Interview Maite Carranza
de Maite Carranza
aux éditions
Genre : Interview

Auteurs : Maite Carranza
Date de parution : avril 2013 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

Lire tous les articles concernant Maite Carranza

Maite Carranza est l’auteur de la trilogie du Clan de la louve. Nous avons profité de sa venue au Salon du livre de Paris pour lui poser quelques questions.

Actusf : Pourriez-vous vous présenter aux lecteurs d’ActuSF ?
Maite Carranza : Je suis écrivain et dessinatrice, j’ai également été professeur. J’écris de nombreuses et très différentes histoires : fantasy, fantastique, thriller, aventure…
L’année dernière, j’ai eu la chance d’être traduite dans beaucoup de langues, comme par exemple avec ma trilogie Le Clan de la louve qui est parue en France chez Pocket et qui a très bien marché dans divers pays. Ça me permet de découvrir d’autres cultures, d’autres lecteurs et voyager…
J’ai aussi reçu l’année dernière en Espagne un important prix littéraire pour la jeunesse, il s’agit du Prix National de la Jeunesse pour mon roman Paroles empoisonnées (il vient tout juste de sortir aux éditions J’ai lu).
 
 
Actusf : Concernant votre série Le clan de la louve, quelles ont étés vos sources d’inspiration ?
Maite Carranza : J’ai étudié l’anthropologie à l’université, j’avais beaucoup d’intérêt envers les sorcières et la sorcellerie en général. J’ai donc étudié ce sujet… Le fait de conter une aventure permettant de découvrir les sorcières m’intéressait beaucoup. Il s’agissait de femmes persécutées, victimes de l’incompréhension des autres, et j’ai pensé qu’il y avait la possibilité de donner une image de la sorcière, celle d’une personne bonne, qui soigne et aide son prochain. Elles ont également un lien particulier à la nature.
 
J’ai eu l’idée d’inventer différents clans de sorcières et d’associer à chaque clan une qualité particulière. Les sorcières du clan Omar sont mortelles, humaines et bonnes ; elles sont d’ailleurs les personnages principaux de mon roman et ont été détruites par d’autres clans de sorcières bien moins gentilles. Ainsi commence mon histoire.
 
 
Actusf : Parlons de votre roman Paroles empoisonnées, pouvez-vous nous en faire un résumé ?
Maite Carranza : C’est complètement différent de ma trilogie du Clan de la louve. Pas de fantastique dans ce livre mais plutôt du suspense. Il s’agit d’un véritable thriller psychologique qui a pour sujet principal les abus sexuels.
Il raconte l’histoire d’une jeune fille qui a disparu à l’âge de 15 ans. Personne ne sait où elle est passée, mais tout le monde est convaincu qu’elle est morte, cela étant l’hypothèque la plus probable… Mais ça n’est pas le cas, elle est emprisonnée, mais nous ne savons pas qui l’a enfermée…
Nous découvrons ainsi la terrible et douloureuse histoire de Barbara ainsi que celle de ses proches qui la cherchent.
Il s’agit d’une fiction, mais j’ai été inspirée par des faits divers, notamment celui de Natascha Kampush (ndlr : Jeune femme enlevée et séquestrée de 1998 à 2006, elle a d’ailleurs écrit un témoignage : 3096 jours), ou encore celui de la jeune fille enfermée par son père durant plus de 21 ans et avec laquelle il a même eu des enfants qui n’ont jamais vu la lumière du jour, c’est horrible. Ces faits incroyables sont des sources d’inspiration pour mon roman.
 
 
Actusf : Vous êtes une des rares auteures espagnoles à être traduite en France dans le genre du fantastique, vous sentez-vous porteuse d’une autre culture de l’imaginaire ?
Maite Carranza : J’ai effectivement essayé de créer un monde différent de ceux que l’on rencontre traditionnellement dans la littérature fantastique comme Harry Potter et autres.
Je me suis inspirée de la mythologie celtique, ainsi que la mythologie gréco-latine. J’ai ainsi créé mes sorcières après avoir collecté assez de données réelles sur les sorcières de l’époque en Europe. Des chercheurs et des anthropologues m’ont ainsi apporté leurs connaissances.
 
 
Actusf : Quels sont maintenant vos projets ? Avez-vous envie de tenter un autre genre littéraire ? 
Maite Carranza : J’essaye toujours de changer de genre littéraire, c’est beaucoup plus stimulant !
J’écris beaucoup de scénarios : pour des comédies, des séries dramatiques et encore d’autres choses encore.
Mon dernier roman en date en Espagne est destiné aux adultes, son nom est El fruit del baobab, c’est facile à traduire en France : Le fruit du Baobab. Mais il s’agit d’un roman difficile, qui n’est pas adapté aux adolescents ou aux jeunes lecteurs. Il raconte la vie de femmes qui viennent d’Afrique et qui arrivent en Espagne.
 
Mais j’écris également en même temps des romans humoristiques pour les enfants. C’est pour moi une façon de parler de sujets que l’on ne peut pas toujours traiter sous d’autres formes avec eux. Le personnage principal s’appelle Victor. Ça n’est pas encore traduit en France. 

Laura Vitali