Interview 2017 : Johan Heliot pour le Fer au coeur
de Johan Heliot
aux éditions
Genre : Interview
Sous-genres :
  • Young adult

Auteurs : Johan Heliot
Date de parution : mai 2017 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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À l’occasion de la sortie du Fer au coeur dans la collection Electrogène des éditions Gulf Stream, nous avons posé quelques questions à Johan Heliot.

ActuSF : Comment est née l’idée du Fer au coeur ? Qu’avais-tu envie de faire ?
 
Johan Heliot : Un grand écoeurement (d’où peut-être le titre ?) vis-à-vis de toutes les formes de radicalisme, et plus généralement, d’emprises du religieux sur la vie et l’espace publics, exacerbés ces derniers temps - et je mets bien toutes les sources religieuses dans le même sac à ce propos ! Surtout, partout dans le monde, quelle que soit l’époque, le même constat : les femmes sont les premières victimes de ce phénomène, et ensuite les
libre-penseurs, adeptes du progrès... Bref, j’ai eu envie de pousser à la fois un coup de gueule et de rendre hommage à celles et ceux dont les vies sont brisées par les fanatiques de toute obédience.
 
 
Il y a une inspiration Steampunk évidente. Tu avais envie d’y revenir ?
 
Oui, indéniablement ! Mais pas en revisitant une énième fois le XIXème siècle et les univers à la Jules Verne - je trouve même qu’il y a trop-plein de ce genre d’histoires... J’ai préféré aborder une ambiance, plutôt qu’une époque précise, différente, qui ressemblerait à la Renaissance mais y mêlerait une technologie plus avancée.
 
Peux-tu nous présenter un peu l’univers de ce roman, et notamment ses bas-fonds ?
 
 L’action se déroule dans une ville, sorte de cité-état inspirée de modèles de la Renaissance, baptisée Pérennia, car toute forme de progrès y est bannie par la caste dirigeante, les Dévots, adeptes de la Vertu.
 
Quiconque enfreint les règles de cette dernières subit la torture avant d’être rejeté dans les souterrains de la Ville-Basse, où s’est développée une société parallèle, sous l’égide du descendant de l’ancienne famille princière de la ville, Sforza... On y trouve aussi des créatures beaucoup plus anciennes et mystérieuses - j’ai souhaité apporter une petite touche fantasy à l’ensemble.
 
Comment décrirais-tu Leonardo et Maïan ?
 
Mes deux protagonistes principaux ont en commun une grande capacité de résistance et d’insoumission (deux qualités cardinales pour ce qui me concerne !). Leonardo rêve de machines au service de l’Homme, raison de son bannissement ; Maïan est juste au départ une jeune fille amoureuse, ce qui sera cause de sa brutale déchéance, avant de se transformer, un peu malgré elle, en symbole guerrier de la reconquête de Pérennia - je me suis inspiré pour cette partie du récit du film tiré du Cid, avec Charlton Heston (de sa
fin en particulier, mais je ne vais pas plus spoiler !).
 
Les quatre personnages vont devoir unir leurs forces face à l’injustice. C’est une histoire de révolte ?
 
Une histoire de résistance et d’insoumission, je le répète - donc, oui, de révolte contre l’inique, l’abject de l’oppression religieuse.
 
Y’aura-t-il une suite ? Retrouverons-nous les héros dans un prochain volume ?
 
Ah, je n’y ai pas songé... Attendons de voir comment ce roman sera perçu, et pourquoi pas ?
 
Sur quoi travailles-tu, quels sont tes projets ?
 
 Je me suis lancé dans une nouvelle trilogie uchronique pour Mnémos, "Grand Siècle", dont le premier tome, "l’Académie de l’Ether", sort en mai - les deux autres suivront en 2018 et 2019. J’y raconte le règne de Louis XIV, sous influence d’une IA extra-terrestre, lancé dans une forme particulière de conquête spatiale... Beaucoup de personnages historiques y jouent un rôle, Blaise Pascal, d’Artagnan, Colbert, Jean Bart et d’autres, mais l’essentiel est raconté des points de vue de cinq frères et soeurs plongés au coeur des événements, comme dans un roman historique normal.
 
Sinon, j’ai plusieurs projets jeunesse en cours et sur le feu, pour Scrinéo (du fantastique où il sera question de l’Enfer et du Paradis), Lynks (nouvelle maison, avec une collection dirigée par Charlotte Bousquet) et quelques autres...
 
 

Jérôme Vincent