Interview Robert Charles Wilson sur Vortex
de Robert Charles Wilson
aux éditions
Genre : Actes de colloque

Auteurs : Robert Charles Wilson
Date de parution : mars 2015 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

Lire tous les articles concernant Robert Charles Wilson

A l’occasion de la réédition de Vortex chez Folio SF, Robert Charles Wilson a répondu à quelques questions.

Actusf : Vortex est sorti quatre ans après Axis. Pourquoi ce délai ? Est-ce que vous aviez besoin de vous éloigner de cette trilogie pour mieux y revenir ?
Robert Charles Wilson : En partie, oui. Mais j’ai aussi pris du temps pour écrire Julian Comstock, un livre qui a commencé à prendre forme pendant que j’écrivais Axis. C’était un projet plus urgent, qui demandait à être écrit immédiatement. Vortex était un roman plus patient.
 
Actusf : Vortex est fortement empreint d’écologie : surutilisation des énergies fossiles, une Terre devenue complètement inhospitalière... C’est une thématique qui semble revenir avec vos derniers romans, comme dans Julian. Comment l’expliquez-vous ?
Robert Charles Wilson : C’est un sujet qui devrait tous nous concerner, non ? La grande vision romantique des débuts de la science-fiction – ces concepts de progrès technologique perpétuel, de dignité et d’égalité humaines, d’expansion spatiale – est allée droit dans le mur. Je crois toujours à cette grande vision mais je pense que ce n’est pas nous rendre service que de ne pas se poser ces questions écologiques vitales, si nous ne trouvons pas un moyen de voir à travers elles un monde plus juste, plus hospitalier et réellement durable.
 
Actusf : La fin et les révélations sur la nature des Hypothétiques étaient-elles prévues depuis le début ou sont-elles arrivées plus tard ?
Robert Charles Wilson : J’ai compris le principe de la nature des Hypothétiques au début. Mais beaucoup de détails se sont mis en place alors que j’écrivais Vortex.
 
Actusf : Pensez-vous revenir dans cet univers à l’avenir ? Peut-être une nouvelle sur ce qui s’est passé sur Mars ? Ou vous avez exploré tout ce qu’il y avait d’intéressant à exploiter ?
Robert Charles Wilson : Cela aurait été amusant de regarder de plus près à Mars mais non, pour le moment, je ne prévois pas d’écrire de nouvelle histoire dans cet univers.
 
Actusf : Dans la plupart de vos romans, vous racontez toujours l’histoire du point de vue des plus humbles jamais des figures majeures. Pourquoi ce choix ? 
Robert Charles Wilson : Je n’ai pas d’explication à part que j’ai toujours été plus intéressé par les fantassins que les généraux, par les civils plutôt que les soldats et par les citoyens plutôt que par ceux qui les gouvernent.
 
Actusf : La plupart de vos romans se déroulent de nos jours ou dans un futur assez proche. Était-il difficile de se projeter dans dix mille ans ?
Robert Charles Wilson : Je crois que c’est l’un des tours littéraires les plus difficiles à réussir correctement et j’admire les écrivains qui arrivent à le faire systématiquement.
 
Actusf : Une de vos nouvelles a été traduite pour l’anthologie des Utopiales, « The Observer », parue dans le recueil The Perseids. Pouvez-vous la présenter aux lecteurs français ?
Robert Charles Wilson : Cette nouvelle a plusieurs années. Je l’ai écrite pour une anthologie, The UFO Files, et je voulais approcher l’idée de visiteurs extraterrestres d’une autre manière. Ça a aussi été ma première nouvelle à intégrer des personnalités historiques en tant que personnages (bien que le personnage principal soit de ma propre invention). La problématique des OVNI, pour moi, reflète bien les années 1950. C’est à cette époque que se situe la nouvelle, dans la Californie où j’ai grandi. Là où les idées excentriques étaient choses courantes et où il était facile de rencontrer des gens prétendant posséder la clé de l’univers.
 
Actusf :  Votre roman, Burning Paradise (Les Derniers jours du Paradis chez Denoël), est sorti en septembre 2014 en France. C’est une uchronie dans laquelle le XXe siècle a été bien plus pacifique que dans notre histoire. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Robert Charles Wilson : Le paradis cité dans le titre n’est pas une utopie littérale, c’est simplement un meilleur monde que le nôtre. Un monde qui s’est tourné vers la paix et le bon sens à la fin du XXe siècle. Le personnage principal est une jeune femme qui apprend qu’il y une force non humaine derrière ce long et plaisant siècle « idéal », que cette paix a été construite pour une raison. Plusieurs questions apparaissent alors : comment évalue-t-on l’autonomie humaine ? Devrions-nous rejeter une puissance extraterrestre manipulatrice, même si elle contribue à un bénéfice tangible pour nous ? Avons-nous un devoir moral de « brûler ce paradis » ?
 
Actusf : Je crois que c’était votre première uchronie. Avez-vous travaillé différemment par rapport à vos autres romans ?
Robert Charles Wilson : J’ai déjà écrit de l’uchronie avant mais j’ai dû construire ce scénario avec un soin particulier. Beaucoup de la parahistoire que j’ai assemblée n’est qu’implicite dans le texte final ; j’ai dû me restreindre d’insérer de longs passages d’exposition qui auraient ralenti la narration.
 
Actusf : Sur quoi travaillez-vous actuellement ? Quels sont vos projets ?
Robert Charles Wilson : Je suis sous contrat pour trois romans indépendants les uns des autres. Burning Paradise est le premier. En ce moment je travaille sur The Affinities, prévu pour le mois d’avril, une histoire, dans un futur proche, autour d’un nouveau genre de réseau social et comment il amène au renversement des normes sociales et politiques. Après, j’écrirai The Last Year, un roman de voyage dans le temps. J’ai aussi quelques nouvelles sur le feu.
 
 
 

Marie Marquez