Interview Daniel Hanover sur La Voie du dragon
de Daniel Hanover
aux éditions
Genre : Interview

Auteurs : Daniel Hanover
Date de parution : février 2014 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Daniel Hanover est l’un des pseudonymes de Daniel Abraham. Fleuve noir vient de publier le premier tome d’une nouvelle série de fantasy, La Dague et la Fortune. Interview.

Actusf : Comment est née l’idée de La Voie du Dragon ?
Daniel Hanover : Ça a commencé sous forme d’expérience basée sur Babylon 5. Ce qui m’intéressait dans cette série c’était comment elle faisait ouvertement référence – et avec une joie assumée même – et empruntait beaucoup à la littérature déjà parue. Alfred Bester, l’agent du Corps Psi, la Montagne du Destin du Seigneur des anneaux qui apparaît dans la saison 4, l’épisode qui reprend Le Prisonnier... J’avais l’impression que les scénaristes de Babylon 5 avaient mélangé toutes ces références qu’ils trouvaient cool pour en faire quelque chose de familier et nouveau à la fois. J’ai essayé de faire la même chose mais mon avis sur ce qui est « cool » était un peu différent. J’ai pioché dans des sources aussi diverses que le roman de Walter Tevis, Le jeu de la dame, l’histoire de la banque des Medici, Friedrich Reck et Firefly et je les ai mélangés pour en faire quelque chose de différent.
 
 
Actusf : Comment vous pourriez nous présenter vos trois personnages : Cithrin, Marcus et Geder ?
Daniel Hanover : Cithrin, pour moi, est l’héroïne principale de l’histoire. C’est une orpheline avec un immense talent et destinée à diriger les forces qui vont essayer de sauver le monde des ténèbres. C’est aussi une alcoolique fonctionnelle, avec un sens ténu de ces propres limites.
Marcus est un peu comme le comte de Monte Cristo : sa vengeance ne lui a pas apporté la paix escomptée. C’est un soldat brillant, un combattant qui a déjà tout perdu une fois, il y a très longtemps, et qui ne s’en est jamais remis complètement.
Geder est mon personnage préféré. C’est un outsider, passionné par les livres. Il gagne en peu de temps un pouvoir incroyable mais n’est pas du tout prêt pour ça. Je travaille actuellement sur le 5e et dernier livre de la série et les gens continuent de se demander qui il est exactement.
 
 
Actusf : Vous introduisez un côté "financier" à votre histoire de fantasy. Comment vous en est venue l’idée ?
Daniel Hanover : J’ai lu un essai brillant sur l’histoire de la banque des Medici écrit par Tim Parks, Medici Money, et la saga de Niccolò de Dorothy Dunnett. Je trouve l’univers de la finance fascinant. C’est un mélange de pari, de jeux de confiance, de diplomatie, d’espionnage et de pouvoir qui travaille très, très dur à faire croire que c’est ennuyeux afin que personne n’y regarde de trop près.
 
 
Actusf : Le roman possède de nombreux personnages. Comment avez-vous travaillé ?
Daniel Hanover : En fait, j’ai fait très attention à ce que le nombre de personnages reste raisonnable. Il n’y a que cinq personnages principaux dans l’intégralité de la série. Pour les personnages secondaires ou mineurs, je tiens une liste.
 
 
Actusf : Cinq tomes sont d’ores et déjà prévus. Y a-t-il un plaisir à se dire qu’on va rester pendant plusieurs années dans le même univers ?
Daniel Hanover : C’est effectivement très agréable et je suis reconnaissant à mes éditeurs anglais et nord-américains de s’être engagé sur cinq livres. Connaître à l’avance l’espace que l’on a à disposition pour raconter une histoire est très rassurant.
 
 
Actusf : Que pouvez-vous nous dire de l’intrigue du deuxième tome ?
Daniel Hanover : The King’s Blood est la suite directe de La Voie du dragon. On y retrouve beaucoup des personnages, mais avec des importances différentes. Dans ce second acte – la série est structurée comme une pièce en cinq actes sur bien des aspects –, les situations et les personnages qui ont été introduits dans le premier tome s’approfondissent et s’étoffent. Les événements du premier acte se rejoignent dans le conflit qui perdurera jusqu’à la fin.
 
 
Actusf : Pourquoi avoir changé de nom ?
Daniel Hanover : J’ai un avis idiosyncrasique sur les pseudonymes. J’avais l’impression que La Dague et la Fortune était un projet différent par rapport à l’ensemble de mes travaux précédents. Quelqu’un qui aurait lu mes autres livres et s’attendrait à ce que ceux-là soient semblables aurait pu être déçu. Il valait mieux donner à ces romans leur propre auteur et permettre au lecteur de s’immerger dans l’histoire en sachant que l’expérience serait différente.
 
 
Actusf : Quels sont vos projets ? Sur quoi travaillez-vous ?
Daniel Hanover : En plus de La Dague et la Fortune, j’écris une série de space opera avec un ami sous le pseudonyme de James SA Corey. Elle va être adaptée pour la télévision. Je m’occupe également des adaptations en romans graphiques du Trône de Fer de George R. R. Martin. Et j’ai aussi plusieurs autres projets en arrière-plan qui pourrait finir par donner quelque chose. 

Jérôme Vincent