Interview Pasquale Del Vecchio
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de Pasquale Del Vecchio et Pasquale Del Vecchio
aux éditions Les Humanoïdes Associés
Genre : SF

Scénariste : Pasquale Del Vecchio
Dessinateur : Pasquale Del Vecchio
Date de parution : mars 2002 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : interview
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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Quelques semaines avant la sortie de sa première BD en France, Russel Chase aux éditions Les Humanoïdes Associés, voici une petite interview en avance de Pasquale Del Vecchio, un auteur italien à découvrir.

ActuSF : Vous n’êtes pas très connu en France ; pouvez-vous évoquer votre parcours ?
Pasquale Del Vecchio : Eh bien, je peux dire que je travaille à plein temps dans la BD depuis 1992. Je n’ai jamais suivi de cours sur la BD et je n’ai fait aucune école spécialisée. J’ai passé un Bac scientifique puis j’ai obtenu un diplôme d’architecture à Milan. J’ai toujours adoré dessiner  ; du plus loin qu’il m’en souvienne j’ai toujours dessiné. Dans mes souvenirs d’enfance, je me vois souvent assis quelque part en train de dessiner. Raconter une histoire ou communiquer à travers le dessin a toujours été pour moi un besoin vital, cependant dans le monde de la BD je me considère en fait comme un autodidacte. J’ai appris en regardant des BD et en essayant d’imiter les dessinateurs selon mes inclinations du moment. Même en peinture j’ai toujours préféré les artistes figuratifs. Ma formation s’est accélérée lorsque j’ai rejoint le "Comics Studio", le contact avec des professionnels qui étaient dans le milieu de la BD depuis des années (Giampiero Casertano, Carlo Ambrosini, Enea Riboldi…) m’a fourni l’opportunité de comprendre certaines choses plus tôt que je ne le pensais.

ActuSF :J’imagine que vous avez aimé les comics depuis votre enfance. Quels sont les albums ou auteurs qui vous ont marqué et vous ont donné envie de faire ce travail ?
Pasquale Del Vecchio : Je me souviens avoir ressenti mes premiers frissons de bédéphile à la lecture de Joe Kubert, quand tout petit j’ai découvert son personnage de Tarzan, si dynamique et sauvage. Quelques années plus tard, j’ai fait la découverte d’Hugo Pratt, non pas encore Corto Maltese, mais Sergente Kirk ; nourrissant alors un très grand intérêt pour le Far West et les indiens. J’étais fasciné par la justesse "philologique" avec laquelle il abordait le sujet ainsi que par l’originalité de son dessin. Toujours en rapport avec ma passion pour le Far West, un autre dessinateur fit sur moi forte impression : Giovanni Ticci, le dessinateur de Tex. Plus tard, José Muñoz en particulier m’impressionna beaucoup  : son trait expressioniste, ses noirs et blancs très tranchés m’ont longtemps fasciné. Quelques années plus tard ce fut le tour de Moebius avec tout son potentiel graphique. Pour finir, je citerai Andrea Pazienza, un artiste sans doute très peu connu en France, il parvenait à exprimer avec la même capacité exceptionnelle autant le tragique que le comique et pouvait transmettre par un dessin tout simple les émotions les plus vives. Voilà pour les artistes qui m’ont plus marqué que d’autres mais en plus de ceux là, il y en a assurément beaucoup d’autres. Si j’avais plus d’espace et de temps, je pourrai remplir des pages entières.

ActuSF : Comment sont nées les aventures de Russell Chase ?
Pasquale Del Vecchio : Tout a commencé avec un projet que j’ai soumis aux Humanos il y a de ça quelques années, le scénario de la BD était écrit par un ami (Giovanni Gualdoni). L’éditeur ne croyait pas vraiment au projet mais m’a par la suite envoyé un script en me demandant si ça m’intéressait de le dessiner : il s’agissait en fait de Russell Chase. J’ai trouvé le projet très intéressant et c’est ainsi que tout a commencé.

ActuSF : Graphiquement, quelles étaient vos envies avec ce comics ?
Pasquale Del Vecchio : Ce qui, dans ce projet, m’enthousiasmait surtout, c’était la possibilité de créer un personnage de toutes pièces puisqu’il n’existait pas auparavant, lui donner un visage et créer tout un monde autour de lui : ses amis et ennemis, la maison où il vit, les habits qu’il porte et sa manière de les porter. De plus, avec Russell Chase j’avais la possibilité de produire un genre de BD différent de ce que j’avais fait jusque-là : une mise en pages différente, un autre style de dessin avec moins de noir puisque le rendu du volume est obtenu ou laissé à la couleur. En bref, une opportunité de faire quelque chose de nouveau et de changer. Dans ce secteur je trouve cela d’une importance vitale.

ActuSF : Quel genre de relation avez-vous avec le scénariste  ? Comment avez-vous travaillé avec lui ?
Pasquale Del Vecchio : J’ai rencontré le scénariste pour la première fois en février à Angoulême. J’avais lu ses deux premiers volumes de la série Millénaire et j’avais trouvé très intéressante sa façon de traiter le sujet et sa façon antiréthorique de mettre en scène le Haut Moyen Age. Avant de rencontrer Olivier (qui est quelqu’un d’adorable, toujours serviable et bon compagnon), mon interlocuteur a toujours été Philippe Hauri, qui a suivi les différentes étapes de développement et de production du premier volume avec beaucoup de patience et de gentillesse. Je vais peut-être aussi avoir désormais la possibilité de contacter directement Olivier surtout pour tout ce qui concerne les problèmes de référence et de documentation. Russell Chase voyage beaucoup dans de nombreuses parties du monde et ce n’est pas toujours simple de trouver tout ce qu’on doit dessiner.

ActuSF : Est-il difficile de travailler avec quelqu’un qui se trouve à plusieurs centaines de kilomètres ?
Pasquale Del Vecchio : Pas particulièrement. De nos jours, les distances comptent à peine dans la communication. A bien y réfléchir peut-être cette distance m’a-t-elle virtuellement aidé à me sentir plutôt libre. Bien sûr, je suis conscient que pouvoir parler au scénariste aide à mieux comprendre comment il a conçu le personnage, comment il l’imagine, comment il le veut. Cependant, j’espère rattraper le temps perdu avec les prochains festivals d’Angoulême en espérant améliorer mon français.

ActuSF : Publier en France était-ce un vieux rêve ou une opportunité ?
Pasquale Del Vecchio : Je pense que cela a été l’occasion de réaliser un vieux rêve. J’ai toujours été fasciné par le fait qu’en France les BD sont vendues en librairie et que l’opinion publique suit de près ce mode d’expression.

ActuSF : Quels sont vos projets pour cette année 2005  ?
Pasquale Del Vecchio : En 2005, je devrais terminer le second volume de Russell Chase et après je commencerai à travailler sur un épisode de Tex, un personnage de BD très célèbre en Italie. J’ai lu et suivi ses aventures avec beaucoup de passion depuis mon enfance. Au total, cette année s’annonce pleine d’échéances professionnelles très stimulantes.

Jérôme Vincent