Interview d’Ayerdhal sur Parleur (2003)
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de Yal Ayerdhal
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Yal Ayerdhal
Date de parution : juin 2003 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : juin 2003

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Six ans après les faits, Ayerdhal voit son livre Parleur réédité une deuxième fois (aux éditions du Diable Vauvert). Un petit événement tant ce roman était une pure merveille. Voilà qui méritait bien une petite interview.

Nous : Vous souvenez-vous de l’idée originelle du roman ? Qu’aviez-vous envie de faire et de dire ?
Ayerdhal : Les Chroniques sont nées de beaucoup de choses et, entre autres, de discussions que nous avions avec Serge Lehman sur la conception d’un protocole révolutionnaire. Notre réflexion concernait bien sûr une problématique contemporaine, mais comme j’ai toujours cru aux vertus de la métaphore romanesque et qu’il ne me paraissait pas inutile de me référer aux utopies ou aux contes philosophiques, j’ai choisi de décaler mon histoire vers une époque médiévale et de mettre en exergue certaines similitudes désagréablement flagrantes. Pour abréger : ce que je voulais dire tient assez bien dans la dédicace et le dernier paragraphe du roman.

Nous : Quelle était le contexte lorsque vous l’avez écrit ?
Ayerdhal : Le même qu’aujourd’hui, je le crains.

Nous : Comment le résumeriez-vous à quelqu’un qui ne l’aurait pas encore lu ?
Ayerdhal : Je ne sais pas… comme la quatrième de couverture du Diable ? Même si c’est vrai, je ne suis pas sûr qu’il soit très engageant de dire : c’est l’histoire de quelqu’un qui croit au devoir de ne jamais se taire et qui s’arrange pour être contagieux. Pas davantage que : c’est l’histoire d’anonymes à qui quelqu’un répète inlassablement " si tu n’aimes pas le monde, change-le " et qui finissent par essayer.

Nous : Comment est né le personnage de Parleur ?
Ayerdhal : Aïe. Disons que j’ai un peu construit Parleur autour des travers que me reprochait ma fille, dont l’adolescence commençait à en avoir sérieusement marre de mes leçons d’éducateur de cuisine et de moraliste de salon.

Nous : Sa lecture fait penser à quelques événements comme la commune de Paris. Cela a-t-il été une influence ?
Ayerdhal : Soyons franchouillards (pour emmerder Jr) : oui, c’est un peu une commune de Paris se développant dans une très lyonnaise Croix-Rousse légèrement déplacée à Marseille.

Nous : Six ans ont passé depuis sa première publication, quel regard portez-vous sur ce livre ? De l’attachement ? Ou en voyez-vous tous ses défauts ?
Ayerdhal : D’une part, le roman appartient aux lecteurs depuis qu’il a été publié. D’autre part, je ne l’ai pas lu. Avoir un regard sur lui nécessiterait un recul qu’aucun auteur ne peut prendre sans se mentir. Ce serait un peu comme prétendre avoir une objectivité sur ce qu’on a été à vingt ou à trente ans sous prétexte que le temps qui passe confère une expérience porteuse de sagesse, alors qu’on n’a fait que vieillir.

Nous : Les Chroniques d’un rêve enclavé en est à sa troisième édition. Est-ce une joie pour l’auteur que vous êtes que ce livre continue à vivre ? Ou au contraire la page est-elle définitivement tournée ?
Ayerdhal : J’écris pour être lu, parce que je ne sais pas parler et que je suis suffisamment impudent pour croire que j’ai des choses à dire. Alors oui, il est pour moi important que mes ouvrages vivent. Par ailleurs, ils sont aussi ma seule source de revenus…

Nous : Le qualificatif de livre " profondément humain " vous satisfait-il ?
Ayerdhal : Il est difficile de se satisfaire de l’humanité (tellement que j’ai écrit Les chroniques) mais, puisque mon ambition est justement de contribuer un peu à son humanisation, je serais de très mauvaise foi en dénigrant le compliment.

Nous : Quels sont vos projets ? Un roman est apparemment en préparation au Diable Vauvert. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Ayerdhal : Je travaille depuis bientôt deux ans sur Transparences, effectivement pour le Diable, un… suspense, thriller, polar (?) qui démarre avec la chute du mur et qui va un peu au-delà de la chute des tours. Qu’en dire ? Le personnage principal est un criminologue d’Interpol à qui on a confié la charge de compulser les crimes en série sur un quart de siècle et qui tombe sur le dossier d’une gamine de douze ans qui a tué ses parents, attachés culturels américains en poste à Berlin en 85 (sic), et un couple de leurs amis. Comme elle a disparu après son placement dans un établissement spécialisé et un nouveau crime, il entreprend de remonter sa trace, qu’il découvre chaque jour plus sanglante dans un contexte qui prend doucement mais sûrement une tournure militaro-politico-économique à l’échelle de la planète. La date de parution n’est pas arrêtée (ce sera en 2004, de toute façon). D’ici là, pour l’automne, J’ai Lu devrait avoir publié L’œil du spad (Cybione 4) et le Diable republié Le chant du drille.

Jérôme Vincent