aux éditions
Sous-genres :
- Uchronie
Auteurs :
Alain Grousset
,
Danielle Martinigol
Date de parution : septembre 2010
Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
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Danielle Martinigol et Alain Grousset viennent de sortir un nouveau roman dans la collection Ukronie de Flammarion. Un titre jeunesse qui évoque l’odorat et son influence dans notre vie...
Danielle Martinigol : Le livre est né d’une demande d’Hélène Wadowski, directrice du département jeunesse chez Flammarion. Elle nous connait bien, nous avions déjà travaillé ensemble pour elle sur la série Kerri et Mégane chez Nathan. Elle nous a « commandé » un roman pour Ukronie. Alain ne voulait pas, par déontologie, écrire pour sa propre collection. Mais moi ça me tentait vraiment, alors il a mis ses scrupules de côté.
Alain Grousset : Finalement, je n’ai pas été dur à convaincre, car si j’ai créé la première collection uchronique c’est bien que le sujet m’intéressait. Alors écrire une uchronie, quel plaisir !
Danielle Martinigol : Nous tenions à situer notre histoire dans le monde contemporain. Nous avions envie que nos lecteurs retrouvent des éléments très familiers tout en découvrant une énorme différence. Nous avons pensé aux cinq sens et tout est parti de là…
Alain Grousset : Oui, je voulais inventer une uchronie qui ne soit pas foncièrement historique, montrer qu’il est possible d’agir sur d’autres paramètres pour vriller notre Histoire.
Danielle Martinigol : L’action se déroule essentiellement dans trois pays : la Tanzanie, la Suisse et la France qui est une grande puissance coloniale. La Tanzanie appartient d’ailleurs à la Confédération Française. Partout les enfants sont testés très jeunes pour savoir à quelle classe d’Odorants ils appartiennent. Les êtres humains sont désormais Odorant Animal, Minéral ou Végétal. Plus personne ne sent tout.
Alain Grousset : Les gens ont une fausse vision des 5 sens. Ils pensent immédiatement que la vue est primordiale, or c’est le toucher qui est indispensable. Sans le toucher, impossible de se tenir debout. L’odorat a été plus important hier qu’aujourd’hui, mais je pense qu’il va reprendre une place de choix… en matière de sécurité. Les nez électroniques se mettent peu à peu en place et participeront très vite à la traque des humains.
Danielle Martinigol : Si la France est une grande puissance, c’est parce que le virus de la grippe tel que nous l’avons imaginé, a tué des dizaines de dirigeants politiques et que l’échiquier mondial s’en est trouvé bouleversé. Ainsi la Russie est toujours un empire. Et la décolonisation de l’Afrique n’a pas eu lieu.
Alain Grousset : Dans notre "monde", elle a eu de graves conséquences, tuant plus de gens que la première guerre mondiale.
Danielle Martinigol : C’est Alain qui a baptisé Mathis. Je me suis ensuite amusée à fabriquer un sigle à partir de son prénom pour un rebondissement dans l’intrigue. Mathis est un jeune homme plutôt timoré qui va découvrir le monde dans lequel il vit lors d’une quête à la recherche de son passé. Il va trouver l’amour au passage. C’est une structure classique de roman jeunesse.
Alain Grousset : Comme un adolescent normal, avec les mêmes interrogations, doutes, affres que les autres. Et un peu plus de nez !!!
Alain Grousset : La doc est forcément nécessaire. Le plus dur est de s’en affranchir ensuite pour ne se consacrer qu’au romanesque de l’histoire.
Danielle Martinigol : Toute la partie médicale du roman a demandé beaucoup de recherches. J’étais devenue incollable sur les virus H1N1, H2N2 etc… (rires) Alain s’en moquait éperdument, mais moi je tenais à une caution scientifique dans le livre. Ma fille est chercheuse en chimie pharmaceutique. Ceci explique sans doute cela.
Alain Grousset : La religion me fascine. L’homme ne peut s’empêcher de se créer des dieux qui vont l’asservir ensuite. Car, bien sûr, beaucoup d’hommes sans scrupules ou pire, par conviction, sont prêts à tout pour devenir les représentants de ces dieux. Les Flagellants sont de ceux-ci. Ils reviennent à chaque calamité frappant l’humanité.
Alain Grousset : Pierre Bordage va terminer sa trilogie commencée avec "Ceux qui sauront" et "Ceux qui rêvent". Ensuite c’est au père Colin de s’y coller…
Danielle Martinigol : Je vais reprendre le temps d’une anthologie, ma casquette de prof que j’ai laissée l’an passé sans hésiter au profit de la retraite. Flammarion me demande une antho d’extraits de romans de Jules Verne pour les classes de quatrième. Je vis avec Nemo, en ballon, de la Terre à la Lune en ce moment !
Alain Grousset : Je suis dans les chemins de fer ! Une histoire à l’époque pionnière des locos. Mais, je pense qu’on refera quelque chose ensemble. On ne peut pas s’en empêcher !


