Interview John Connolly
de John Connolly
aux éditions ActuSF
Genre : Fantastique
Sous-genres :
  • Fantastique

Auteurs : John Connolly
Date de parution : avril 2010 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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John Connolly a signé son premier conte fantastique. Il livre, ici, quelques uns de ses secrets d’écriture ...

ActuSF : Dans votre livre, on ne voit pas de frontières entre le monde des enfants et des adultes. Pourquoi avoir écrit un livre pour les enfants et les adultes en même temps ?
John Connolly : Comme le dit la dédicace au début du livre : il y a en chaque enfant un adulte en devenir, et en chaque adulte l’enfant qu’il fut. Il n’y a pas vraiment de frontières entre ces deux mondes, c’est nous-mêmes qui la créeont. Je ne suis pas sûr que le livre des choses perdues soit vraiment un livre pour les enfants. C’est vrai, certains adolescents aiment ce livre mais ils le lisent très différemment des adultes la plupart du temps. Ce livre parle de regrets et de pertes et je pense que les enfants et les adolescents sont moins touchés car ils n’ont pas encore vécu la perte et le regret. Mais inévitablement certains se sentent tout de même concernés. Quand j’ai dédicacé mon livre « the Gates » l’année dernière, dans l’Arizona, une jeune fille est venue vers moi et m’a demandée de lui signer une copie du livre des choses perdues. Il l’avait touché parce qu’elle avait perdue sa maman pendant l’année et le livre soulevait quelque chose de vrai et très intime chez elle. Je ne savais pas vraiment quoi lui dire. Je voulais juste la prendre dans mes bras.De ce fait, en dernière page de couverture, j’ai décrit le livre comme un livre sur l’enfance pour adultes, enfin, pour ceux qui le pensent comme ça.

ActuSF :
Avez-vous été comme David quand vous étiez un enfant ? Lisiez-vous beaucoup de livres ?
John Connolly : Beaucoup des chapitres de ce livre sont autobiographiques, heureusement ma mère est encore en vie, merci. Je suis passé à travers une période terrifiante et horrible concernant la perte de mes parents et j’ai souffert de TOC ( troubles obsessionnels compulsifs) et j’ai été tiraillé par les troubles psychiatriques décrits dans le livre. Je dormais également dans une petite chambre dans le grenier avec beaucoup de livres. Je suis pratiquement dans le même endroit, en fait, en ce moment, je travaille dans une petite chambre dans un grenier avec beaucoup de livres. J’étais un vorace de livres quand j’étais jeune et c’est toujours le cas en tant qu’adulte. Donner aux enfants l’envie de lire est la plus belle des faveurs que peut faire un parents à ses enfants. Les livres deviennent des amis, un chemin pour s’échapper, et une nouvelle façon de voir et de comprendre le monde.

ActuSF :
Votre roman est basé sur des vieux contes et légendes, vous ont-ils inspiré ?
John Connolly : J’ai été fasciné par les vieux contes de fée, et plus particulièrement les plus noirs d’entre eux. Ils ont été conçus, non pas pour les très jeunes enfants mais pour les enfants qui étaient pressés de devenir adultes. Par conséquent, ces enfants avaient besoin d’avoir certains éléments de compréhension pour comprendre comment le monde marche. Ces contes noirs sont en fait très profondément psychologiques. Blanche neige, par exemple, touche quelque chose de très intéressant dans la relation entre les mères et leurs filles et la tension qui survient quand la fille grandit et devient plus belle pendant que la mère sacrifie son énergie et sa beauté pour que sa fille survive. Donc, différentes histoires peuvent parler à différents lecteurs de différentes façons, cela dépend de l’éducation, de l’expérience de la vie,etc. Par conséquent, David, le héros du livre, transforme naturellement ses histoires afin qu’elles reflètent la vérité sur son monde et son expérience.

ActuSF :
Pourquoi l’histoire se passe-t-elle durant la seconde guerre mondiale ?
John Connolly : Je ne suis pas sure qu’elle se passe pendant la seconde guerre mondiale. En écrivant, je savais que ca se passerait pendant une certaine période et j’ai pensé au désarroi de ces années de guerre.Elles ont servis de réflexion pour le propre désarroi de David. La période juste avant la deuxième guerre mondiale et jusqu’en 1945 est très intéressante.

ActuSF :
Comment avez-vous choisis vos personnages dans votre livre ? Certains sont vraiment très drôle comme la grosse blanche neige ou Roland, le chevalier homosexuel.
John Connolly : Blanche neige apparue simplement dans la trame de l’histoire. Je n’avais prévu le chemin que les histoires allaient prendre. Elles ont été dénaturées par David. Mais pendant la période où j’écrivais, je connaissais tellement bien le personnage de David que je savais instinctivement quelles histoires lui étaient appropriées. Je voulais les commencer d’une certaine façon et au final … ça changeait ! C’était fascinant, vraiment. Comme Roland, je ne suis pas sûr qu’il soit gay. L’homme biscornu y fait allusion et cela implique quelque chose pire que la vérité avec beaucoup de conséquences. Concrètement, on ne retrouve dans le livre que certains éléments sur la camaraderie entre deux hommes et plus particulièrement sur les compagnons d’armes. L’homme biscornu insunue également que Roland est pédophile parce qu’il est gay. Nous savons que ce n’est pas vrai mais, à cette période là, quand les attitudes étaient considérablement moins tolérantes et moins éclairées, c’est possible que ce fut une supposition.Dans ce livre, tous les éléments portent sur les réflexions de David et sur ses expériences de la vie.

ActuSF :
C’est votre premier roman fantastique, pourquoi ne pas avoir écrit un roman policier comme vous en avez l’habitude ? Allez-vous écrire un autre roman fantastique dans le futur ?
John Connolly : Toutes les histoires ne peuvent pas avoir la forme d’un roman policier. J’ai déjà écrit un récit d’histoire de fantômes : Nocturnes et il y avait beaucoup d’éléments surnaturels dans les romans de Parker et de « Bad man », donc le livre des choses perdues est une extension naturelle. Je ne suis pas toujours enthousiaste à l’idée d’appeler un roman, roman fantastique, parce que je ne veux pas conditionner le lecteur dans un certains genre. C’est un roman fantastique s’il choisit de lire celui-ci comme tel. Quant à moi, j’ai écrit the Gates l’année dernière, qui est plus une nouvelle fantastique pour des adultes et des enfants intelligents. Je travaille pour la suite de ce roman en ce moment, donc j’aime beaucoup ce genre.

ActuSF :
Avez-vous des auteurs fantastiques favoris ?
John Connolly : J’ai adoré John Wyndhman quand il était jeune, particulièrement « The Chyrsalids and The Kraken Wakes ». Je lis moins de fantaisie maintenant, quoique ... j’aime beaucoup Terry Pratchett !

Noémie