Interview : Olivier Gechter pour la collection Hélios Noir
de Olivier Gechter
aux éditions

Auteurs : Olivier Gechter
Date de parution : mars 2015 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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A l’occasion du lancement de la collection Hélios Noir chez les Indés de l’imaginaire, rencontre avec l’un de leurs premiers auteurs publiés, Olivier Gechter pour son polar fantastique Evariste.

ActuSF : Comment est née l’idée de ce roman ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un polar surnaturel ?
 
Olivier Gechter : L’idée est partie d’une blague entre collègues ingénieurs. L’un d’eux ressemblait à un Harry Potter monté en graines. J’ai commencé à l’imaginer résolvant des problèmes techniques à grand coups de baguette magique. Je me lançais dans la nouvelle à l’époque, alors j’ai essayé de faire de cette idée un texte court. C’était déjà un polar. Le genre s’est imposé à moi sans que j’ai mon mot à dire. Sans doute parce que c’est ce qui va le mieux à mon personnage et à son métier. Cette première nouvelle n’était pas à la hauteur de mes ambitions, mais j’étais déjà convaincu que le personnage allait avoir un avenir, mais en roman. J’ai mis des années à peaufiner le personnage et son entourage avant de me lancer d’un coup, en 2009.
 
ActuSF : Le roman ressort dans la nouvelle collection de poche Hélios, dédiée au polar. Parle nous un peu de ton rapport avec ce genre ? Tu es amateur de romans policiers ou de thrillers ?
 
Olivier Gechter : Je lis des polars depuis le Club des Cinq, c’est dire si ça remonte à loin. Au collège, la bibliothèque contenait des dizaines de polars, contre quelques romans fantastiques seulement. J’en lisais donc un certain nombre par an. Des Simenon, des Nestor Burma, plus tard je découvris San Antonio, René Belletto etc. 
Mon premier thriller, je m’en souviens très bien. C’était Le poisson chinois a tué Hitler, de Jean Bommart. Je l’ai adoré. J’ai lu tout ce que je pouvais dans le même genre. Quand j’ai découvert qu’on pouvait mélanger SF, polar et thriller, j’ai failli devenir fou de bonheur.
Du coup, chez moi, j’ai une bibliothèque aussi bien fournie en polar qu’en SF. J’aime particulièrement Jo Nesbo, les enquêtes du Juge Ti et la série Nicolas Le Floch de Jean François Parot. 
 
ActuSF : Comment vois-tu ton héros, Evariste Cosson ?
 
Olivier Gechter : C’est le personnage que j’aimerai être. Il n’hésite pas à se lancer dans de grandes entreprises, il ne se décourage pas malgré les obstacles (même s’il râle énormément). Et surtout c’est un être rationnel, même s’il évolue dans un milieu qui ne l’est pas. Il souhaite apporter une explication logique et scientifique aux phénomènes qu’il utilise dans son travail quotidien.
Par contre, ce n’est pas un détective de vocation. Ce qu’il veut, c’est utiliser ses dons magiques pour créer une nouvelle industrie. L’enquête qu’il doit mener découle de ce métier, et il s’en serait volontiers passé.
 
 
ActuSF : L’un des ressorts de ton roman, c’est son humour avec notamment ce décalage entre le surnaturel et la réalité bassement matérielle des notes de frais. Comment as-tu travaillé sur ce dynamisme et sur cet humour ?
 
Olivier Gechter : Le dynamisme est venue en travaillant le plan dans ce sens. J’ai volontairement alterné deux intrigues (une principale et une secondaire nourrissant la première) et ajouté des problématiques plus personnelles pour lier les deux. Un peu comme si j’avais mélangé une enquête du Juge Ti avec un épisode de Spiderman
Pour l’humour, je me suis laissé aller. La réalité de notes de frais, c’est mon pain quotidien, ça fait longtemps que j’ai appris à en rire (quand on a le choix entre rire ou déprimer, j’ai tout de suite choisi mon camp). Mais faire rire, c’est du travail : après chaque chapitre, je relisais mon texte et si je ne riais pas assez, je recommençais à zéro. 
J’ai aussi caricaturé des gens que je connaissais. Pratiquement tous les personnages du roman sont des personnages réels à qui j’ai donné un rôle. Du coup je me suis rarement autant amusé en écrivant. J’ai été soulagé de voir que mes relecteurs riaient aussi.
 
ActuSF : Je sais que tu as commencé à travaillé sur la suite. Est-ce que tu peux nous en dire un petit mot ?
 
Olivier Gechter : Evariste, toujours à la recherche de liquidités, va devoir travailler dans le milieu musical, entre l’opéra Bastille et le Stade de France, où des événements occultes se préparent. Il y aura du rock, de la pop ! En parallèle, le comparse d’Evariste, Isidore Bomba, lui rappelle la promesse qu’il lui a faite de l’aider et Nadine, son amie, insiste pour assister au concert de trop d’un artiste sur le retour. Ce qui ne va pas simplifier les choses.
 

Jérôme Vincent