Interview 2017 : Marie-Lorna Vaconsin pour Starpoint
de Marie-Lorna Vaconsin
aux éditions
Genre : Interview
Sous-genres :
  • Young adult

Auteurs : Marie-Lorna Vaconsin
Date de parution : mai 2017 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Marie-Lorna Vaconsin nous parle de La Fille aux cheveux rouges, le tome 1 de sa saga young adult Starpoint publié chez La Belle colère.

Comment est née Starpoint et son univers ?
 
L’univers parallèle de Starpoint est inspiré du monde imaginaire dans lequel ma soeur et moi, on allait quand on était petites. C’était un monde où nous avions recréé une histoire, une géographie, des personnages principaux et secondaires. Nous avions des missions
d’investigation, d’espionnage, d’aventure. J’ai toujours voulu faire vivre ce monde ailleurs que dans nos souvenirs.
 
 
Votre univers est très étonnant avec une géographie assez épatante et un accès par des angles morts. Comment est-ce que vous l’avez construit ?
 
L’accès par les angles morts remonte aussi à mon enfance.
 
Avec ma soeur, on jouait beaucoup avec les miroirs et leurs reflets. Il y avait des miroirs partout chez nous, derrière toutes les portes, tous les murs – ma mère disait que ça agrandissait l’espace. Quand les portes et les fenêtres se reflétaient l’une dans l’autre, ça dessinait un couloir à l’infini que je rêvais d’emprunter. Et puis il y avait ce concept « d’angle mort » qui ne me fascinait quand les adultes parlaient entre eux – « untel n’a pas vu la voiture, elle était dans l’angle mort » – j’avais l’impression qu’il s’agissait d’une zone trouble, à la fois obscure et fascinante.
 
Concernant la géographie de l’autre monde, il y existe trois territoires :
- Les Territoires Stables – qui ressemblent à nos continents.
- Les Territoires Mouvants qui dessinent une sorte de passerelles entre deux géographies
- Les Territoires Denses du Sublittoral. Le Sublittoral est la zone la plus complexe de l’autre Terre, celle d’où est née Le Projet Starpoint : son histoire et ses pouvoirs sont au coeur de l’intrigue. Tout le reste – le courant, les autres territoires, les tremblements de terre, les îles du Gaoyan – découle de son existence. On en saura plus dans les prochains tomes.
 
On sait que vous dessinez également dans cet univers. Quels places ont vos dessins dans votre écriture ? Ils vous aident pour certaines scènes à matérialiser les choses ?
 
Dès que je suis bloquée sur un chapitre, je me mets à dessiner une carte, une scène, un personnage. La plupart du temps, le fait de changer de point de vue et d’instrument me fait trouver une solution.
 
 
Est-ce que vous pourriez nous dire comment est-ce que vous voyez Pythagore ?
 
Pythagore est un observateur plus qu’un acteur. Au lycée, il est toujours un peu en dehors de l’animation. Il réfléchit, met le réel à distance par le dessin. Toutefois, quand l’aventure débarque, il sort de lui-même pour agir ; par exemple quand il se bat avec un tesson de bouteille contre le commandant Baar, ou quand il prend le contrôle de la bataille de l’Empoing ou quand il décide d’embrasser une fille.
 
Cette ambivalence se ressent dans son corps. Il est grand et assez fort pour faire du saut à la perche, mais au lycée il ne roule pas des mécaniques, il se tient légèrement vouté, ce que lui reproche sa mère. Il est plutôt pas mal – grand, châtain, aux yeux clairs – mais il n’en joue pas. Il ne se met pas forcément en valeur. Il aime s’absorber dans le décor – pour mieux en sortir au moment crucial !
 
Pendant le premier tome, il va d’abord un peu subir les évènements avant de devenir pleinement acteur de l’histoire. Est-ce que c’est un peu aussi une métaphore de l’apprentissage et du passage à l’âge adulte ?
 
Oui, c’est vrai. Je pense qu’on a tous connu ce sentiment à l’adolescence : une sensation de passivité, où on a l’impression que la vie appartient plus aux autres qu’à nous – à ceux qui sont plus cool ou plus beaux ou ceux qui ont le droit de sortir ou qui ont un copain, une copine, ou ceux qui sont plus ceci ou plus cela. Et puis, il y a un jour où on décide que c’est fini. On sent que c’est à nous de jouer et qu’enfin, la vie nous appartient. 
 
Dans une des chroniques vues sur le web, le bloggeur a écrit "Un roman où pour grandir il faut aussi parfois savoir se perdre..." Est-ce que vous êtes d’accord ?
 
Oui, c’est une remarque très juste. Je pense qu’elle peut s’appliquer à beaucoup de choses dans la vie – relations humaines, choix de carrière, création artistique. J’aime ceux qui se perdent, essaient plusieurs métiers, se trompent, recommencent et acquièrent une multitude de points de vue ; cela évite d’avoir des a priori. Se perdre, c’est oublier ses repères, accepter de se laisser surprendre. 
 
C’est exactement ce qui arrive à Pythagore dans le livre. C’est ce qui arrive au lecteur aussi...
 
Dites nous un petit mot sur Foresta, le personnage enigmatique de ce premier roman. Qui est-ce pour vous ?
 
Elle est celle que toutes les filles aimeraient être, celle que tous les garçons rêveraient d’avoir. Elle est l’aventure, l’ailleurs, tout ce à quoi on aspire quand on a 15 ans et qu’on est coincé dans une vie de lycée.
 
Le roman est en librairie depuis un peu plus d’un mois. Après l’avoir si longtemps porté en vous, quel regard avez-vous sur ce roman désormais ? Quel bilan faites-vous de ces premières semaines ?
 
Je ne sais pas si je peux vous en parler avec recul… justement parce que je l’ai porté longtemps en moi et que ça ne fait que deux mois. Je sais que j’adore sa couverture ! Je sais que Pythagore, Louise et Foresta me font rêver toute la journée et que quand je rentre chez moi le soir, je n’ai qu’une hâte, c’est de renouer avec leurs aventures, mais… je ne crois pas avoir encore de recul. 
 
Est-ce que vous pouvez nous dire un mot de la suite ?
 
Il y aura un vrai dézoom de l’action… 
 
Nos personnages vont voir du pays et se faire décoiffer…
 
L’autre Terre va nous faire sentir tout ce qu’elle a dans le ventre.
 
Quelles sont vos prochaines dédicaces ?
 
Samedi 13 mai à la Halle du Livre à Nancy.
 

Jérôme Vincent