Interview 2016 : Stefan Platteau, coup de cœur des Imaginales
de Stefan Platteau
aux éditions
Genre : Interview
Sous-genres :
  • Darkfantasy

Auteurs : Stefan Platteau
Date de parution : avril 2016 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Stefan Platteau, coup de coeur des imaginales 2016 nous parle de Shakti, le deuxième roman de série de fantasy Les Sentiers des astres, qui fait suite à Manesh.

 ActuSF : Que représente les Imaginales d’Epinal pour vous ? 
 
Stefan Platteau : C’est l’un des premiers festivals auxquels j’ai participé en tant qu’auteur, et certainement l’un des plus importants en francophonie. La magie des chapiteaux sur les bords de la Moselle, la qualité des invités, l’engouement et la gentillesse du public, tout cela tisse une véritable euphorie dans laquelle j’ai hâte de me replonger !
 
 
ActuSF : Qu’est-ce que ça fait d’être coup de cœur de l’édition 2016 du festival ? 
 
Stefan Platteau : ça me touche beaucoup ! Je n’ai qu’une seule crainte : qu’un emploi du temps trop chargé m’empêche de m’asseoir dans l’herbe avec les uns et les autres. Mais c’est aussi l’occasion de vivre le festival à fond !
 
ActuSF : Shakti, la suite de Manesh, sort le 4 mai prochain chez Les Moutons électriques. Qu’est-ce que ce nouveau roman va nous faire découvrir sur le Sentier des Astres ? 
 
Stefan Platteau : Le rythme va s’accélérer, le point de vue s’élargir peu à peu. Le danger sera très présent dès le début du volume : le Barde et ses compagnons ne vont pas avoir beaucoup l’occasion de souffler ! On s’éloignera du fleuve pour s’enfoncer plus profondément dans la forêt du Vyanthryr, à la rencontre des êtres qui vivent entre les racines et les cimes – et qui dit écologie hors du commun, dit coutumes étonnantes. L’autre monde (les Brumes) fera sentir sa présence, interagissant avec le monde physique. Et on en saura un peu plus sur les antiques créatures qui arpentent encore le grand Nord. Le récit nous emmènera aussi très loin vers l’est, dans l’île froide du Fintami, pour suivre la Courtisane dans ses souvenirs de jeunesse. Jouvenceaux sans vergogne, mère exubérante, seigneurs des bêtes et autres esprits chamaniques occuperont le devant de la scène, avant que s’ouvre la route d’un exil. Et d’autres membres de la compagnie se dévoileront également par bribes au fil des pages.
 
Enfin, ce n’est plus un secret, la trilogie est devenue un quadriptyque. La faute, notamment, au parcours complexe de Shakti. Conséquence : il m’a fallu reporter au tome 3 toute la partie urbaine de son récit, laquelle permettra notamment de plonger de plein pied dans la guerre civile. J’ai grand hâte de m’y remettre… 
 
 
ActuSF : Votre univers est assez sombre – il est souvent rapproché de la dark fantasy – mais vous défendez également les valeurs humaines et sociale de vos récits. Que voulez-vous dire par là ? 
 
Stefan Platteau : En dehors de l’écriture, je suis travailleur social. Je suis donc très concerné par tout ce qui touche aux marginaux, aux problèmes de société, aux failles qui se cachent en chacun de nous. Très sensible aussi à ces moments lumineux où l’homme donne le meilleur de lui-même dans l’adversité. Mes héros ne sont pas des anges, mais il y a tout de même beaucoup de foi en l’être humain dans mes écrits, un regard tendre sur les personnages. 
 
Et puis je suis historien de formation, nourri aux sciences humaines. Construire une société crédible, avec sa culture propre et sa vision du monde, me passionne ; plus la mentalité des personnages nous est étrangère, plus grand est le dépaysement. Il y a encore un siècle, l’Histoire ne s’intéressait qu’aux grands événements, aux faits et gestes de l’élite. Depuis, elle s’est élargie pour étudier aussi les gens du commun, explorer leur quotidien, leur façon de vivre et de penser. Je crois que notre genre littéraire évolue de la même manière : la fantasy épique faisait (et fait toujours) la part belle aux guerriers, aux mages et aux héros hors normes ; aujourd’hui, certains auteurs s’intéressent aussi à des personnages du peuple, à des quêtes qui ne sauvent pas le monde, des drames à petite échelle, des anti-héros ombrageux. Selon moi, la fantasy peut traiter en profondeur de nombreuses thématiques. Elle peut le faire avec davantage de liberté que la littérature générale, et rendre attractifs des sujets austères. Nnedi Okorafor, par exemple (« Qui a peur de la mort », World fantasy Award 2011, Prix Imaginales 2014), parle de conflits ethniques et nous sensibilise au problème de l’excision ; mais le lecteur se laisse d’abord captiver par une histoire de magie africaine, l’éclosion d’une sorcière. C’est ce que j’appelle de la fantasy humaniste, et s’il fallait choisir un sous-genre auquel me rattacher, ce serait peut-être celui-là… 
 
 
ActuSF : Entre Manesh et Shakti, il y a eu Dévoreur. Est-ce que ce court roman est une porte d’entrée pour le Sentier des Astres ? Envisagez-vous d’autres textes de ce format pour continuer à faire découvrir cet univers ?
 
Stefan Platteau : le format Novella est excellent pour la fantasy ! Idéal pour, justement, livrer des histoires à dimension humaine. Donc oui, j’envisage d’autres textes du genre ! Quand ? Cela dépendra à la fois de mon rythme d’avancement dans la saga et de mon besoin d’évasion…. 
 
Et oui, Dévoreur peut être une bonne façon d’entrer dans le Royaume de l’Héritage avec une histoire courte mais dense. Non qu’on y voyage beaucoup : l’intrigue est localisée dans un petit coin de montagne dont elle ne s’écarte guère. En revanche, elle explore en profondeur d’autres dimensions – les forces du ciel, celles tapies dans l’être humain, et le lien mystique qui les unit. Une bonne façon de comprendre pourquoi tout ce qui touche à mon univers est réuni sous l’appellation Les sentiers des Astres…
 
ActuSF : Vous serez, évidemment, en dédicaces aux prochaines Imaginales d’Epinal du 26 au 29 mai 2016. Avez-vous déjà d’autres dates de prévues, où vos lecteurs pourront venir vous rencontrer ? 
 
Stefan Platteau : Je serai aux Anthisnoises fin avril, et aux ImaJn’ères d’Angers les 21 et 22 mai.
 

Jean-Laurent Del Socorro