Interview Alain Damasio
de Alain Damasio
aux éditions
Genre : Anticipation

Auteurs : Alain Damasio
Date de parution : février 2009 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage :
Titre en vo :

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ActuSF : Comment est née l’idée du projet avec les éditions Organic ? Qu’est-ce qui t’a séduit dans leur démarche ?
Alain Damasio : J’ai rencontré Li-Cam et Jean-Emmanuel lors d’un petit salon d’hiver, à Lyon, dans un restaurant très agréable. J’avais été invité par Sylvie Lainé, que j’aime beaucoup, donc voilà ! J’étais déjà un peu flottant après quelques verres de Bourgogne et j’ai remarqué sur les tables des petits livres avec des trous dedans, une très belle maquette, des rabats épais, de l’art dans les illustrations mates et les photos et ça m’a beaucoup plu. Le livre-objet est quelque chose de fréquent en poésie par exemple, mais beaucoup plus rare dans les littératures de l’imaginaire, en dehors du livre d’enfant naturellement. J’ai accroché sur le titre aussi : « petite bulle d’univers » que je trouve très évocateur. Ça m’a donné envie de leur proposer une nouvelle qui corresponde à ce registre.

ActuSF : Le livre, comme tous ceux d’Organic, est née d’une collaboration entre l’artiste-graphiste et toi. Comment avez-vous travaillé ?
Alain Damasio : J’ai enfreint la Loi Organic en arrivant avec un texte déjà écrit et en les obligeant, la tête dans le lavabo, à accepter de créer graphiquement à partir de ce texte, ce qui est la démarche inverse qu’ils avaient jusqu’ici suivi. Mais ce sont des gens ouverts : ils ont accepté de relever le défi ! J’ai rencontré Philippe Aureille à Grenoble, qui est un graphiste exigeant, pro, que j’ai senti très structuré dans ses recherches et ça m’a plu. On a discuté du rapport texte-image et de ses travers habituels : d’un côté la pure illustration qui ne fait que reproduire visuellement ce qui est écrit, donc fait redondance. Dans ce cas, l’image écrase et plombe l’imaginaire au lieu de le susciter, de le relancer. Et de l’autre l’illustration autonome qui se tient toute seule, à l’écart ou en compétition avec le texte, ce qui rend leur coprésence sans intérêt : un livre seul plus une exposition isolée font alors mieux l’affaire !
L’enjeu du livre illustré, pour moi, tourne autour de ça : faire en sorte que texte et images entrent en résonance, au sens très physique du terme. Que les images fassent vibrer le texte, par la couleur, par la force optique des pages et qu’en retour le texte génère un train d’ondes qui dilate les images, en prolonge les lignes de fuite, éclaire leur sens. C’est facile à dire, vous le devinez. Pourtant, c’est très délicat à obtenir car on est dans un système de correspondances, de synesthésies qui relèvent de la sensation, qui ne se décrètent pas a priori : ça marche sur la page, ou pas. À ce titre, le choix de l’équipe a été courageux et intelligent : ils ont parié sur la puissance de l’abstraction, du lettrisme, avec une approche très peu figurative, et un pari sur la couleur : rouge-blanc-noir, ce que j’appelle la trilogie nazie ou bolchévique. Les trois couleurs les plus violentes, les plus brutales du champ chromatique à mes yeux. Ça sert l’intensité du texte, même si ça laisse de côté une dimension plus poétique à laquelle je tenais aussi. Mais créez, c’est élire et Philippe a fait un choix fort, et qui valorise beaucoup le texte par une mise en page très réfléchie. C’est un très beau boulot.

ActuSF : Est-ce que ça a changé quelque chose à ta manière de faire et d’écrire ? Est-ce que l’adaptation a été facile ? Quel a été l’apport de l’image ?
Alain Damasio : Comme je te le dis, le texte était déjà là, il avait son imaginaire et sa structure de conte, qui me semblait bien correspondre à l’idée d’une petite bulle. Ce qu’apporte l’image ? Pas évident à décomposer ? Ce que je retiens en tant qu’écrivain, c’est le plaisir de voir le texte éclairé, comme recadré par un réalisateur intelligent. Les pages fonctionnent comme des cadrages qui mettent en lumière une phrase, isolent un fragment, dégagent les mots du bloc texte, comme d’une gangue, pour les redonner plein de sang ou au contraire raclés jusqu’au blanc. Ça modifie le rythme de lecture, souvent en valorisant les parties délicates, et c’est ce qui me touche, me plaît. Philippe est alors comme un pianiste qui donne son interprétation, joue liées telle série de notes, sans pause puis tout à coup ralentit, fait entendre, place ses silences. C’est toujours le même texte au final, mais ce n’est absolument plus la même musique : son empreinte a porté. J’aime beaucoup ce viol. C’est une réappropriation par l’œil.

ActuSF : Pourrais-tu nous présenter ton personnage d’El Levir ? Comment le vois-tu ?
Alain Damasio : El Levir est un chercheur. Un artisan-chercheur. Il veut porter l’art du scribe jusqu’à son point absolu. Il incarne cette vision de l’art comme rapport total au monde, non comme métier. Il a une humilité d’artisan et une mégalomanie pourtant, sobre, celle d’aller au bout de ce qu’il peut, ce qui est absolument exceptionnel pour un être humain. Ce que Van Gogh a tenté en peinture, Artaud au théâtre, Mallarmé en poésie, Nietzsche en philosophie, tant d’autres… ce point extrême de la vague : créer. Mais créer se paie directement, dans son corps ; des morceaux d’esprit partent et se perdent, les tripes sont bouffées. C’est un personnage de conte, donc qui a valeur de figure, avec la légèreté du conte : le drame n’est jamais sérieux.

ActuSF : Toute l’histoire tourne autour de l’écriture, et notamment de l’écriture d’un grand livre , "Le Livre". Il y a une sorte de mise en abîme de l’écrivain et de l’écriture, et de l’utilité de l’écriture. Ou en es-tu avec ces interrogations ? Elles sont toujours tiennes ?
Alain Damasio : Oui, bien sûr. Avec l’âge, ce qui change, c’est que les questions s’enfouissent, deviennent plus lourdes, s’enfoncent en toi. On perd en intensité dans le questionnement romantique, spectaculaire, ce qu’on gagne en face-à-face avec la nécessité, ou non, d’écrire. « Muss Ich schreiben ? » selon le conseil de Rilke. Il faut la poser pour soi, sans cesse, mais aussi face à un marché tellement productif, tellement bavard en livres, où écrire est devenu tellement banalisé qu’on perd toute oreille dans le bruit blanc du papier, tout œil dans l’accumulation des couleurs et des « lis ça ». Nausée des Virgin et des Fnacs. Nausée des briques blanches pour lesquelles personne ne semble s’être demandé, tout au long de la chaîne, si ça valait le coup d’être écrit, d’être édité, d’être diffusé, d’être sur un table, d’être lu. Pourvu qu’on alimente la machine ! Pour moi, écrire ne sera jamais un métier. C’est ma seule certitude.
« Écris avec ton sang et tu verras que le sang est esprit. ». Ces mots qu’a laissé Nietzsche me surplombent. Ce sont des rochers qui tombent sur chaque phrase que j’écris quand elle est trop fade. Je frimais avec ces mots romantiques à 20 ans, je croyais y être, mais on n’y est jamais. J’ai écrit la Zone avec mon sang, la Horde avec mon sang, mais c’est encore un sang superficiel, née d’une entaille, et qui coule bien. Ce n’est pas encore le sang qui est esprit. Ce n’est pas encore le sang profond qui nous traverse et nous tient debout à chaque pas, chaque jour. Je reste à la périphérie. Des textes comme El Levir, je les ai écrit pour parler de ça, sans que le texte lui-même soit capable d’être ce qu’il désigne comme horizon.

ActuSF : Le travail sur le style, la méditation sur le Grand Livre évoquent clairement Mallarmé. Quel est ton rapport à ce poète ? A-t-il influencé ton approche de l’écriture, et en quoi ?
Alain Damasio : Mallarmé fait partie des trois créateurs qui m’ont le plus influencé, avec Nietzsche et Deleuze. C’est mon phare stylistique, au sens du poème de Baudelaire. Dès que je lève la tête pour progresser, dès que j’essaie de remuer et tordre, décaler ou renverser ma syntaxe, c’est vers lui que je vais. On parle beaucoup de sa poésie en oubliant que sa prose est la plus puissante du monde francophone. Il y a des illuminations comme Novarina, de grands auteurs comme Céline, Volodine ou même Duras, qui m’ont scotché au sol, mais Mallarmé, c’est très simplement et sans aucune discussion possible le plus haut de tous. Ceux qui discutent ça doivent le lire, et ils sauront. C’est lui qui annonce que la musique n’est qu’un cas particulier de la littérature et c’est le seul qui prouve que ça peut être vrai : qu’au niveau d’écriture où il articule la sensation, la musique devient un sous-ensemble du champ littéraire qui n’a pourtant pour ressource que les phonèmes et les sèmes. Il faut lire un travail aussi apparemment simple et utilitaire que ses « Mots anglais » où il décompose la langue anglaise par ses radicaux et leur expressivité phonique pour deviner jusqu’où il est allé. C’est un génie qui m’a fait entrevoir la puissance sensuelle prodigieuse du langage. 
En quoi il a influencé mon écriture ? Je peux dire en tout : travail du son, rythmique, suspension, ellipse, mouvement de syntaxe, vocabulaire, travail des masses, jeu sur les longueurs et surtout vitalité des déboulés. Tout ce qui est intéressant dans mon style vient de lui, ou presque. J’ai piqué chez Céline, que j’ai peu lu, son jeu sur les registres, l’argot, l’oralité, la familiarité et chez Volodine sa construction d’un cosmos local par les sens les plus physiques : odeur, goût, chaleur, poisse, crasse… Plus différentes choses à quelques autres, notamment les ruptures flottées de Duras, mais ce sont des détails, en comparaison de l’apport de Mallarmé. On peut apprendre à écrire juste en le lisant !

ActuSF : "Mallarmé est un poète clairement hegelien. Il croit que l’absolu peut se manifester grâce au poème, et que l’Esprit doit pouvoir se réaliser ainsi. Or tu te réclames de Deleuze, qui a clairement souhaité inciter les gens à refuser ce genre d’absolu(ité) transcendant(e), et replacer toute démarche personnelle sur un "plan d’immanence". Contradiction insurmontable ?"
Alain Damasio : Ah, voilà une question à troller direct sur le forum !! Si même les journalistes d’Actus SF se mettent à poser des questions philosophiques, où va la SF, nom de dieu ? <) ;o))) C’est le début de la fin ! Alors que répondre ? Ce que tu dis de la recherche d’absolu de Mallarmé est évidemment juste, sauf qu’il ne conçoit précisément pas cet absolu comme la précipitation de l’Esprit dans le poème, ni comme une révélation. C’est au contraire le poète, par son artisanat altier, sa forge, sa « retrempe » des mots, qui peut aller toucher les constellations, les révéler, comme une trouée subite dans un ciel couvert, la nuit. Deleuze adorait Mallarmé par ailleurs : il lui consacre un chapitre entier dans son Nietzsche et la philosophie. La quête orphique de Mallarmé m’intéresse moins que ses recherches — et ses découvertes hors norme, très concrètes techniquement — dans le champ d’immanence du langage, avec ses « mots de la tribu », bourrés de défauts, de sons inadéquats à la signification à véhiculer, de connotations vulgaires, qu’il faut tailler et réagencer ensemble sous une unité plus vaste (l’alexandrin, la phrase) pour assurer leur « plein rendement ». Le mot « nuit » est tellement clair par exemple, comment l’assombrir ? dit Mallarmé. Comment lui faire rendre le noir, le sombre, le danger ?

ActuSF : Quel regard portes-tu sur le résultat et cette expérience ? Ca t’a donné envie de poursuivre dans cette voie ?
Alain Damasio : Oui, ça donne envie. Je regrette d’avoir été trop distant de Philippe Aureille et de l’équipe à une période où j’étais incapable de libérer du temps pour mieux rebondir sur leurs propositions graphiques. J’aime beaucoup le résultat et ça me donne envie de poursuivre sur le principe de nouvelles graphiques mais en travaillant en amont avec eux (ou d’autres !) sur la notion de rythme visuel, de rythme de lecture, cette fameuse interprétation du texte qu’impose, de fait, une mise en page et des illustrations intercalées.


ActuSF : On semble retrouver dans El Levir cette conception, déjà centrale dans tes textes précédents - et, sauf erreur, dans ton prochain roman -, d’une littérature dont la forme même doit être en mouvement perpétuel, qui comme l’individu doit se métamorphoser à chaque instant, s’oublier pour renaître sans cesse. Comment en es-tu arrivé à articuler cette philosophie nietzschéo-deleuzienne de la vie comme renaissance permanente, et cette exigence mallarméenne d’une poésie du dévoilement ?
Alain Damasio : Wouaouh ! Ça c’est du lourd comme question ! Je respire un bon coup et je te réponds : sans doute parce que pour moi, le dévoilement n’est pas fixité ou contemplation extatique de l’origine, bien au contraire : le vrai dévoilement de l’Être ou de l’Esprit (selon l’appartenance philosophique que tu revendiques) c’est à mon sens l’intuition que l’Être est Devenir, pur mouvement. Il est métamorphique. Ou pour le dire dans mon langage profane : il est vie. Le texte, comme la toile, comme la scupture ou le film, n’ont jamais l’ambition de fixer, mais de précipiter. Précipiter le vivant sur la toile, sur la page. C’est le but.
Le miracle d’écrire, qu’on touche parfois au bout d’une phrase, à force de travail et de hasard, en se guidant au son, est la capture d’une sensation — parfois d’une perception unique ou d’une idée — dans la matière-mot, dans le chaos sens/sons. D’une certaine manière alors, on dévoile, oui. On fait sentir. On a l’impression, fugitive, de toucher l’être du cri, d’un vent sec, de la fatigue d’une marche, d’un rire gras rocailleux, ou l’être du sable qui arase une joue, d’un son. De le restituer vibrant, vivant. Mais on ne le restitue que parce que la phrase est comme en retrempe dans sa propre lave, sans cesse, dans ses grumeaux instables, elle bouillonne donc elle offre. Regardez un portrait de Rembrandt à Amsterdam, regardez un Van Gogh de près : c’est un chaos optique de couleurs et de traits, rien ne fait contour ni n’est tracé droit, figé. Reculez et tout vibre, la présence vivante se déploie, Van Gogh est là devant vous, qui vous regarde.
Une grande phrase, c’est pareil. Dès qu’un œil de lecteur débute la phrase, il réouvre la sensation, casse le bocal vitrifié, se prend le roulis des sons en plein tympan, suit la coulée, chute, remonte. C’est une capture-relance, pas du tout une stase, un arrêt, un dévoilé-figé. On dévoile une vibration et on la redonne vibrante, précisément, c’est pour ça qu’elle porte. Mallarmé dit qu’on ne restitue jamais la réalité mais le système rythmique de la réalité, qu’on retrouve par correspondance dans le système rythmique des mots, qui la redonne. C’est la clé de tout. Un écrivain jeune qui comprend ça comprend l’essentiel. Le reste, c’est de la narration.

ActuSF : Cette quête du Grand Livre évoque aussi, évidemment, les fictions de Borges - pour qui le livre ultime, en un sens, serait celui d’un seul mot, d’une seule lettre, du silence (puisque celui-ci contient tous les textes possibles). Qu’as-tu retenu, de Borges, dans ta propre écriture ?
Alain Damasio : J’ai lu Borgès assez jeune, surtout « Fictions » et il est évident qu’une nouvelle comme So Phare away ou El Levir ou encore le chapitre de la Tour d’Ær dans la Horde, lui doivent quelque chose. Quoi précisément ? L’envie d’incarner des idées philosophiques dans un récit, cette précipitation du concept en récit. Serge Lehman en parle très bien. Ça nous a tous les deux influencé. Serge le fait magnifiquement dans Superscience par exemple ou dans Le gouffre aux chimères que j’adore. L’imaginaire est une littérature de concept, très souvent, mais de concepts fait personnages, devenus récits, et qui bougent.

ActuSF : Quels sont tes projets et où en es-tu de ton prochain roman ?
Alain Damasio : Je veux profiter de 2009 pour écrire deux ou trois nouvelles : l’une pour le recueil conjoint La Volte-Ligue des Droits de l’Homme sur les nouvelles technologies et les atteintes à la l’humain qui a fait couler tellement d’encre électronique sur le forum d’Actus SF ! Mais j’ai du mal pour l’instant à me renouveler sur un thème que j’ai déjà beaucoup traité dans la Zone. L’autre pour un recueil sur la schizophrénie dirigé par le Transhumain. Je vais démarrer mon troisième roman, enfin, à la fin 2009. Jusqu’ici, je n’étais pas prêt, j’espère l’être alors. Je veux écrire un livre qui soit à la hauteur des enjeux du XXIe. C’est très dur. Ce sera de la SF, de l’imaginaire réaliste, avec un énorme travail sur le langage, presque une réinvention pour certaines parties, et évidemment, ce sera politique ! Bref, du lourd : un Éverest pour moi !


ActuSF : Tu travailles actuellement sur un jeu vidéo très ambitieux. Peux-tu nous en parler ? Penses-tu que cela va influencer ton écriture ?
Alain Damasio : Nous avons fondé avec Aleksi Briclot, grand illustrateur français, et trois pros du secteur, un studio de développement de jeu vidéo, DONTNOD. Nous bénéficions d’un très gros financement et nous sommes déjà trente salariés sur le projet. Nous créons un jeu d’action-aventure original pour console de nouvelle génération. J’ai en charge la direction narrative du jeu, à savoir l’univers SF, le scénario et les personnages. L’industrie est tellement parano que je ne peux malheureusement rien te dire de plus à ce stade ! Juste qu’il s’agit de ce que je cherchais depuis longtemps : une création collective qui m’apporte beaucoup par les échanges et la confrontation aux autres artistes. C’est passionnant et fécond, jouissif souvent, parfois frustrant en raison des contraintes techniques, que le roman ne rencontre GUÈRE. J’ai rebaptisé les game designers de l’équipe "les fascistes de l’accessiblité" : c’est parfois Deleuze contre Kevin de l’Arkansas mais j’ai la chance de bosser avec des gens intelligents et ouverts, et l’ambiance est très sympa. Bref tout ça me nourrit, oui, au sens concret et intellectuel, au sens humain surtout. Ça affute mes techniques de récit et ça me plonge dans l’art populaire par excellence du XXIe siècle, celui qu’il ne faut pas laisser aux seules multinationales du divertissement ! Car c’est le jeu vidéo qui éduque et éduquera l’imaginaire et les schèmes sensori-moteurs des générations qui viennent. En tant qu’auteur de SF, on a un rôle-clé à jouer pour insuffler du sens là-dedans, élever l’ambition, faire réfléchir. Je tente d’y apporter ma pierre et mes visions politiques.

Mais je reste un écrivain : si j’ai décidé de consacrer un an et demi à temps plein à ce projet, mon troisième roman est déjà en gestation et je vais l’attaquer l’année prochaine. Écrire est mon art, c’est là que je dois être : devant ma page, à forger mes mondes, et nulle part ailleurs !

Bruno Gaultier, Jérôme Vincent, Olivier Noël