ne prends aucun jours de congés, même à Noël ou au Nouvel An. 
 
Une grande partie de votre œuvre relève de la science fiction. Pourquoi ?
 
Mike Resnick : J’ai grandit en aimant la science fiction et je crois aujourd’hui encore que c’est la seule branche de la littérature qui connait l’existence du changement. 
 
Un petit mot sur les prix littéraires. Vous en avez eu beaucoup. Quels importances ont-ils eu pour vous ? 
 
Mike Resnick : C’est vraiment gratifiant de remporter des prix, d’avoir des lecteurs qui approuvent ce que j’écris et qui votent pour dire que j’ai bien fait. Et bien entendu, ils m’ont aidé à m’ouvrir d’autres marchés pour mes romans, et puis ça permet aux éditeurs, qu’ils soient américains ou partout dans le reste du monde, de savoir qu’ils ne sont pas les seuls à savoir que j’écris de bonnes histoires ; 
 
Quels sont vos projets ? Sur quoi travaillez-vous ? 
 
Mike Resnick : Nous sommes le 15 février et j’ai écrit et vendus déjà huits nouvelles depuis le premier décembre, dont une en collaboration avec mon vieil ami Jean-Claude Dunyach. Mes romans les plus récents, qui sont sortis en aout et en décembre l’année dernière, s’appelle INCI (en collaboration avec Tina Gower) et THE PRISON IN ANTARES. Actuellement, je suis en train d’écrire THE CASTLE IN CASSIOPEIA pour les éditions Pyrs Books avec Lezli Robyn. C’est un roman du "Stellar Guild Books". Et avec Jack McDevitt, nous parlons de collaborer pour un autre roman dans la deuxième partie de l’année. Enfin j’ai une histoire encore à écrire pour que le 5ème livre du cycle Lucifer Jones soit complet. J’ai aussi sept récits sous options avec Hollywood. Ca peut se faire à tout moment. 
 

Jérôme Vincent