Interview 2018 : Olav Koulikov pour Mémoire d’un détective à vapeur
de Olav Koulikov
aux éditions
Genre : Interview
Sous-genres :
  • Fantasy

Auteurs : Olav Koulikov
Date de parution : juin 2018 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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ActuSF : Le 5 avril dernier est sorti chez les Moutons électriques votre roman Mémoires d’un détective à vapeur. Pouvez-vous nous en dire plus sur l’histoire ?

Olav Koulikov : En fait, il s’agit d’une sortie de la nouvelle maison d’édition Les Saisons de l’étrange, et seulement une coédition avec les Moutons électriques, pour être précis. L’histoire ? Eh bien, à l’origine il s’agissait d’un énorme manuscrit de récits, de documents et de fragments sur une uchronie : une version alternative de notre monde où un immense empire anglo-russe domine le concert des nations. Les éditeurs m’ont demandé de couper tout cela en deux volumes et de réorganiser l’ensemble, ce que j’ai fait. On suit donc la carrière d’un détective privé, Bodichiev, à travers une série de ses enquêtes dans cet univers à la technologie et aux règles sociopolitiques légèrement décalées. La religion d’État est une forme de bouddhisme, la Russie tsariste et la Grande-Bretagne forment un seul empire, la France est soviétique, il y a des dirigeables, des gangsters génétiquement modifiés, des intelligences artificielles, des coupoles de régulation météo sur les beaux quartiers… Et l’on suit les pas de Bodichiev à Londres, Bordeaux et Amsterdam, en attendant pour le deuxième volume d’autres voyages, en France et à San Francisco. 

"Et puis Londres est si vaste que rien qu’avec un récit en bord de Tamise, en plein centre, et un autre à Greenwich, par exemple, on change totalement de géographie et d’ambiance."

ActuSF : Pouvez-vous nous présenter un peu plus en détails votre héros et détective, Jan Marcus Bodichiev ?

Olav Koulikov : Voyons voir, comment ne pas trop en révéler ? Disons qu’au début de sa vie, ayant perdu son père qui s’est suicidé suite à un scandale financier, il s’est installé comme expert en systèmes informatiques de sécurité, et que de fil en aiguille son activité s’est plutôt orientée vers l’enquête policière, jusqu’à ce qu’il devienne vraiment le patron d’une agence de détection privée. Le narrateur, Viat Koulikov, était son assistant : si Bodichiev peut être comparé un peu à Hercule Poirot, alors disons que Viat était son Hastings… Mais pas seulement ! Il me semble qu’il y a pas mal de Maigret en Bodichiev, aussi. Après la mort de mon père, j’avais découvert qu’il s’était amusé à écrire toute une série d’enquêtes policières sur ce grand détective maintenant déjà oublié, et je me suis donc efforcé de réunir tous ces écrits. 

ActuSF : Pourquoi avoir choisi la ville de Londres comme cadre de votre roman et un détective russe comme personnage principal ?

Olav Koulikov : J’adore Londres, c’est ma ville de cœur, j’y ai souvent vécu, je m’y suis énormément promené… De plus c’est une métropole porteuse d’un immense imaginaire, extrêmement riche. Dans l’univers de Bodichiev, c’est aussi l’un des deux pôles majeurs du pouvoir impérial qui domine ce monde dans la « longue paix », comme ils disent, puisque Russie et Angleterre se sont littéralement mariées. Et puis Londres est si vaste que rien qu’avec un récit en bord de Tamise, en plein centre, et un autre à Greenwich, par exemple, on change totalement de géographie et d’ambiance. Bodichiev pour sa part est un citoyen anglo-russe, mais il a des racines françaises. L’on apprendra donc au cours du récit qu’il a pris sa retraite à Biarritz, par exemple, et l’une de ses enquêtes l’amène d’ailleurs à Bordeaux. L’an prochain, on le verra encore revenir en France, dans les Basses Alpes. Les ancrages géographiques, les humeurs de la ville, l’interaction des habitants avec leur environnement, font partie des choses importantes selon moi, c’est ce qui donne la texture et l’épaisseur aux récits. 

"[Les Saisons de l’Étrange], c’est bien plus qu’une collection, c’est une maison d’édition à part entière, que dirige Melchior Ascaride."

ActuSF : Votre roman s’inscrit comme les romans Les Compagnons de Roland de François Peneaud, Le Nombril du Monde de Roland C. Wagner et 115° vers l’épouvante de Lazare Guillemot dans la collection Les Saisons de l’Étrange de la maison d’édition des Moutons électriques. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette collection et les ouvrages qu’elle va englober ? 

Olav Koulikov : Vous savez, il s’agit de bien plus qu’une collection, c’est une maison d’édition à part entière, que dirige Melchior Ascaride. J’en ai suivi toute la création car à l’origine c’est André-François Ruaud des Moutons électriques que j’ai rencontré, comme nous habitons tous les deux en région bordelaise, mais ensuite c’est Melchior qui m’a appelé pour accepter mon manuscrit et m’en dire tout le bien qu’il en pensait — il n’y a sans doute pas plus grand bonheur pour un auteur que de recevoir un tel coup de fil, d’autant qu’au même moment une autre petite maison c’était dite intéressée. Alors pour ce que j’en sais, les Saisons se poursuivent avec cette année un roman de Paul Féval, Ann Radcliffe contre les vampires, et le premier roman d’une série par Jean-Philippe Depotte, La Soupe aux arlequins. Après, je ne suis pas dans les secrets des dieux, je sais simplement que mon deuxième tome est programmé pour la deuxième saison (il s’intitulera simplement Souvenirs d’un détective à vapeur) et que d’autres auteurs travaillent en parallèle, par exemple Nelly Chadour, Julien Heylbroeck ou Alex Nikolavitch, que j’ai rencontrés l’autre jour à Paris. 

ActuSF : Avez-vous d’autres projets d’écriture en cours ?

Olav Koulikov : Plusieurs nouvelles et un roman mettant en scène Bodichiev, toujours, sont en cours de réécriture et de remise en forme. 

ActuSF : Quand est-ce que les lecteurs pourront vous retrouvez en dédicace ? 

Olav Koulikov : La tournée de lancement des Saisons de l’étrange est déjà passée par Paris, Rennes et Bordeaux et là, je vais signer à Lyon le 9 juin (chez Trollune), en attendant une date à Toulouse et sans doute en fin d’année le Salon Fantastique et les Rencontres de Sèvres.

Mathilde Marron