Interview André-François Ruaud sur Yellow Submarine
de André-François Ruaud
aux éditions
Genre : SF

Auteurs : André-François Ruaud
Date de parution : 0000 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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A l’occasion des trente ans de Yellow Submarine, André-François Ruaud, son fondateur, revient sur l’histoire de la revue et son numéro anniversaire.

Actusf : Yellow Submarine a trente ans, revenons aux débuts. Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire ce fanzine ? Comment voyais-tu les choses à l’époque ? Quelle était l’ambiance ?
André-François Ruaud : Je faisais alors des études de "métiers du livre" à Bordeaux et nous étions alors en pleine révolution de la photocopie, avec de nouvelles machines (Xerox) très performantes. Baignant depuis déjà un bon moment dans les milieux du fanzine (j’avais déjà publié quelques numéros de "Archipel", en compagnie notamment de Michel Pagel), j’ai eu envie de profiter de cette nouvelle technologie très accessible pour publier une petite feuille de chou, en toute liberté. De plus, à l’époque l’ambiance à Bordeaux était très propice à cela, car je fréquentais plein de monde qui s’installèrent ensuite dans l’édition : Bruno Bordier, Michèle Charrier, Lionel Évrard, Bernard Joubert, Patrick Marcel, Jean-Daniel Brèque, Sylvie Denis, Nathalie Mège — et bien entendu, le "vétéran", Francis Valéry.
 
 
Actusf : Quelles ont été les grandes étapes de l’histoire de Yellow ?
André-François Ruaud : Eh bien, après quelques semaines à faire juste 8 pages, j’ai repris la formule "newszine" d’un autre fanzine qui s’arrêtait, "Dernier Salon Avant l’Autoroute" de Pascal J. Thomas, puis le fanzine a continué à évoluer en fonction de mes envies : j’ai fait quelques 85 numéros mensuels, en format A5, agrafés au centre, avec infos, chroniques et articles ; puis j’ai adopté une formule un peu plus chic, si j’ose dire, avec un dos carré, quand l’évolution de la technique l’a permise... Enfin est arrivé la formule livre-revue.
 
 
Actusf : J’imagine que les souvenirs sont ultra nombreux... Y a-t-il eu des rencontres qui t’ont particulièrement marqué ? Ou des numéros particuliers ?
André-François Ruaud : Faire un tel fanzines, pendant si longtemps, c’est forcément une histoire de rencontres au pluriel, plein de rencontres, au fil des ans... Michel Jeury par exemple, que je suis allé voir deux ou trois fois à Issigeac, à l’époque se rendre en Dordogne chez Jeury ça tenait presque du pèlerinage. J’ai rencontré une fois, très peu de temps avant sa mort, le bédéaste Michel Crespin. J’ai reçu une lettre d’insultes de Philippe Curval. Plein de monde a commencé dans les pages d’YS (et notamment, c’est curieux, des gens du milieu de la BD : Lewis Trondheim, Harry Morgan, Évariste Blanchet, François Le Bescond...). Et puis des amis, plein d’amis, impossible d’évoquer toutes ces rencontres – mais il faut, surtout, préciser que je n’ai pas toujours fait YS tout seul, par exemple Bruno Bordier l’a dirigé durant un an, et il y a eu toute une période où Joseph Altairac me secondait.
 
 
Actusf : Comment tu as composé le sommaire de ce numéro anniversaire ?
André-François Ruaud : Alexandre Mare un jour m’a surpris, lors d’un rendez-vous dans une brasserie parisienne, en me demandant de lui confier YS. La revue était quasiment arrêtée, j’ai immédiatement accepté sa proposition. Et puis Alex m’a dit qu’il fallait que l’on fête le trentième anniversaire, je n’y avais pas du tout pensé ! Donc, il est venu chez moi trois jours, on a relu et brassé tous les vieux numéros, je lui ai indiqué des trucs, mais au final c’est surtout lui qui a effectué les choix. 
 
 
Actusf : On y parle aussi bien du Fleuve Noir, de la planète Mars, d’auteurs comme Philip K. Dick, Roger Zelazny, Roland C. Wagner a travers des interviews. Est-ce que tu as l’impression d’avoir fait une sorte de photo de la science fiction de ces trente dernière années à travers ce sommaire ?
André-François Ruaud : Oui, en quelque sorte. En tout cas, c’était l’envie d’Alexandre Mare – il voulait même qu’on trouve quelqu’un pour rédiger un portrait de l’évolution de la SF en France durant ces 30 années, mais je n’ai pas trouvé la perle rare capable de faire cela.
 
 
Actusf : On y trouve quelques curiosités. Alors comme ça Jean-Daniel Brèque est aussi nouvelliste ?
André-François Ruaud : Ma foi, il le fut, oui, dans le domaine de l’horreur moderne. Il a surtout publié en Angleterre, mais Dumay a publié dans le temps un petit recueil de ses nouvelles. Jean-Daniel estime apparemment qu’il a tourné la page, ceci dit.
 
 
Actusf : Tu passes la main à la rédaction en chef à Alexandre Mare. Pour quelles raisons ?
André-François Ruaud : En fait j’avais déjà confié la revue à quelqu’un d’autre, car je ne peux plus tout faire, avec les Moutons électriques etc. Donc un de mes anciens stagiaires, Nicolas Lozzi, qui avait envie de faire une revue littéraire, a repris YS le temps de 2 volumes. Et puis comme il m’a annoncé qu’il laissait tomber, j’hésitais à arrêter YS tout à fait. L’enthousiaste proposition d’Alexandre Mare a été l’occasion de repartir, en tenant l’aventure d’une publication uniquement disponible par correspondre – commandez-le, les gens, sinon YS ne va pas continuer, et ce serait bien dommage !
 
 
Actusf : Quel est l’avenir de Yellow ? J’imagine que les prochains numéros se préparent...
André-François Ruaud : Alexandre Mare a plein d’idées : sur l’image du futur, sur la mobilité, sur les passages, sur l’Afrique...
 

Jérôme Vincent