Interview d’Alastair Reynolds
de Alastair Reynolds
aux éditions
Genre : Interview

Auteurs : Alastair Reynolds
Date de parution : novembre 2011 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Alastair Reynolds est un auteur réputé de science-fiction. Son livre Janus, écrit en 2005, est sorti récemment en France.

ActuSF : Nous pouvons remarquer dans vos livres que vous êtes vraiment spécialisé dans la science-fiction et le space opera. Pourquoi êtes-vous aussi passionné par les étoiles et les voyages interstellaires ?
 
Alastair Reynolds : Je ne pense pas que l’on puisse avoir le choix des choses qui vous fascinent. Je suis attiré par l’espace et l’exploration spatiale depuis tout petit. Je ne sais pas d’où vient cette obsession. Mes parents m’avaient donné un poster avec les planètes quand j’étais petit – peut-être est-ce cela, ou bien Star Trek  ?
 
ActuSF : Comment est née l’idée de Janus (Pushing Ice) ?
 
Alastair Reynolds : Je voulais écrire sur l’intelligence alienne d’un point de vue différent de ce qui a déjà été fait dans le cadre des livres et histoires ‘Révélation de l’espace’. Dans cet univers, les aliens sont généralement plus avancés que nous, souvent à l’image des dieux et souvent disparus. Dans Janus, ils sont à un niveau de développement technologique similaire au nôtre. J’ai donc dû penser aux règles qui pouvaient faire en sorte que ce soit logique au sein de mon récit.
 
ActuSF : Pensez-vous que votre livre Janus pourrait avoir une suite ? Par exemple sur l’histoire de Svetlana et Parris ? Ou celle de la colonie humaine dans la Structure ?
 
Alastair Reynolds : Tout à fait. J’ai toujours l’intention de revenir dans cet univers, et j’espère bien le faire un jour. Il me reste toutefois quelques livres à faire avant d’avoir la chance d’y repenser.
 
ActuSF : Quel serait le plus fort message que vous pourriez extraire de votre livre, s’il y en a un bien sûr ?
 
Alastair Reynolds : La coopération face à l’adversité ? Les hommes doivent d’abord apprendre à coopérer les uns avec les autres, et seulement après avec les aliens. Sinon, je ne sais pas !
 
ActuSF : Dans votre livre, vous donnez une importance particulière à la réaction des hommes face à leur premier contact alien. A votre avis, quelle serait la pire situation ?
 
Alastair Reynolds : La plus mauvaise situation serait probablement que ce premier contact soit immédiatement suivi de notre annihilation par les aliens ! Je ne pense pas que ce soit réellement possible toutefois. Ce qui serait le plus probable est que le premier contact soit suivi par notre accès à la connaissance alienne, ce qui ne pourrait pas être très bon pour nous. Pas dans le sens de notre extermination, mais nous pourrions perdre notre curiosité intellectuelle si nous avions soudainement accès, par exemple, à la théorie complète et finale de la physique, ou quelque chose comme ça. Il est aussi possible que les aliens aient répondu à d’autres questions qui nous intéressent – quel est l’étendue de la vie dans l’univers, existe-t-il une intelligence supérieure (Dieu ?), une vie après la mort, etc. Nous pourrions ne pas vraiment apprécier les réponses. Non pas que je pense que nous devrions rester vautrer dans notre ignorance mais il n’est pas bon pour nous d’obtenir ces choses sur un plateau plutôt que d’y avoir travaillé nous-mêmes pendant des siècles.
 
ActuSF : Pensez-vous que dans notre situation actuelle mondiale, les humains seraient capables de gérer leur premier contact extraterrestre ?
 
Alastair Reynolds : Selon toute vraisemblance - mis à part les scénarios ci-dessus – je ne pense pas que cela nous changera tant que ça. A moins que les aliens n’arrivent dans d’immenses navettes, surplombant nos villes, je pense que la vie continuera plus ou moins comme avant. Il y aura une période d’intérêt intense, similaire à ce qui arrive actuellement lors d’une guerre ou d’une catastrophe naturelle, puis les nouvelles se fondront dans le bruit ambiant, noyées par le blabla sur les célébrités, les scandales, le marché boursier, etc.
 
ActuSF : Dans votre livre, vous décrivez une situation dans laquelle, dans moins de 50 ans, les hommes opèreraient sur les comètes pour leur glace et possèderaient des colonies sur la Lune et Mars. Pensez-vous que notre économie actuelle et nos principaux intérêts et investissement pour le futur seraient en mesure de produire un tel développement technologique ? A votre avis, quel évènement majeur pourrait être capable de bouger le monde vers une telle situation ?
 
Alastair Reynolds : Il n’est pas impossible que nous atteignons ces choses dans cinquante ans – comme j’aime le faire remarquer, nous avons réussis beaucoup de choses entre 1919 et 1969 – mais d’un autre côté, nous avons eu une guerre mondiale et les contrecoups d’une deuxième pour accélérer le développement technologique. Pour le moment, si la guerre est exclue (ce que j’espère sincèrement), le plus gros et le plus évident moteur serait l’économie, une nouvelle ruée vers l’or, avec l’arrivée d’entreprises privées dans l’espace. A certains égards, c’est ce qui semble arriver – mais il est bien trop tôt pour dire quelles seront les conséquences à long terme.
 
ActuSF : Quel(s) est votre livre préféré et pourquoi ?

Alastair Reynolds : J’aime beaucoup à la fois Janus et House of Suns (non traduit en français), tous deux ayant (je l’espère) des choses intéressantes à dire à propos de notre possible destinée dans l’univers. Dans la même veine, je suis plutôt content de ma toute dernière nouvelle, Blue Remembered Earth, pour des raisons similaires. Mais vu que je viens juste de la finir, je dirai forcément cela.
 
ActuSF : Quels sont vos projets maintenant ?

Alastair Reynolds : Je suis en train de travailler sur une suite de Blue Remembered Earth. J’en suis au quart de ma préparation. C’est un livre très différent, installé des siècles plus tard.
 

Kathleen