Interview Stéphanie Nicot (2008)
de Stéphanie Nicot
aux éditions
Genre : Anticipation

Auteurs : Stéphanie Nicot
Date de parution : mai 2008 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Depuis 2002, Stéphanie Nicot est la directrice artistique du festival Imaginales d’Epinal. Petite interview sur l’édition 2008

Actusf : Pour les lecteurs qui n’ont pas forcément encore eu la chance d’y aller, comment présenterais-tu les Imaginales ?
Stéphanie Nicot : Le festival français des mondes imaginaires ! Le seul à rassembler une centaine d’artistes, écrivains mais aussi sculpteurs, peintres, illustrateurs autour d’une thématique vaste mais néanmoins commune… Le seul à mêler fantasy et roman historique, anticipation et conte, réalisme magique et fantastique dans les mêmes cafés littéraires et à avoir réussi son pari initial : décloisonner les genres que nous aimons et les mêler à d’autres littératures.
Les Imaginales, c’est aussi le seul festival aussi à décerner un prix de fantasy doté de plusieurs milliers d’euros de prix, signe de la considération que la Ville d’Épinal porte aux créateurs.
 Et puis, tout le monde s’en fait l’écho, aux Imaginales il règne un climat particulier, ce qu’on s’accorde à baptiser convivialité. C’est pour cela aussi que les festivaliers s’installent de plus en plus nombreux à Épinal car ils savent que nulle part ils ne pourront aussi facilement partager des moments exceptionnels avec leurs auteurs favoris.
 
Actusf : Quels sont les auteurs phares cette année ?
Stéphanie Nicot : Tous, d’une certaine façon ! S’ils sont invités, c’est qu’ils ont du talent…
Pour la notoriété, Bernard Werber, présent la 1ère année et qui nous revient. Ou Didier Daeninckx, l’une des grandes signatures du roman noir français. Et nos invités étrangers : Élisabeth Vonarburg, Sean Russell, Tad Williams – c’est son 1er festival français ! – et, bien sûr, Robin Hobb, l’une des stars mondiales de la fantasy. Mais les Imaginales, c’est aussi le lieu où de jeunes auteurs font leurs premières armes et où leur talent, que nous avons remarqué, s’impose. Georges Orwell disait, dans 1984, que « le pouvoir, c’est le pouvoir de faire mal ». Le seul pouvoir que nous nous sommes octroyés, aux Imaginales, à l’inverse, c’est celui d’aider les créateurs à trouver leur public et à attirer l’attention des éditeurs. Un Sire Cédric s’est gagné un public ; à Épinal cela se voit de plus en plus, et nos libraires nous le confirment… Si nous pouvons l’aider un peu, à gagner un an ou deux pour s’imposer comme un auteur majeur du fantastique français, nous aurons été utiles à l’imaginaire. C’est aussi le sens de notre « Coup de cœur » destiné à attirer l’attention du public et de la presse sur un auteur au talent confirmé mais encore trop discret. Cette année, c’est l’œuvre exceptionnellement brillante de Mélanie Fazi que nous avons voulu saluer. Et puis, la surprise, c’est ma lecture du recueil de fantasy de Jean-Philippe Jaworski : Janua Vera. C’est une grande claque littéraire, comme je n’en avais pas reçue depuis plusieurs années, depuis La Horde du contrevent.
Pierre Bottero qui sera là pour la 1ère fois.
Et l’astrophysicien et romancier historique Jean-Pierre Luminet.
Et puis des écrivains comme Ayerdhal, Pierre Bordage ou Henri Lœvenbruck, qui se sont gagné un vrai public, qui signent des scénarios de films ou dont on voit désormais les affiches de pub dans le métro (coucou Henri !). J’en oublierai que ce sont de fortes ventes, voire des best seller tout simplement parce que, pour moi, Yal, Pierre ou Henri, ce sont avant tout des copains !
 
Actusf : Robin Hobb est de retour. Pourquoi l’avoir ré-invitée et à quelles occasions pourra-t-on la rencontrer ?
Stéphanie Nicot : Parce que nous l’aimons, tout simplement ! Robin Hobb a conquis toute l’équipe par sa chaleur humaine, son ouverture d’esprit, sa simplicité… Son talent arrive presque en plus. Voilà typiquement le genre d’écrivain que nous aimons inviter régulièrement. Et nous la réinviterons ! Son succès public est désormais incontournable en France et nous avons beaucoup de chance qu’elle se sente si bien chez nous, à Épinal. Et elle a tellement de choses à dire que les échanges que nous aurons avec elle tout au long du festival seront un des temps forts de cette édition 2008. Ses lecteurs pourront même, pour peu qu’ils comprennent l’anglais, participer à un déjeuner-débat avec elle…

Actusf : Les Imaginales, c’est un espace où l’on trouve des livres et des auteurs mais il y a aussi des conférences et des expos. Quels seront les temps forts de cette édition ?
Stéphanie Nicot : C’est la question impossible pour une directrice artistique ! ;-)
Mais, bon… Le grand entretien avec Robin Hobb, « une Américaine soucieuse d’universel » samedi 24 mai, à 17 heures, bien sûr. Et aussi, le même jour, un café qui va « swinguer » :
Histoire récente… (1914-1918, 1939-1945…), histoires dangereuses ! avec Ayerdhal, Didier Daeninckx, Johan Heliot, Roger Martin. Le Café littéraire qui parlera des complots d’hier et d’aujourd’hui, avec Didier Daeninckx, Olivier Delcroix, Henri Lœvenbruck, Jean-Marc Ligny
Tant d’autres encore…
 
Et le spectacle de Gilles Servat, entre conte celtique et tour de chant.
Du spectacle vivant aussi, cette année, une nouveauté.
 
Actusf : Il y a également du cinéma, peut-on évoquer la programmation ? Comment le choix des films s’est-il fait ?
Stéphanie Nicot : En partenariat avec le directeur du cinéma Palace, nous avons fait le choix, cette année, d’une programmation ramassée mais grand public : trois films nouveaux à l’affiche, dont le nouveau Indiana Jones…

Actusf :  On aura notamment le plaisir de voir Iron Man mais aussi Planète interdite. Qu’évoque ce film pour toi ?
Stéphanie Nicot : Ma jeunesse ? ;-)
Un classique, non par nostalgie mais pour mesurer le chemin parcouru dans les effets spéciaux. Mais aussi un regard étonné sur la science-fiction de Papa !
 
Actusf : Parlons des illustrateurs et notamment de Michel Borderie qui a fait l’affiche du festival. Comment pourrais-tu le présenter ?
Stéphanie Nicot : Choisir le nom de celui qui va réaliser l’affiche du festival, sa communication, et donc symboliser nos objectifs est sans doute la plus lourde responsabilité que je prenne, même si, courageuse mais pas héroïque, je m’assure que Bernard Visse, le directeur de l’action culturelle de la Ville, approuve mon choix. Ainsi, nous assumons ensemble la responsabilité de ce choix essentiel
pour l’image du festival...

Actusf : C’est un des rares salons dont l’entrée est gratuite. Pour quelle raison ?
Stéphanie Nicot : Parce que la Ville d¹Épinal a voulu que les Imaginales soit un festival tourné vers le plus large public, ouvert à tous, en particulier les jeunes et ceux qui n’ont pas toujours les moyens d’accéder à la culture lorsqu’elle est payante. Et ce choix, je l’approuve totalement !

Actusf : Qu’est-ce qui te pousse à continuer cette aventure ?
Stéphanie Nicot : C’est tellement évident ! Combien sommes-nous à pouvoir ainsi travailler avec les écrivains que nous aimons ? Professionnelle de l’imaginaire ? C’est vrai. Mais je reste encore celle qui, il y a vingt ans, lisait ses auteurs préférés sans rêver un seul instant de pouvoir les inviter vingt ans après. La magie, c’est aussi ça, des rencontres, non ?
 
Actusf : Y a-t-il des auteurs que tu rêverais d’inviter ?
Stéphanie Nicot : Hormis ceux qui relèvent du rêve, comme Stephen King, ceux qui seront là en 2009 !
 
Actusf : As-tu déjà des pistes pour l’année prochaine ?
Stéphanie Nicot : Bien sûr… Même si nous avons toujours des acceptations de dernière minute, un festival comme les Imaginales se prépare plus d’un an à l’avance… Les premières invitations d’auteurs américains sont déjà parties ! Mais rien ne serait possible sans ces « vigies » du festival qui me suggèrent un nom, attirent mon attention sur un livre
Mais, comme aurait dit Philip K. Dick, en attendant l’année dernière, l’édition 2008 des Imaginales commence le 22 mai !

Jérôme Vincent