Interview 2017 : Jack Campbell pour La Flotte Perdue
de Jack Campbell
aux éditions
Genre : Science Fiction
Sous-genres :
  • SF

Auteurs : Jack Campbell
Date de parution : février 2017 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Jack Campbell est le pseudonyme de John G. Hemry, un auteur américain connu pour ses romans de science-fiction et de fantasy. Il est publié en France chez la maison d’édition L’Atalante.

ActuSF  : Pouvez-vous vous présenter s’il vous plait ?
 
Jack Campbell : J’ai toujours aimé lire (de l’histoire, de la mythologie, et bien d’autres choses).
 
Je suis un officier de l’US Navy à la retraite et j’ai grandi dans beaucoup d’endroits différents parce que mon père était lui aussi dans la Navy. Après avoir reçu mon diplôme de la US Naval Academy, j’ai servi dans beaucoup de fonctions différentes : la navigation de surface, la guerre amphibie et l’anti-terrorisme. Après avoir quitté la marine, j’ai décidé, avec les encouragements de ma femme, d’écrire (le "S" à qui tous mes livres sont en partie dédiés), qui a elle aussi servi dans la Navy.
 
Après avoir vu tant de pays pendant mon service et après avoir tant déménagé pour chaque affectation, nous avons décidé de nous installer dans le Maryland (le seul état dont le sport officiel est la joute). Nous avons trois enfants, qui souffraient tous de troubles autistiques à différents niveaux. Le plus jeune est maintenant complètement guéri, mais les plus âgés nécessitent encore beaucoup de notre attention.
 
ActuSF  : Pourquoi avoir choisi d’écrire certains de vos livres sous le pseudonyme de Jack Campbell plutôt que sous votre véritable nom, John G. Hemry ?
 
Jack Campbell : J’écris normalement avec mon vrai nom, mais ma deuxième série ne s’est pas assez bien vendue, les grandes librairies ne voulaient donc plus commander mes livres lorsque ceux-ci étaient signés de mon vrai nom. Pour que ma troisième série La Flotte Perdue ait une chance de rencontrer le succès, je devais partir d’un nouveau pied, et cela inclut un nouveau nom. Bien d’autres auteurs ont dû faire face à ce problème. J’ai choisi Jack Campbell car c’est le nom de mon père et de mon aîné, et parce que nous avons des Campbell dans nos ancêtres.
 
 
ActuSF  : Votre univers, La Flotte Perdue, édité en France par les Éditions l’Atalante est un Space Opera divisé en trois séries : La Flotte Perdue, Par-delà la Frontière et Les Étoiles Perdues. Pouvez-vous nous présenter cet univers ?
 
Jack Campbell : J’ai beaucoup de chance d’être publié chez l’Atalante. Ils ont beaucoup soutenu la série et leurs couvertures sont géniales.
 
Décrire cet univers n’est pas une mince affaire ! Il y a quelques années, je me suis demandé s’il était possible d’écrire sur une "longue retraite" plausible dans l’espace. La retraite des dix milles de Xenophon est un classique de ce genre d’histoires. Est-ce que je pourrais faire la même chose dans l’espace et que cela ait du sens ? A la même époque, je m’intéressais aux légendes du héros endormi que l’on retrouve dans la majorité des cultures du monde. Ce héros est quelqu’un du passé mais qui n’est pas mort, seulement endormi, et qui un jour se réveillera lorsque le monde aura le plus besoin de lui. J’ai enfin réalisé que je pouvais combiner ces idées.
 
A la même époque, les gens parlaient d’une "longue guerre" contre le terrorisme, ce qui m’a fait imaginer l’influence que pourrait avoir une très longue guerre sur une société et son peuple.
 
Dans La Flotte Perdue, la guerre entre l’Alliance et les mondes du Syndicat a débuté un siècle auparavant lors d’une attaque surprise du Syndicat. Cette attaque a été mise à mal par un ultime combat de la dernière chance mené par le capitaine John "Black Jack" Geary, que tout le monde croyait mort. Dans les cent années qui ont suivi, le Syndicat n’a jamais pu gagner, mais l’Alliance a refusé de perdre. Nourrie par les ressources de beaucoup de mondes, la guerre a continué, consumant un grand nombre de vies. Afin de maintenir le moral des troupes mais aussi de les inspirer, le gouvernement de l’Alliance a fait de Black Jack le plus grand des héros. Au début du premier livre, Black Jack est retrouvé endormi dans une capsule de survie endommagée. La flotte de l’Alliance est coincée au plus loin en territoire ennemi et a désespérément besoin d’un héros. Mais Black Jack est une vraie personne, non pas une légende. Dévasté par les changements qu’a induit un siècle de guerre, sachant bien qu’il n’est pas le héros que le gouvernement décrit, il doit trouver un moyen de sauver ceux qui croient en lui et éviter de croire en la légende lui aussi.
 
La série La Flotte Perdue originale parle de cette longue retraite. Alors que Black Jack combat l’ennemi et certains de ses supérieurs afin de ramener la flotte chez elle, vaincre le Syndicat et finalement apporter un terme à la guerre. Les lecteurs voulaient connaître la suite, j’ai donc commencé à écrire la série Par-delà la Frontière. Alors que, techniquement, la paix est revenue, ni l’Alliance ni le Syndicat ne se rappellent de ce qu’est vraiment la paix, des petits combats sont donc toujours en cours. Le gouvernement de l’Alliance, inquiet que Black Jack puisse le renverser, l’envoie en mission bien au-delà des limites de l’espace occupé par l’homme pour s’opposer à des espèces non-humaines et trouver des alliés non-humains.
 
Le Syndicat a maintenu son pouvoir par la peur et en mettant en avant la menace de l’Alliance. Avec la fin de la guerre et le pouvoir du Syndicat très diminué, des systèmes se sont révoltés, essayant ainsi de reprendre leur liberté. Un de ces systèmes est Midway, au fin fond de l’espace humain, où d’anciens citoyens du Syndicat, menés par Gwen Iceni et Artur Drakon se révoltent. L’histoire de cette révolte et la bataille de Midway pour sa liberté sont racontées dans la série Les Étoiles Perdues.
 
Comme j’écrivais Par-delà la Frontière et Les Étoiles Perdues au même moment, leurs scénarios se mélangent, des événements se passant dans une série influencent l’autre. (Je devrais préciser qu’un commandant d’un des vaisseaux de l’Alliance est une femme portant un nom bien connu en France - Bradamont/Bradamant.)
 
 
ActuSF  : Qu’est-ce qui vous attire dans la science-fiction ? Quels ont été les influences qui vous ont inspiré pour écrire vos romans ?
 
Jack Campbell : J’ai toujours aimé la science-fiction. L’histoire et la mythologie me fascinaient quand j’étais plus jeune et j’ai découvert que la science-fiction permettait aux écrivains de créer de nouvelles histoires et mythes dans des mondes qu’ils avaient imaginés. La science-fiction est, selon moi, le style des possibilités. Ça, ça pourrait arriver. Est-ce que ça, ce serait bien ou non ? Et la science-fiction a toujours été un très bon miroir de tout ce qui se passe dans le monde contemporain. Prenez une situation de la vie courante, mais présentez-la avec d’autres personnalités et les gens voient la situation d’un tout autre regard.
 
Les auteurs préférés de ma jeunesse font toujours partie de mes plus grandes influences. Leigh Brackett, Andre Norton, CJ Cherryh, Poul Anderson, Robert Heinlein et Roger Zelazny sont toujours parmi mes auteurs préférés. Tout comme d’autres auteurs plus vieux comme Jules Verne et H. G. Wells. Ce sont tous des conteurs qui ont su toucher des publics variés.
 
Mais j’en lis bien d’autres encore, bien trop pour en faire la liste complète et chacun de ces auteurs m’a appris quelque chose. Ce que je dis toujours aux gens qui veulent se lancer dans l’écriture, c’est de lire autant que possible, afin d’apprendre des autres auteurs des points de vue différents, des perspectives différentes, des façons de penser et d’agir différentes. Plus vous voyez de ces choses différentes, plus votre vision en est élargie.
 
ActuSF  : Votre héros, John Geary, est un capitaine. Vous-même, vous avez été dans l’armée. Vous êtes-vous inspiré de votre expérience pour créer le personnage de Geary ?
 
Jack Campbell : J’étais dans la Navy ! Et oui, mon expérience a beaucoup à voir avec John Geary. J’ai servi sous les ordres et aux côtés de beaucoup d’officiers différents, ainsi que des officiers venant d’autres pays. John Geary est un condensé de beaucoup des meilleurs traits que j’ai pu rencontrer chez ces officiers. C’est quelqu’un dont j’aurais aimé recevoir des ordres, mais dans des situations difficiles. Mais il a des traits que j’ai tirés d’autres personnes que j’admire. Par exemple, George Washington aux États-Unis, qui aurait pu devenir roi et se placer en dirigeant grâce à l’armée qu’il commandait. Mais il a refusé un tel pouvoir, le laissant entre les mains du peuple.
 
Une des choses dont j’ai réalisé l’importance en étant dans l’armée était ce que Von Clausewitz (dans De la guerre) appelait le courage total. Le courage sur le champ de bataille, face à l’ennemi, est une chose. Mais Clausewitz a mis au jour une autre source de courage que l’on trouve chez les commandants, et c’est le courage hors du champ de bataille, lorsque l’on fait face aux problèmes de morale, lorsque l’on défend ce qui est juste, lorsque l’on prend en considération le bien-être de ceux que l’on vous a confié. John Geary possède cet autre courage lui aussi, et j’essaie de démontrer à quel point celui-ci est important quand on veut être un bon commandant qui ne peut pas simplement gagner des batailles mais qui sait aussi représenter au mieux les valeurs de gens pour qui il se bat.
 
ActuSF  : Lance Brisée, votre dernier roman de la série Étoiles Perdues mais qui évolue toujours dans l’univers de la Flotte Perdue, sort en France le 23 février 2017 aux Éditions l’Atalante. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce qui attend le lecteur ?
 
Jack Campbell : La saga racontant les tentatives du système Midway pour se libérer du Syndicat atteint son paroxysme. Le Syndicat veut détruire Midway, et dans ce but ils ont fait appel à un pirate de renom : Imallye, et sa flottille de vaisseaux. Pire encore, les mystérieux aliens Énigmas ont trouvé un moyen de rallier les étoiles occupées par les humains, et peu importe où les Énigmas passent, ils ne laissent aucune trace d’humanité après leur passage. Le président Gwen Iceni et le général Artur Drakon font face à un combat sur quatre fronts dans lequel le seul leitmotiv est que tout le monde veut éradiquer Midway. Tandis que des ennemis intérieurs planifient des tentatives d’assassinat à leur encontre, Iceni et Drakon doivent tout risquer dans l’espoir de créer un futur pour lequel le sacrifice de ceux qui sont morts n’est pas vain.
 
 
ActuSF  : Vous avez également commencé votre première série de Fantasy, Les Piliers de la réalité avec un premier roman intitulé Les Dragons de Dorcastel qui a été publié l’année dernière en France aux Éditions l’Atalante. Pourquoi avoir voulu écrire de la Fantasy après le Space Opera ? Quelle a été votre motivation ?
 
Jack Campbell : Les Dragons de Dorcastel est en fait le premier livre que j’ai écrit. Il a bien entendu beaucoup changé en bien depuis que je l’ai commencé ! Ce n’est pas tellement de la fantasy plus que ça n’est de la science fantasy. On en trouvait beaucoup autrefois, le genre d’histoires écrites par Jules Verne, Edgar Rice Burroughs et Leigh Brackett, qui mêlent la science-fiction à quelques éléments fantastiques. J’ai l’impression que cela revient à la mode. Les mangas et animés japonais ont souvent des narrations basées sur la science fantasy.
 
J’ai travaillé sur cette série pendant des années, l’écrivant entre plusieurs livres, c’était du plaisir. J’aime beaucoup les personnages principaux Mari la maître mécanicien et Alain le mage, et j’aime leur monde de Dematr. Quelqu’un a qualifié la série de "steampunk avec des dragons." Je pense qu’on pourrait aussi la classifier en Space Opera, pour des raisons qui deviennent évidentes dans le troisième livre de la série. Mari et Alain doivent survivre, apprendre les secrets de leur monde, travailler à leur relation et enfin mener une guerre contre les Guildes qui contrôlent leur monde.
 
Je me rappelle que l’idée principale m’ayant mené à l’écriture de cette série était que je réfléchissais au fait que la façon dont on voit le monde a un impact sur ce que l’on voit et les questions que l’on pose. Je voulais parler de deux personnes qui voient le monde de deux façons différentes, et en quoi cela change leur façon d’interpréter les choses. Et voir également ce qu’il s’est passé quand ils ont commencé à s’écouter et à travailler ensemble, découvrant que lorsque l’un était faible ou incapable de voir, l’autre pouvait être alors fort ou voir.
 
Mais la réponse finale à votre question, est que si j’ai écrit la série Les Piliers de la réalité c’est parce qu’il le fallait. Mari et Alain, et les autres personnages y tenaient.
 
 
ActuSF  : Est-ce que cela a été difficile de passer de l’écriture de la science-fiction à celle de la fantasy ?
 
Jack Campbell : Toute forme d’écriture de fiction se heurte au même problème, créer quelque chose d’incroyable mais qui sort de l’ordinaire. Et on doit mettre les personnages dans des situations très difficiles, qu’ils doivent surmonter grâce à leur intelligence, force et courage. Je pense que la partie la plus importante de ce processus est de mettre des bornes à ce que la technologie ou la magie peut accomplir. C’est pourquoi nous faisons tous nos choix difficiles en fonction de ce que nous ne savons pas faire. Si seulement nous pouvions… mais nous ne pouvons pas. Nous devons donc faire des choix difficiles. Si les personnages peuvent invoquer un génie, ou faire en sorte que leur technologie fasse tout ce dont ils ont besoin, alors ils n’ont pas besoin de faire des choix difficiles.
 
Ainsi dans La Flotte Perdue la technologie que j’ai inventée ne permet pas aux vaisseaux de voir ou de communiquer plus vite que la lumière. Cela prend des heures à un message envoyé à la vitesse de la lumière pour traverser le système solaire. Voir l’ennemi, signifie que l’on voit où ils étaient, ce qu’ils faisaient des heures auparavant. Ces problèmes bien réels rendent la tâche du commandement encore plus difficile pour Black Jack. Il doit aussi s’inquiéter d’autres problèmes bien réels comme le carburant pour ses vaisseaux ou la nourriture pour ses marins.
 
Dans Les Dragons de Dorcastel la "magie" se base en partie sur une vision quantique du monde, dans lequel, tout ce que nous voyons est un artefact de nos sens. Si rien n’est réel et tout est une illusion, cette illusion peut-elle être temporairement modifiée ? Mais cela ne demande pas que de la foi, mais aussi de la force et de la puissance, ce sont des denrées rares, les Mages ne peuvent pas tout faire tout le temps. Et leur vision du monde comme une illusion les empêche d’utiliser toute forme de technologie. Ils peuvent faire beaucoup de choses, mais tout a une limite. Les Mécaniciens maîtrisent la technologie de la vapeur, grâce à des locomotives, pistolets et fusils alors que le reste du monde dépend encore des chevaux, des épées et des arcs. Ils sont limités par leur propre Guilde pour ce qu’ils peuvent construire. Les limites et les capacités de la vapeur et des autres technologies sont réelles. Les Mages sont limités dans leurs actions et leur compréhension. Même les chevaux sont des chevaux, ils ne sont pas toujours bien dressés ni même infatigables.
 
Ce qui signifie que cet aspect de l’écriture, la création du monde, n’était pas si différente. Voici les défis que mes personnages doivent relever. Voici ce qu’ils peuvent faire. Voici ce qu’ils ne peuvent pas. Peuvent-ils s’en sortir ? Peuvent-ils gagner ? Est-ce que cela semble réel au lecteur ?
 
Au bout du compte, bien évidemment, une histoire repose sur la force de ses personnages. Ce qu’ils font est-il réel ? Est-ce que les lecteurs sont attachés à eux et veulent-ils qu’ils gagnent ? Et ce défi est toujours à relever que ce soit lorsque l’on écrit de la science-fiction ou de la fantasy (ou des romans policiers, ou historiques ou n’importe quoi d’autre).
 
ActuSF  : Quels sont vos projets à venir ?
 
Jack Campbell : Plusieurs ! Le premier volume de la nouvelle série The Genesis Fleet sortira bientôt aux États-Unis. Vanguard se passe des siècles avant La Flotte Perdue, préparant le terrain pour La Flotte Perdue, alors que cette partie de l’espace est colonisée par l’humanité après la découverte des moteurs adéquats. Tout le monde cherche un nouveau foyer parmi les étoiles, un lieu de liberté, mais quand on est seul, vers qui peut-on se tourner si le voisin devient agressif ? The Genesis Fleet montre la création de l’Alliance de La Flotte Perdue, et présente des ancêtres de certains des personnages de La Flotte Perdue.
 
Cette année va aussi connaître la sortie de Daughter of Dragons, le premier volet de la suite de Les Piliers de la réalité. Je ne peux pas trop en parler sans gâcher la surprise de ceux qui n’ont pas lu la série Les Piliers de la réalité en entier ! Mais elle contient tous les éléments qui ont rendu la série des Piliers si populaire auprès des lecteurs, et un nouveau personnage qui relève de nouveaux défis alors qu’il essaie d’être à la hauteur de son héritage.
 
En juin, Titan va commencer à sortir La Flotte Perdue en comics, qui contiendront des histoires originales que j’ai écrites sur des événements qui se produisent en-dehors de la trame des livres de la série. C’était très intéressant de travailler avec des supports graphiques, tant avec l’éditeur qu’avec les artistes, afin de porter l’univers de La Flotte Perdue à une vie différente et visuelle.
 
Et récemment mon court livre young adult The Sister Paradox est sorti aux États-Unis. C’est l’histoire d’un garçon, un enfant unique très heureux d’être le centre de l’attention de sa famille. Jusqu’au jour où sa sœur (qu’il n’a jamais eue) se retrouve dans son école armée d’une épée et lui annonce qu’ils doivent se lancer dans une importante quête dans son monde à elle. C’est un livre drôle avec un vrai message sur la famille.
 
 
ActuSF  : Avez-vous un créneau pour venir dédicacer en France dans les prochains mois ?
 
Jack Campbell : En août, je serai à Helsinki pour la World Science-Fiction and Fantasy convention. Je ne serai malheureusement jamais plus proche de la France que ça pour les mois à venir ! J’ai eu la chance d’aller aux Utopiales à Nantes une année et j’aimerais beaucoup y retourner.
 
Traduction des propos Erwan Devos et Hermine Hémon

Léopold Mathieu