Interview 2017 : Pierre Bordage Pour Arkane
( Arkane 1 )
de Pierre Bordage
aux éditions Bragelonne
Genre : Interview
Sous-genres :
  • Fantasy

Auteurs : Pierre Bordage
Date de parution : février 2017 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

Lire tous les articles concernant Pierre Bordage

À l’occasion de la sortie de La Désolation, premier tome d’Arkane aux éditions Bragelonne, voici une interview de Pierre Bordage réalisé par Actusf.

ActuSF : Bonjour. La Désolation, premier tome de votre nouvelle série Arkane sort en février aux éditions Bragelonne. On avait l’habitude de vous croiser dans des univers de science fiction ces dernières années. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de (re)venir à la fantasy ?
 
Pierre BORDAGE : Il y avait bien longtemps que je souhaitais écrire un cycle de fantaisie pure — L’Enjomineur, publié par l’Atalante, était un cycle de fantaisie historique. Je n’en avais pas eu le temps, il serait plus exact de dire que je n’en avais pas pris le temps. L’histoire d’Arkane me trottait dans la tête depuis un bon moment, elle grandissait à l’intérieur de moi jusqu’à ce qu’elle exige de sortir. Stéphane Marsan et moi nous étions promis de travailler ensemble un jour, je lui ai soumis le projet, et l’aventure était lancée. J’aime autant la SF que la fantaisie, et je suis très heureux de pouvoir officier dans les deux genres. On dit souvent de moi que ma SF est mêlée de fantaisie, donc…
 
 
ActuSF : C’est une véritable ville-univers que vous nous proposez avec Arkane. Vous nous faite un petit tour des lieux ?
 
Pierre BORDAGE : Arkane est une ville gigantesque bâtie sur six niveaux, chacun des niveaux étant séparé l’un de l’autre par un labyrinthe, le Laz, dont on ne peut sortir à moins d’être guidé par un membre de la guilde des Torcherons (porteurs de torche). Au sommet, dans les Hauts, vivent les sept familles gouvernantes ainsi que leurs courtisans, puis au fur et à mesure qu’on descend, on passe dans des niveaux de moins en moins prestigieux, les Dits (comédiens, hérauts, artistes, joaillers…), les Marches (commerçants), les Labeurs (artisans), les Bas (portefaix, débardeurs…) et les Fonds (bagnards).
 
Tous ceux qui travaillent dans un niveau mais n’y habitent pas doivent chaque jour traverser le labyrinthe en compagnie d’un torcheron. La loi majeure qui régit Arkane est la Loi de Séparation, inspirée des Lois de Manou, qui, en Inde, ont engendré les castes. Arkane est aussi un royaume traversé par l’Odivir, un fleuve sur les rives desquelles vivent des populations de pêcheurs, d’agriculteurs, de bateliers (fleuviots) qui, sous le contrôle des féroces questeurs, fournissent à la Cité la nourriture et les produits de première nécessité. L’Odivir, à l’instar du Nil, connaît des crues annuelles et spectaculaires qui abandonnent une terre limoneuse et fertile.
 
ActuSF : Qui dit fantasy, dit magie. Comment se présente celle d’Arkane ?
 
Pierre BORDAGE : Elle infuse tout le roman. D’abord dans la Cité, dont le Laz est sans doute de nature magique (je n’en dis pas davantage à ce sujet, de peur de déflorer l’intrigue) ; ensuite dans les relations des familles gouvernantes avec les animaux symboles des déesses du fleuve qui évitèrent à leurs ancêtres de périr de faim ; dans les ordres, Résurrection et Désolation, qui œuvrent dans le secret et confèrent à certains de leurs adeptes des pouvoir spéciaux ; dans les personnages des pétrocles dont on ne sait pour l’instant pas grand-chose (pétrocle signifie : capable de changer en pierre) ; dans, évidemment, l’enchantement de pierre dont Renn est un apprenti au début du cycle ; dans les fonds d’Arkane où vivent des populations mystérieuses, et probablement dangereuses… 
 
ActuSF : Votre héroïne, Oziel, lutte d’abord pour sa survie. Qui est-celle ? Et que fuit-elle ?
 
Pierre BORDAGE : Oziel, âgée de dix-neuf ans, dernière fille de la famille du Drac, découvre en revenant d’une escapade matinale que tous les siens ont été massacrés. La Loi de l’équilibre prévalant jusqu’alors a donc été rompue. Elle tombe dans un piège tendu par un héritier de la famille de l’Aigle, qui la convoite, mais elle parvient à lui échapper après l’avoir tué.
 
Elle décide alors de descendre dans les Fonds, où son frère aîné Matteo a été banni des années plus tôt, accusé de pratiques infâmantes, en espérant le retrouver et, avec son aide, se venger des autres familles qui ont toutes plus ou moins trempé dans le complot. Cependant, comme elle est recherchée par tout ce que la ville compte d’assassins, elle va être aidée dans sa fuite par l’ordre de la Résurrection, qui lui inocule une maladie déformante, la mécrose, afin de tromper ses poursuivants, et déjouer le flair des foueurs, de redoutables animaux lancés sur sa piste. Elle comprend peu à peu que l’élimination de la famille du Drac et de son patriarche Nunzio n’est que la première étape d’une conjuration destinée à provoquer la destruction totale d’Arkane.
 
ActuSF : Dans ses tentatives pour quitter Arkane, elle va croiser deux compagnons Renn, et Orik - qui eux veulent rentrer dans la ville ! Pouvez-vous nous les présenter ? Pourquoi veulent-ils absolument rallier Arkane ?
 
Pierre BORDAGE : Renn, dix sept ans, issu d’une famille d’agriculteurs des rives de l’Odivir, est apprenti enchanteur de pierre dans le massif de l’Ostian, où le fleuve Odivir prend sa source. Il s’y ennuie depuis deux ans sans réussir à percer le secret de l’enchantement que tente de lui inculquer maître Hauhorn. Un jour que son maître a disparu en le laissant enfermé dans l’atelier, Orik, un redoutable guerrier venu du royaume voisin de Mandrill, seul rescapé d’une terrible bataille, fait irruption dans sa vie et lui demande de le guider jusqu’à la cité d’Arkane afin de prévenir les familles gouvernantes qu’une formidable armée venue du Nord s’apprête à franchir le massif montagneux et déferler le long de l’Odivir après avoir dévasté son pays. Ils vont dès lors entreprendre le long voyage en direction d’Arkane, voyage au cours duquel Renn prendra peu à peu conscience de l’importance de son rôle dans les temps à venir.
 
ActuSF : Arkane est une série en plusieurs tomes. Vous vous identifiez souvent comme un jardinier, un auteur qui aime découvrir le récit au fil de l’écriture – davantage qu’un architecte – un auteur avec un plan très précis. Est-ce qu’Arkane confirme cette approche ? Comment avez-vous élaboré cet univers fantasy ?
 
Pierre BORDAGE : Je n’ai pas élaboré de plan précis pour Arkane. L’histoire m’est venue d’un bloc, c’est à dire le début et la fin. Je ne connais pas, en revanche, les chemins qui conduiront mes personnages du début à la fin. Si, pour certains de mes romans, je pars sans savoir où le livre m’emmène, le but m’a été assigné pour Arkane, mais il se peut également que la fin soit un peu différente de celle à laquelle j’ai pensé.
 
Pour le reste, comme dans chacun de mes livres, je découvre l’univers par les sens des personnages, à hauteur d’homme en quelque sorte, et je laisse une grande liberté à mon inconscient pour l’organisation du récit, ce qui est parfois très inconfortable, voire angoissant, mais je ne peux pas faire autrement. J’ai tenté une fois, dans un Rohel, de fixer un plan précis, j’ai asséché le livre en 60 pages, comme si le fait d’être enfermé dans une structure brisait mon envie d’écrire, mon envie de découvrir. J’adore être surpris par les méandres de l’écriture, par l’évolution des personnages. Je travaille en immersion, c’est une plongée dans les labyrinthes intimes où l’écriture est mon fil d’Ariane. Concernant Arkane, le roman est prévu en deux volumes.
 
 
Actusf : Quels sont vos autres projets en cours ?
 
Pierre BORDAGE : Le tome 2 d’Arkane ; un projet dont la réincarnation est le thème central, dont je ne peux pas trop parler pour l’instant ; un projet de SF pour l’Atlante, intitulé L’Apparition (en référence à la Disparition de Perec) ; un projet jeunesse pour Flammarion ; un projet érotique pour le Diable Vauvert (un défi : la littérature érotique est bourrée de pièges)… Pas mal de pain sur la planche…
 
Actusf : Où vos lecteurs pourront vous retrouver prochainement en dédicace ?
 
Pierre BORDAGE : Au salon de Paris, les 25 et 26 mars, au salon de Limoges les 1 et 2 avril, à Trolls et légendes de Mons les 14 et 16 avril, à Bédéciné Toulouse le 20 avril, au salon de Genève les 29 et 30 avril, aux Imaginales d’Épinal du 18 au 21 mai, aux Étonnants voyageurs de Saint Malo du 3 au 5 juin, et à Saint Maur en poche, le 24 juin… du nord au sud et d’est en ouest, comme vous pouvez le constater. :)

Amanda Rangeard

D'accord, pas d'accord ? Parlez de ce livre sur le forum.

Vous voulez donner votre avis sur ce sujet ? Vous voulez mettre un lien vers votre propre chronique ? Cliquez ici.