Interview 2017 : Cécile Duquenne pour les Foulard Rouges
de Cécile Duquenne
aux éditions
Genre : Interview
Sous-genres :
  • Steampunk

Auteurs : Cécile Duquenne
Date de parution : octobre 2017 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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La troisième et dernière saison des Foulards Rouges est sortie en début d’année dans la collection numérique Snark des éditions Bragelonne. Cécile Duquenne revient sur cette série steampunk.

Actusf : La série Les Foulards rouges, publié dans la label Snark des éditions Bragelonne, s’est terminée en mai dernier avec le dernier épisode de la saison trois. Comment est née au départ l’idée de cette série steampunk ? Et est-ce qu’elle était déjà calibrée pour un format feuilleton en numérique ? 
 
Elle est née d’une autre série, télévisuelle celle-là : Firefly. Le mélange de western et space-opera m’avait séduite au point de vouloir lire quelque chose qui soit dans la même veine, au format papier et roman, donc, cette fois. Or, à mon grand désespoir, cela n’existait pas – hors fanfictions. Et comme d’habitude : quand quelque chose que j’ai envie de lire n’est pas écrit… je me retrouve avec un début d’histoire, un milieu, et une fin. C’est souvent comme cela, en création, on a envie d’écrire les choses qui nous donnent envie de lire.
 
 
Côté format, le sériel est venu naturellement : puisque le récit avait été inspiré d’une série télévisuelle, pourquoi ne pas faire pareil ? D’autre part, à cette époque, le revival des romans sériels et feuilletons au format epub n’était pas encore tout à fait apparu ni connu. Il a fallu attendre quelques mois (années ? ma mémoire flanche…) après que j’ai eu l’idée des Foulards Rouges pour que des éditeurs comme Walrus apparaissent, ou que Voy’el lance sa collection de séries numériques avec La Brigade des Loups. Et à peu près en même temps, il y a eu le label Snark… moi qui, lors de l’écriture, craignais de n’avoir aucun éditeur auquel proposer mon OVNI littéraire, je me suis soudain retrouvée avec du choix. 
  
Trois saisons, dix huit épisodes sur trois ans. Vous aviez déjà prévu ce découpage des le départ ? Ou vous avez été victime du succès des Foulards rouges – un peu comme pour les séries télé qui doivent rajouter des saisons supplémentaires en fonction de l’audience ? 
 
Oui, tout avait été calibré dès le départ. Enfin, presque : au début, c’étaient 14 épisodes de 10 000 mots chacun par saison. Au final, pour éviter que le lecteur ne soit frustré d’un format si court, nous avons réuni les épisodes et, tout en les remaniant pour qu’ils forment des tous cohérents, nous avons conservé le côté « deux épisodes en un », puisque chaque milieu d’épisode dispose de sa propre coupure.
 
Cela réduisait aussi le risque éditorial, évidemment, mais nous étions partis confiants. La saison 1 s’est très bien vendue, l’effet « premier épisode gratuit » a bien fonctionné… et j’en suis évidemment très heureuse, car c’était quitte ou double !
 
Le premier épisode gratuit des Foulards Rouges : 
 
 
Des satisfactions – ou de regrets – maintenant que la série est achevée. Pas trop dur de laisser les personnages derrière vous ? À moins qu’il ne soit prévu qu’ils reviennent un jour ? 
 
Satisfaite du chemin parcouru, déçue que ce soit déjà finie – mais soulagée, aussi, car c’est désormais huit ans de travail acharné où j’ai à peine eu le temps de bosser sur autre chose. Là, je prends le temps de papillonner de texte en texte, d’un récit à l’autre, ça fait du bien.
 
Les Foulards rouges me manquent, mais… ils reviendront, c’est une évidence ! Je sais déjà pour quelle histoire, avec quels personnages. Je ne sais juste pas quand je m’y mettrai. On verra…
 
Que-ce ce qui diffère dans l’écriture de feuilletons par rapport à un roman ? 
 
Je pourrais en écrire des tartines, mais je vais favoriser la concision et me concentrer sur une différence majeure : quand on publie le premier épisode, on peut ne pas avoir écrit la fin. Vu qu’on publie un épisode par mois… c’est un rythme soutenu, très stressant, mais aussi formateur.
 
La saison 1 était prête de bout en bout quand on a débuté la publication, donc c’était assez tranquille. Je me suis mise à écrire la saison 2 alors que les lecteurs découvraient la première.
 
La saison 2 a commencé à être publiée alors que je venais tout juste de la terminer : on a corrigé les épisodes un par un, au fur et à mesure qu’ils paraissaient.
 
Fatalement, pour la saison 3… j’étais en retard, ah ah, et j’écrivais quasiment en flux tendu. Heureusement, je savais exactement où j’allais, et je connaissais bien mon univers. Mon éditrice a également été extrêmement réactive, à l’écoute et efficace. En tout, j’ai passé un an et demi sur cette unique saison, sans quasi rien écrire d’autre à côté…
 
Les Foulards rouges, ce n’est pas qu’un feuilleton numérique, puisque des tirages à la demande de chaque saison sont disponibles. C’est nouveau dans le monde de l’édition comme procédé. Comment vivez-vous cette dichotomie papier/numérique ? 
 
Non, ce n’est pas nouveau du tout. C’est récent, grâce aux imprimeurs qui pratiquent désormais les micro-tirages, mais pas nouveau. De tous petits éditeurs fonctionnaient déjà comme ça : ça évite le stock, les dépenses pour des invendus, on fonctionne en flux tendu, etc. Pour Bragelonne, je crois que la principale différence réside dans l’ampleur : même si on fonctionne en impression à la demande, il y a du stock, puisqu’ils impriment de petits tirages qui sont diffusés en librairie. Ce n’est donc pas tout à fait « à la demande ».
 
 
La dichotomie n’est là que si on veut la voir, sinon… Le papier et le numérique se complètent plus qu’ils ne s’opposent. Ils ont chacun un lectorat qui favorise l’un ou l’autre. Et il y a les collectionneurs qui ont tous les épisodes un par un en epub, l’intégrale epub, et l’intégrale papier !
 
Personnellement, je ne fais pas de différence entre le papier et l’epub : quand je présente l’univers en salon, je présente le format sériel, je parle du découpage, de l’écriture, etc.
 
Allez-vous repartir sur une nouvelle série ? Du steampunk encore, peut-être ? 
 
Une nouvelle série, non. J’adore ce format, mais il est temps de souffler…
 
Par contre, du steampunk… oh que oui ! De toutes les couleurs et de toutes les époques : j’écris en ce moment un roman qui parle d’archéologues qui voyagent dans le temps, un peu comme du Tomb Raider, mais sans la poussière. Cela s’intitule L’intemporel, et l’on suit l’histoire de deux jumelles, Liliane et Léonore, dont la première est sorcière et la seconde alchimiste. Elles cherchent leurs parents, perdus dans le temps, et doivent récupérer aussi la Main de Midas… il y a des phénix mécaniques prêts à éclore (et exploser !) dans des œufs de Fabergé. Des zones condamnées par un mystérieux mal en Eurasie. Des combats. De la magie. Beaucoup d’aventure.
 
 
Avez-vous d‘autres projets en cours ? 
 
L’Intemporel, donc, et un roman à quatre mains sur lequel je ne peux guère en dire plus pour le moment, sauf que c’est du steampunk. J’ai également le tome 4 de Penny Cambriole dans les tuyaux, du steampunk jeunesse pour les 8-12 ans.
  
Où pourra-ton vous trouvez en dédicace prochainement ? 
 
Octobre, c’est le mois de l’Imaginaire, et à cette occasion, je serai au festival Autres Mondes à Lambesc les 14 et 15 octobre, puis en dédicace à Alès le jeudi 19 à la librairie Sauramps. Enfin, le samedi 21, vous pourrez me retrouver au Cultura de Plan de Campagne en compagnie d’Olivier Gay, aixois lui aussi.
 

Jean-Laurent Del Socorro