Interview 2016 : Nadia Coste pour les aides à l’écriture
de Nadia Coste
aux éditions
Genre : Fantasy
Sous-genres :
  • Ecriture

Auteurs : Nadia Coste
Date de parution : février 2016 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Nadia Coste est une écrivaine française de littérature fantasy et de littérature jeunesse. Elle est auteur de nombreux romans, entre autres, de l’Ascenseur pour le Futur aux éditions Syros (prix jeunesse de Lire en Poche, sélectionné aux Prix des Incorruptibles 2015-2016 dans la catégorie CM2-6ème), de Le Premier aux éditions Scrinéo et de L’Empire des Auras, aux éditions du Seuil jeunesse, qui paraîtra en avril prochain.En 2014, Nadia Coste a bénéficié de la bourse de création du CNL. À ce propos, elle a accepté de se prêter au jeu des questions-réponses pour CoCyclics. Merci à elle !

Pour illustrer l’article de CoCyclics concernant les Aides aux auteurs, voici le témoignage de Nadia Cose, qui a obtenu une bourse du CNL en 2014. Vous pouvez retrouver ici l’article de Cocyclics sur les aides à l’écriture
 
Cocyclics : Qu’est-ce qui t’a poussé à faire une demande de bourse d’aide à l’écriture ?
 
Nadia Coste : Mon congé parental pour ma petite dernière allait toucher à sa fin, et la question de retourner à mon « vrai » travail se posait. J’avais déjà publié 9 romans, et j’aurais aimé ne pas reprendre à temps plein (ou pas du tout, dans l’idéal, mais il faut bien manger aussi !). Mon calcul était rapide : sans sécurité d’un minimum de revenus d’écriture, difficile de faire le grand saut (ou même un petit bon de grenouille).
Je me suis donc penchée sur les possibilités d’obtenir une bourse pour pouvoir demander un temps partiel avec plus de sérénité.
 
Je ne l’aurais pas fait pour n’importe quel roman, mais Jivana, le texte pour lequel j’ai demandé la bourse, me semblait particulièrement difficile à placer : il s’agit d’un roman autonome dans l’univers des Fedeylins, et la politique éditoriale de Gründ sur la fiction jeunesse ayant changé, je savais déjà que je ne pourrais pas le leur proposer : donc, il me fallait du temps, aussi bien pour l’écrire que pour trouver un éditeur prêt à me suivre.
 
Cocyclics : Comment s’est déroulé tout le processus de demande d’aide ? Comment as-tu ressenti cette étape ?
 
Il ne faut pas craindre la paperasse, parce que le dossier de demande de bourse est assez complet. Sur la partie « administrative », le détail des revenus des deux dernières années (écriture, et hors écriture) ainsi que celles du conjoint sont examinés. Le CNL demande également des copies de déclarations d’impôt, fiche de paie et autre. J’ai dû refaire un CV, moi qui n’y avais pas touché depuis au moins 15 ans (le dernier était sauvegardé sur disquette, c’est dire).
 
Ça, c’est la partie la moins marrante, mais ce n’est pas insurmontable non plus.
 
Côté création, il faut fournir le premier chapitre et une présentation du projet (j’ai proposé le synopsis complet), et un ouvrage représentatif de son style/univers. Dans mon cas, c’était facile puisque je faisais une demande pour un roman autonome dans l’univers des Fedeylins, avec un personnage qui apparaît rapidement dans le tome 4 : j’ai donc envoyé un exemplaire de celui-ci. 
 
 
C’était chouette de commencer l’histoire, même si je n’allais pas écrire la suite tout de suite.
 
La partie la plus délicate, à mon avis, a été la lettre de motivation : doser pour savoir comment demander, sans réclamer… du coup, j’ai fait appel à une bêta-lectrice de mon cœur pour avoir son avis avant de l’envoyer ! (sur mon premier chapitre aussi, ça va de soi).
 
Cocyclics : Est-ce que tu as fait plusieurs demandes avant d’obtenir cette bourse ?
 
Non, c’était ma première (et unique demande).
Je m’étais renseignée aussi sur des bourses régionales (j’habite près de Lyon, donc, dans mon cas, c’est l’ARALD). En voyant que les dossiers vérifient systématiquement si on a fait une demande ailleurs en parallèle, je me suis dit que j’allais me concentrer sur une seule, pour commencer. J’avais l’impression qu’en demander plusieurs en même temps me desservirait (ce n’est peut-être pas vrai ; toujours est-il que je n’en ai demandé qu’une seule, et que je l’ai obtenue).
 
Cocyclics : Est-ce qu’il y a eu beaucoup d’attente entre le moment où tu as déposé ton dossier de candidature et le moment où on t’a accordé cette aide ?
 
J’ai fait la demande en février 2014 et la réponse est arrivée début juillet de la même année.
 
Le site est très bien fait : on peut savoir quels sont les membres du jury pour sa catégorie, et voir les dates des commissions. Donc, pas d’angoisse absolue sur les délais (on se pose des questions, mais ça va). Je viens de vérifier les dates, et il s’est écoulé un mois entre la commission et l’envoi de la réponse (les dossiers déposés jusqu’à fin février ont été examinés début juin).
 
Cocyclics : Est-ce que l’obtention de cette bourse a eu des effets (positifs et/ou négatifs) sur ton écriture ? sur ta vie d’écrivaine ? Si oui, lesquels ?
 
Disons qu’il y a eu d’autres projets qui sont venus bousculer mes plannings, et je n’arrivais pas à trouver le temps d’écrire le roman pour lequel j’avais obtenu la bourse… savoir que des professionnels du métier étaient prêts à m’encourager financièrement en m’accordant cette bourse m’obligeait moralement à ne pas abandonner ce roman pendant plusieurs années et à lui trouver une petite place (quitte à tout bloquer pendant quelques mois pour l’écrire, ce que j’ai fini par faire !).
 
 
 
Le fait d’avoir obtenu la bourse m’a donné un sentiment de légitimité, non pas sur mon statut d’auteur, mais sur ce roman en particulier. Comme si on me disait « oui, cette histoire mérite d’être racontée ». Ça fait du bien.
 
Au niveau de ma vie, les 80% de la bourse (qu’on touche tout de suite) sont tombés à un moment où j’en ai eu vraiment besoin, et je ne sais pas comment j’aurais fait sans !
 
Je n’ai pas pu obtenir le mi-temps que je souhaitais, mais je suis quand même passée à temps partiel (80%) ce qui est un début. Un jour par semaine pour l’écriture, c’est déjà précieux !
 
Cocyclics : Compte tenu de ton expérience, est-ce que tu conseillerais aux auteurs d’effectuer cette démarche de demande d’aide ?
 
Je pense que c’est bien, et, effectivement, ça peut donner un coup de pouce dans une carrière. Mais il ne faut pas faire le calcul comme si on allait en obtenir tous les ans ! C’est un bonus, pas un salaire.
 
Moi, je l’ai demandée pour un projet particulier, que je savais difficile à écrire et à placer, donc pour lequel il me fallait du temps. Je ne demanderais pas une bourse toutes les cinq minutes. Je pense qu’il faut que le projet vaille la peine d’être défendu…
Chacun réfléchit en fonction de sa situation, mais je dirais à ceux qui se posent la question que ça ne coûte rien d’essayer !
 
Enfin, si : le risque, c’est qu’un refus fasse perdre l’enthousiasme qu’on pouvait avoir sur le projet proposé et qu’on l’abandonne… comme s’il ne valait pas la peine d’être écrit parce que le jury n’a pas adhéré.
 
Comme pour un refus d’éditeur, il faudra sans doute savoir prendre du recul le moment venu…