Interview d’Amaury Bouillez
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de Amaury Bouillez
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Amaury Bouillez
Date de parution : janvier 2000 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : interview
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : septembre 2004

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Lors du festival de Delcourt, nous avons rencontre Amaury Bouillez, dessinateur du Phalanstère du bout du monde et de PEST. Nous en avons profité pour faire plus ample connaissance...

Actusf : Depuis quand vous intéressez-vous à la BD ? Et quel est votre parcours professionnel ?
Amaury Bouillez : Je m’intéresse à la BD depuis tout gamin. Mon père lisait pas mal de bandes dessinées à l’époque. J’en avais tout autour de moi, tout le temps. J’ai d’ailleurs appris à lire avec la BD. Sinon, pour le côté professionnel, je suis entré à l’académie des beaux-arts de Tournay à seize ans où il y avait un atelier BD. J’ai fait mes quatre ans dans les beaux-arts "classiques" et après je suis entré en "bande-dessinées". J’ai fait trois ans et je n’ai pas eu mon diplôme parce que je suis parti avant. Eric Corbeyran m’avait remarqué et du coup, je me suis lancé dans Le Phalanstère du bout du monde comme ça.

Actusf : Justement, comment s’est passée votre rencontre avec Eric Corbeyran ? Et Comment s’est déroulé votre premier travail ensemble ?
Amaury Bouillez : En fait, j’étais dans la même classe que Charlet (le dessinateur de la série Le Maître de jeu). On était en chambre d’étudiant tous les deux. Corbeyran travaillait avec Charlet et il a vu quelques croquis chez moi et voilà, ça s’est fait comme ça. Par pur hasard. Sinon, on a commencé ensemble par travailler le synopsis de PEST. On avait déjà quelques idées, mais c’était en couleur et Delcourt, pour sa collection, voulait que je fasse par encrages. C’était en noir et blanc, c’était sur 20 pages. Cela n’avait rien à voir. Donc, Eric m’a écrit Le Phalanstère du bout du monde pour faire une histoire en encrages. PEST a été mis en attente. Mais, c’est vrai les premières idées étaient pour PEST.

Actusf : Trois ans se sont écoulés entre Le Phalanstère du bout du monde et PEST. Pourquoi ?
Amaury Bouillez : J’ai mis deux ans et demi pour faire le premier tome de PEST. Je voulais prendre mon temps, faire quelque chose de minutieux. Pour Le Phalanstère du bout du monde, C’était différent. Je n’avais pas trop le choix. C’était en noir et blanc, il fallait trouver des choses pour être rapide. D’ailleurs, quand je l’ai terminé, je n’étais pas trop satisfait. C’était mon dessin... mais j’étais un peu déçu. Je voulais quelque chose de plus. Du coup, j’ai tout mis sur PEST. C’est pour ça que cela m’a demandé du temps.

Actusf : Le Phalanstère du bout du monde est en un volume, pour PEST, seuls deux tomes sont prévus. Est-ce que vous appréciez plus les formats courts ?
Amaury Bouillez : En fait, c’est Eric qui m’a proposé ça et puis, moi, cela me plaît bien. Cela me permet de diversifier certains univers et de me ressourcer ailleurs.

Actusf : Pour PEST, vous avez fait la mise en couleur. Comment travaillez-vous ?
Amaury Bouillez : Quand j’ai commencé PEST, je me disais que j’allais essayer de travailler mon trait à la ligne pure, c’est-à-dire d’essayer de mettre le moins de noir possible, sauf pour les avant-plans, les choses comme ça. Et en fait, de travailler tout à la couleur, c’était vraiment mon but, pour voir ce que je pouvais vraiment faire. Je voulais travailler la ligne.

Actusf : Dans PEST, il y a tout un univers particulier. Est-ce Corbeyran qui vous a décrit ce qu’il désirait ou est-ce vous qui avez apporté votre propre univers au scénario ?
Amaury Bouillez : En fait, cela marche par croquis. Corbeyran m’envoie le synopsis avec les personnages et moi, je réagis, je me documente et je dessine. Corbeyran, lui sa partie, c’est la partie séquentielle, découpage, dialogue. Moi, mon boulot, c’est de créer l’univers et tout cela en bonne symbiose.

Actusf :Qu’est-ce qui a inspiré cet univers ? Quelles sont en général vos influences ?
Amaury Bouillez : N’importe qui peut voir les influences qu’il veut voir. Pour ma part, je suis un gros fan des films d’expressionnisme allemand, de films muets comme ceux de Georges Méliès, le pionnier des effets spéciaux au cinéma. Cela date de 1895 ! Par exemple, il a fait le premier voyage sur la lune où l’on voit la Lune se prendre un obus. Il y a aussi Tim Burton, mais pas trop. Et puis, plein d’autres encore. Au niveau du dessin, j’ai été énormément influencé par Tardy, mais aussi Pesson, Buster...

Actusf : Dans vos séries, les univers sont plutôt noirs, sombres... Est-ce que votre prochaine série le sera aussi ?
Amaury Bouillez : C’est vrai, l’univers de PEST reste glauque, mais c’est contrebalancé par le personnage d’Abélard, les couleurs... Il y a aussi quelques séquences assez drôles. La scène où il se retrouve au lit avec Éloïse ; l’exo-régulateur, il est assez marrant aussi comme personnage. La prochaine série que l’on va faire avec Corbeyran, c’est encore un univers très décalé, sombre, mais moins que Le Phalanstère du bout du monde qui était très noir. Pour le reste, je ne vous en dirai pas plus.

Charlotte Volper