Interview d’Amandine Labarre
de Amandine Labarre
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Amandine Labarre
Date de parution : mai 2008 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Amandine Labarre est une artiste que l’on a de plus en plus l’occasion de croiser dans les littératures de l’imaginaire. Interview découverte d’une illustratrice talentueuse.

ActuSF : Comment avez-vous découvert la fantasy et la féérie ? Et qu’est-ce qui vous plait dans ces univers pour que vous vous soyez "spécialisée" dedans au niveau illustration ?
Amandine Labarre : Coté littérature je crois avoir commencé par lire Morcoock au tout début, mon frère jouait à l’Oeil noir et je lui ai piqué tous les cycles du Champion Eternel...Puis bien sûr Tolkien que j’aie eu le plaisir de lire pour la première fois lors d’un voyage en Angleterre. La féérie a aussi pour moi cet aura subtil de légendes et de paysages anglo saxon, j’ai été marquée comme beaucoup par le très beau livre de Brian Froud et Alan Lee : les fées. Des films comme Willow, Princess Bride ou Conan ont aussi beaucoup compté dans la construction de mon imaginaire.
Je crois que si je continue d’aimer la fantasy (en lisant maintenant aussi d’autres choses) c’est parce que bien souvent elle s’obstine à croire en l’homme, en l’individu, au delà de ses défaillances, et à sa capacité de s’accomplir en tant qu’Etre. La notion de partage, de liens sincères, est aussi souvent présente, ça remet les idées en place. Chez Robin Hobb ou Gemmel par exemple,ou même chez Pratchett, une sorte de bienveillance lumineuse transparait. Bon j’aime aussi les auteurs plus noirs, comme Barker ou Joyce, mais pour des raisons totalement différentes.
Pour ce qui est de l’illustration, mes lectures m’ont d’abord conduite à ces thèmes là (puis le jeu de rôle, dans lequel j’ai beaucoup bossé au début) ; c’était aussi un plaisir de pouvoir allier différentes attirances : travail sur la figure humaine, mythes et légendes et étude de la nature. Bon depuis quelque temps je me dirige vers d’autres horizons.

ActuSF : Quelles sont vos influences ou les illustrateurs et/ou peintre importants pour vous ?
Amandine Labarre : Oulah. En artistes, peintres, illustrateurs, il y en a vraiment une liste immense. Quelques uns qui me viennent en vrac : Mignola, Wendling, Naifeh, Amano, James Jean, Kaluta, Di Terlizzi, Charles Vess, Rackam, Jon Howe, Alan Lee, Myazaki, Inoué, Burne Jones, Dürer, Phelipot... Il y a aussi des trésors incroyables dans la littérature jeunesse d’aujourd’hui, d’une créativité qui ne cesse de me surprendre.

ActuSF : On dit souvent de l’illustration que c’est un métier compliqué ? Comment vous en sortez-vous ? Est-ce facile d’en vivre ?
Amandine Labarre : Il faut jongler avec beaucoup de choses parfois très différentes et surtout des délais sérrés, évidemment on ne compte pas ses heures, pas mal de stress aussi, mais c’est un travail passionnant.

ActuSF : Comment travaillez-vous au niveau technique ?
Amandine Labarre : J’emploie différentes techniques, en fonction des projets. J’ai l’habitude de travailler beaucoup en infographie, mais depuis deux ans je redécouvre avec joie le plaisir des matières et des peintures traditionnelles (aquarelle).

ActuSF : Parlons de Faerie City, comment avez-vous rencontrer Mathieu Gaborit ?
Amandine Labarre : Mathieu m’a contactée au départ par le biais de mon site, il cherchait à l’époque un illustrateur pour monter un projet de bd, mes images lui parlaient. Je connaissais déjà son oeuvre et on s’est tout de suite bien entendus humainement et artistiquement. Le projet bd n’a pas vu le jour mais j’ai eu peu de temps après une opportunité de réaliser un livre illustré chez Tournon, j’ai recontacté Mathieu et on a collaboré une première fois pour "Arcanes féeriques", une belle expérience qu’on a eu envie de prolonger avec un second bouquin.

ActuSF : Et comment est né le projet ? Qu’aviez-vous envie de faire graphiquement ?
Amandine Labarre : Il y avait déjà des lames en ouverture de chapitre dans "arcanes féeriques" (de l’Orage, du Songe...), les dessiner m’a donné envie d’un livre qui s’articulerait autour d’un véritable jeu de tarot, inspiré du tarot de Marseille. L’idée plaisait à Mathieu, on souhaitait aussi un cadre urbain contemporain et un format plus petit avec un style graphique adapté à ces éléments. L’éditeur (Tournon) nous a soutenu dans cette idée de format un peu particulier, ce qui a permis à Mathieu de se lancer dans la création du récit assez vite.

ActuSF : L’ambiance est assez sombre mais il y a une vraie lumière sur le visage de Bune. c’était une volonté j’imagine ?
Amandine Labarre : Comme les enfants de la fin du livre, Brune est particulière, éveillée. La ville est dominée par des tons bleutés ou gris sombre, mais possède aussi son propre scintillement pour qui sait le regarder.

ActuSF : Vous avez dessiné un jeu de tarot. Pour certains dessinateurs, ce genre d’exercice est un plaisir. Ca été votre cas ?
Amandine Labarre : Certes. Les tarots me fascinent depuis un moment, j’en ai quatre dont un me vient de mon arrière grand-mère. Il manque à celui-ci les arcanes mineurs, donc ce n’est pas impossible que j’en dessine un autre dans quelques années, mais indépendemment d’un projet de livre. Ca me trotte dans la tête mais ce ne sera pas pour tout de suite. Faut que je devienne plus sage avant.

ActuSF : Quels sont vos projets ?
Amandine Labarre : Cette année je prend le temps de travailler sereinement hors édition quand mes commandes me le permettent : des images personnelles, du travail d’observation pour le plaisir de bosser le dessin et tenter de comprendre le monde, et des petites histoires animalières que mon frère écrit pour sa fille... Peut être d’autres projets avec mes proches. Tout ça me manquait immensément donc petite pause sans gros livre en chantier pour le moment. Coté édition je continue de faire des couvertures de romans et des documentaires natures, et je travaille de plus en plus en parallèle dans le domaine de l’environnement (C.P.I.E.).

Jérôme Vincent