Interview Jean-Marc Bassetti sur Juste un petit grain de sable
de Jean-Marc Bassetti
aux éditions
Genre : Interview
Sous-genres :
  • Uchronie

Auteurs : Jean-Marc Bassetti
Date de parution : mars 2014 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Toujours à l’affut des meilleures uchronies, Bertrand Campeis a déniché l’excellent recueil de Jean-Marc Bassetti : Juste un petit grain de sable.

Actusf : Bonjour Jean-Marc Bassetti, peux-tu te présenter à nos lecteurs pour commencer.
Jean-Marc Bassetti : J’ai 56 ans, je suis enseignant dans les écoles élémentaires. J’ai été directeur d’école pendant vingt-deux ans. Maintenant, je travaille à la Direction académique du Calvados. Je m’occupe de l’insertion de l’informatique dans les écoles élémentaires et maternelles de deux circonscriptions, soit près de quatre-vingts écoles. Je passe une bonne partie de mon temps libre à écrire. J’écris des nouvelles courtes. J’aime le court… Pour le moment, mon idée n’est pas d’écrire sur du long terme, mais plutôt une idée aussitôt achevée. 
 
 
Actusf : D’où vient cette passion pour l’uchronie ? 
Jean-Marc Bassetti : J’avais déjà écrit quelques nouvelles qui jouaient plus ou moins avec le temps quand j’ai rencontré Roland C. Wagner à Saint-Malo au festival des Étonnants Voyageurs. Il venait de recevoir le prix de l’uchronie pour Rêve de gloire. Nous avons longuement parlé, et c’est lui qui m’a appris ce mot : uchronie. Plusieurs idées ont germé dès mon retour de St Malo.
 
 
Actusf : Y a-t-il des œuvres qui t’ont marqué en tant que lecteur et qui t’ont donné envie d’en écrire à ton tour ?
Jean-Marc Bassetti : Quand j’étais enfant, mon père parlait avec des étoiles dans les yeux du Voyageur imprudent de Barjavel, un homme qui peut voyager dans le passé et qui décide de tuer Napoléon quand il est encore inconnu. C’est pour moi la première approche de l’uchronie. Ensuite, il y en a eu bien d’autres, à commencer par « la part de l’autre », ou celui que je considère comme un chef-d’œuvre du genre : Replay de Ken Grinwood. Depuis, il y a eu encore Stephen King et bien d’autres. 
 
 
Actusf : Quand et comment as-tu voulu partager ta passion à travers un blog puis un recueil de nouvelles auto-édité ?
Jean-Marc Bassetti : L’idée est partie d’une simple anecdote. Un jour, une amie m’a cité une phrase banale en me disant que c’était une phrase de Murakami. J’ai répondu le lendemain : « Bon, il faut se lever car j’ai du boulot. » Signé Mozart. Le lendemain, j’ai recommencé, et puis quelques jours plus tard, j’ai écrit le réveil de Napoléon et de Marie-Louise aux Tuileries en 1812 alors que normalement, l’empereur aurait dû être à Moscou pendant la campagne de Russie. J’ai donné comme raison que l’impératrice attendait un deuxième enfant. En quelques phrases, j’ai supprimé la campagne de Russie. À partir de ce jour, je me suis mis à écrire et publier une nouvelle par jour. Uchronie, hommage, histoire réécrite, poème, texte écrit en fonction de l’actualité. Mais toujours correspondant au jour d’écriture. Le 24 mars, j’écrivais une histoire ayant un rapport avec le 24 mars. Mon idée était de tenir un an. J’ai tenu neuf mois, écrit 250 textes, un texte par jour. Puis, j’ai réuni 30 uchronies pour en faire un ouvrage papier. Je les ai relues, corrigées, et je suis ma foi assez content du résultat.
 
 
Actusf : Peux-tu nous éclairer sur les recherches que tu fais et la façon dont tu procèdes pour l’écriture de tes nouvelles ? 
Jean-Marc Bassetti : Une uchronie qui me tient à cœur : une des dernières écrites l’an dernier, le 28 mai. Elle s’intitule « le retour de l’enfant du pays » et raconte par le détail un concert de Barbara à Tarbes. Or, Barbara n’a jamais chanté à Tarbes. Elle a gardé un souvenir épouvantable de cette ville et a toujours refusé d’y donner le moindre récital. J’ai fouillé dans sa vie (que je connais bien), j’ai cherché des détails pour être le plus crédible possible, l’adresse où elle avait habité, des photos de la maison, les prénoms de ses frères et sœurs, les noms de certains voisins. Même si on modifie quelque chose dans une histoire, ce qui est le cas ici, il faut toujours que le reste colle parfaitement avec la réalité. Lorsque j’écris le départ de Grouchy qui va rejoindre Napoléon pour finalement gagner à Waterloo, je m’entoure d’un maximum de détails qui font que l’histoire sonne vrai.
 
 
Actusf : Tu t’amuses, à travers ton blog, autant avec l’histoire secrète, que l’uchronie : n’as-tu pas peur que cela induise en erreur tes lecteurs par rapport à ces deux genres ?
Jean-Marc Bassetti : Le deuxième opus que je suis en train de préparer s’appellera « Ça s’est peut-être passé comme ça »… C’est peut-être ce que tu appelles l’histoire secrète. Des choses que l’on ne sait pas. Ou du moins, on sait qu’elles ont eu lieu, mais on ne sait pas comment elles se sont passées. Par exemple, Kennedy et Marilyn Monroe ont-ils été amants ? Quel est l’envers du décor de la chanson « Happy Birthday Mr President » ? Personne ne le sait. Moi non plus. Alors, je l’invente… je suis d’accord avec toi, ce n’est pas la vraie histoire. Mais comme on ne connait pas la vraie, ça me plait bien de donner ma version. Le texte s’appelle « Je saurai être discrète ». Il y a eu plusieurs heures de recherche et de documentation avant de commencer à écrire.
 
 
Actusf : Tu viens de sortir un recueil de nouvelles uchroniques que tu as auto-édité : peux-tu nous raconter l’aventure que celui-ci a constitué, son écriture, le choix des nouvelles, et nous expliquer comment on peut se le procurer ?
Jean-Marc Bassetti : Ça a été une belle aventure. J’ai fait le tri, choisi 30 histoires, relu, corrigé, rallongé, raccourci. Puis j’ai cherché comment en faire un livre. Une amie m’a donné une adresse d’imprimeur à Caen. Je me suis adressé à lui et nous avons tiré 300 exemplaires du livre. Ensuite, en auto-édition, c’est presque un travail à plein temps. Il faut se balader avec son bouquin, essayer de dégoter une signature dans une librairie. Le libraire vous prend trois bouquins, en dépôt, sans prendre le moindre risque et vous prend 30 % du prix de vente. Beaucoup de libraires à qui j’écris ne prennent même pas la peine (ou la politesse) de répondre. Je suis arrivé à une séance de dédicace prévue de longue date à Caen. Rien n’était prêt, j’ai passé trois heures dans un recoin du magasin sans même un café. Par contre, une fois, à Bayeux, bien placé à l’entrée de la librairie, invité au restaurant le midi, rencontre avec des gens intéressants. La distribution est un chemin de croix comparée à l’écriture !
On peut se procurer « Juste un petit grain de sable » dans toutes les librairies, sur commande, ou aux éditions du net.
 
 
 
Actusf : Peux-tu nous parler de tes projets en cours et à venir ?
Jean-Marc Bassetti : Après une courte pause, je recommence à écrire, j’ai repris l’écriture régulière sur mon blog mais, comme avant, je n’écris pas que des uchronies. Souvent des textes que j’appelle au fil du temps, comme ils viennent. Comme je te l’ai dit tout à l’heure, j’ai bien l’intention de sortir l’an prochain « ça s’est peut-être passé comme ça » avec une cinquantaine d’histoires courtes. Certaines sont déjà écrites, d’autres sont au stade d’idées et d’autres viendront.
 
 
Actusf : Le mot de la fin t’appartient.
Jean-Marc Bassetti : Je suis content parce que « Juste un petit grain de sable » vient d’être sélectionné par les lecteurs de Monbestseller.com. Plus de 2 500 lectures de mon livre, gratuitement en trois mois. Et au bout, la possibilité de devenir le premier auteur récompensé par le Grand prix du livre non édité, distribué par www.monbestseller.com
Comme je l’écris sur mon blog, je me sens de moins en moins enseignant, de plus en plus écrivain.
Ceux qui apprécient ce que j’écris peuvent me rejoindre sur mon blog et s’inscrire à la mailing list pour recevoir par mail chacun de mes textes dès leur parution.
 
J’ai également une page Facebook auteur.
 
 
Merci à toi de m’avoir donné la parole et à bientôt pour de nouvelles aventures uchroniques.

Bertrand Campeis