Interview d’Eric Herenguel
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de Eric Herenguel
aux éditions ActuSF
Genre : Fantasy

Auteurs : Eric Herenguel
Date de parution : janvier 2000 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : interview par mail
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : janvier 2005

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" Krän, c’est du Titeuf hardcore !"

Actusf : Quel a été ton parcours avant de commencer en professionnel en 1991 ?
Eric Hérenguel : Je commence à publier en 1987, une BD courte chez Le Lombard pour Le Journal de Tintin... En réalité, au début de l’année 1986, j’avais envoyé 34 pages, d’un album très inspiré par l’école ligne claire de "Chaland et Serge Clerc"... Ils ont refusé l’album (j’avais 18/19 ans il faut dire) mais m’ont demandé des histoires courtes. J’ai donc appelé mon prof de français que j’avais au collège (Jean-Pierre Croquet scénariste des Sherlok Holmes chez Soleil) pour un coup de main car c’est lui qui avait découvert mes dispositions BD dès le début.
Nous avons réalisé une série d’histoires courtes très "british", c’était un club des "chasseurs d’histoires" qui se réunissait à Londres dans les années 50 et dont chaque participant, à tour de rôle, racontait une histoire vraie et terrifiante... Hommage aux films d’épouvante de la Hammer.
L’idée était cool mais ils n’ont jamais acheté plus de deux histoires courtes sur les cinq ou six dessinées, ce qui n’augurait rien de bon .
Le plus étrange fut la publication de la première car elle fut utilisée pour rendre hommage à la disparition d’ Edgar Jacobs car le sujet était dans l’iconographie "british"... Bizarre de voir sa première BD publiée en hommage à un grand disparu ; ça casse l’ambiance et cela me renvoya très vite l’idée que je n’étais pas dans le genre qui me convenait.

Actusf : Comment as-tu découvert la bande dessinée. Te souviens-tu d’un album ou d’une série qui t’ait particulièrement marqué ?
Eric Hérenguel : Oui, l’album Bob Fish d’Yves Chaland, une claque car il résumait toutes les tendances référentielles des BD franco-belges en modernisant le tout. Je reste encore un grand fan de son oeuvre.
Pour la découverte, cela se passe enfant entre les gags de Franquin, les albums d’Hergé qui traînaient dans la bibliothèque familiale, ainsi que les Tintin que mon père avait gardé de son enfance - intérieur des pages de garde en bleu profond pour qui connaît la cote-.
D’ailleurs ce fut une surprise un jour de tomber chez un ami sur une autre version de L’Île mystérieuse... J’ai été bluffé qu’un dessinateur ait changé son dessin pour moderniser un album.... Une grosse surprise.... Dire que j’ai lu des versions originales dans ma chambre avec les doigts tachés de chocolat !

Actusf :
J’imagine que tu as toujours dessiné. Tu griffonnais sur tes cahiers en classe ?
Eric Hérenguel : J’ai commencé à faire des BD en regardant l’émission La Bande à BB qui passait dans les années 70 à la télévision ; c’était bien car cela donnait une approche ludique. J’avais neuf ans.
Ensuite vers onze ans, j’ai commencé à en faire de plus en plus, je tentais de faire des BDdans le style de Franquin.
Puis vers quatorze ans, j’ai gagné un quatrième prix dans un concours européen : 5000 francs, en 1980 c’était une fortune !
J’ai pu m’acheter ma première moto.. .une Kawasaki 80 cc sport, boîte 5 vitesses !
Un regret : les organisateurs n’ont jamais rendu les pages... J’ai été très déçu car j’aimais bien mes pages !!!(déjà auteur dans l’âme !)

Actusf : A quel moment t’es-tu dis que tu voulais en faire ton métier ?
Eric Hérenguel : A 14 ans mon prof de français J-P Croquet réalise une expo d’un jeune auteur lillois « François Boucq », et là c’est la révélation : je veux faire le métier de dessinateur.
La chance c’est que François accepte de me voir à son atelier. C’est l’expérience la plus intense que j’ai vécue depuis que je fais ce métier, au-delà de voir son premier livre édité... Il y avait comme une magie du moment, à cet instant-là François ce n’est pas un jeune auteur qui reçoit un gamin, c’est le représentant de l’univers BD, je suis très, très impressionné par ce qu’il représente.
Ensuite, il deviendra le grand et célèbre dessinateur / auteur mais pour moi , dès cette première rencontre il est déjà un grand dessinateur car il pratique le métier du livre.. Il "est", et c’est déjà énorme !
Bref, là je décide d’en finir avec les études. Je suis remercié par le proviseur du lycée, je devance l’appel au drapeau. Pour moi un report du service à 24 ans risquait de m’empêcher d’assister à Angoulême. Eh oui à 18 ans, je m’’imagine déjà que je serai un auteur à 24 ans....
En résumé, j’y crois et j’m’y vois, la galère commence...
Entre 1985 et 1991, je passe mon temps entre bureaux de chômage et boulots dans l’édition publicitaire jusqu’à la rencontre avec Jean Wacquet et les éditions Zenda.
Jean est libraire, il vient alors d’ouvrir l’une des première librairies spécialisées en comics en province.
La librairie est au cœur du vieux Lille, rue de la Clef, et elle devient vite le lieu de rencontre d’une génération de dessinateurs débutants.
A travers Jean, je commence à dessiner des illustrations pour le fanzine Scarce, puis arrive Zenda.

Actusf : Zenda, et si je suis bien la chronologie, ta première série Carnivores. J’imagine que ce fut une énorme joie. Comment te souviens-tu de cette période ?
Eric Hérenguel : Le premier album c’est la découverte à tous les niveaux et les frustrations aussi de ne pas bien gérer les problèmes de technique du dessin, des couleurs...
Les éditions Zenda, c’était un petit groupe rue du Paradis puis rue Dauphine dans le 6eme arrondissement.
Quand tu venais les voir, il y avait des post-it sur la porte où tu pouvais lire : on est au café on revient à 15h. Puis quand tu passais la porte tu pouvais voir des post-it avec une heure différente sur chacun... c’était ça l’ambiance, des sales gosses qui imprimaient les BD des Moore, Frank Miller et tant d’autres . Parfois avec Jean, nous avions l’occasion de regarder les planches originales en provenance des Etats-Unis .
J’ai en mémoire une après-midi où nous avions sorti les originaux de Siemkiewitz sur Big Number et les planches de Give me liberty de Miller et Gibbons, souvenir impérissable. A l’époque, Fred Blanchard qui collabore comme designer sur les Série B de Delcourt sortait des études des Gobelins à Paris et avait créé la charte graphique du comics Give me liberty pour la version US et française.
C’était aussi les début d’un prodigieux dessinateur : Olivier Ledroit, il produisait un travail incroyable à chaque album, renouvelant sa technique à chaque fois . Vraiment étonnant !
Une anecdote : l’imprimeur belge Campin à Tournai imprimait les Zenda, et lors d’un calage j’ai constaté qu’ils imprimaient aussi des Bibles et des livres sur la peinture religieuse ! Bref, nos mondes mutants et autres démons de l’enfer faisaient un peu désordre sur les rotatives.

Actusf :
Carnivores a un peu plus de 10 ans maintenant, avec le recul, quel regard portes-tu sur cette série ?
Eric Hérenguel : Un regard indulgent, j’ai d’ailleurs une préférence sur le tome un car au deuxième je veux trop radicaliser mon changement d’influence américaine... Sûrement que les critiques concernant la BD US présente dans mes dessins me pèse alors.
C’était un travail de fan en fait !
Et puis, au tome deux, en cours de travail l’éditeur va très, très mal et l’on comprend qu’il faudra s’arrêter à deux tomes car l’avenir est incertain.

Actusf : Après Carnivores, tu t’es retrouvé sur Balade au bout du monde. Raconte-nous comment cela s’est fait ?
Eric Hérenguel : François Boucq me téléphone et me dit " Makyo passe à la maison, veux-tu le rencontrer ? ". Je déjeune avec eux, et Pierre Makyo parle de ses deux projets en attente, l’un des deux est la suite d’une série... La Balade. Perso, je ne connaissais la série que de mémoire dans le journal Circus, donc cela ne m’a posé aucun problème d’appréhension.
Très honnêtement, l’univers est loin de me convenir dans la suite, mais j’ai un choix à faire : d’un côté travailler avec un grand scénariste, et de l’autre... rien, puisque Zenda est en fin de vie. Alors, je tente le coup car en plus on me le déconseille.
Je me souviens que si je fais de la BD, c’est pour raconter des histoires, donc je me suis dis que raconter un classique comme La Balade ne pouvait que me donner les outils nécessaires pour pratiquer le métier de dessinateur.
C’était pas simple, loin de là car non seulement la série changeait d’ambiance pour partir en Inde mais en plus on attendait une filiation avec les premiers tomes.... Bien sûr la critique fut assassine puisque je touchais à la série culte.
J’ai donc pris pour principe de dessiner les quatre volumes sans tenter de faire un effet de dumping sur une autre série parallèle via la reprise de La Balade.
J’ai quitté le bateau après le tome 8 ; car cela repartait pour quatre albums de plus et j’avais très envie de faire l’adaptation d’un roman biographique Edward John Trelawnay en transposant l’aspect maritime et historique en science-fiction steampunk.
Et j’en suis assez fier car c’est sûrement l’une des toutes premières BD "steampunk" lancée en France. Encore que le tome un est une vraie bouse graphiquement et les dialogues sont redondants. Le tome deux s’améliore et le trois est mieux dessiné mais les couleurs trop... rouges ! Je sais, j’suis raide mais "je me juge avec les yeux de mes ennemis" (Cocteau)

Actusf : Avec le recul, comment juges-tu cette aventure de Balade au bout du monde  ?
Eric Hérenguel : Positivement, j’ai eu quatre années de travail intensif pour appréhender la BD classique. En plus j’étais jeune (25ans) alors être payé pour faire sa passion ! Avec le recul je remarque qu’il m’a fallu beaucoup d’énergie pour redevenir un auteur au parcours normal, sans la tutelle d’une série importante.

Actusf : Ca a été une grande chance ? Ou plutôt un truc compliqué ?
Eric Hérenguel : Les deux, une chance compliquée. Par exemple un soir à Angoulême (en 94), je me trouve placé à la table de Jacques Glénat avec des auteurs "pointures" genre Yslaire, Cothias , Makyo, Julliard… Je me suis éclipsé avant le début du repas à une table voisine. Je ne pouvais pas assumer. Tous étaient des auteurs ayant monté une carrière sur leurs années de BD alors que moi c’était sur la reprise d’une série...
C’était ça le truc compliqué. Et ce n’est pas de la modestie mal placée. Comment se sentir dans ses marques dans une situation comme celle-ci ? Si j’étais resté je risquais de ne plus être lucide sur ma position de jeune auteur et de croire que j’étais arrivé. De me la jouer en définitive.



Actusf : La série en est maintenant à son 14ème album. Quel regard portes-tu sur ce
qu’elle est devenue ?

Eric Hérenguel : Pas de regard dessus, je suis sans avis car j’ai vécu de l’intérieur la série. Je pense que si l’on réunit les quatre premiers albums et le cycle en cours, nous retrouvons une continuité, donc les miens et ceux de Faure deviennent "dispensables"

Actusf : Après Edward John Trelawnay, tu te lances seul dans Krän en 1999. C’est un projet auquel tu pensais depuis longtemps ? Comment est né ce personnage de
barbare mal embouché et un rien obsédé ?

Eric Hérenguel : Krän est un résultat hasardeux et non prémédité, et heureusement car imagine le concept de la série présenté à un éditeur !
Je travaillais en même temps que sur mes BD dans un atelier au cœur d’une entreprise de jeux vidéos et d’internet.
La collaboration m’amena à travailler sur le registre des barbares et naturellement quand tu t’immerges dans un univers tu es vite tenté d’en dépeindre les outrances.
Résumons : un univers de barbares, c’est des gros balèzes qui se tombent dessus pour des histoires de voisinage genre "euh ton donjon c’est naze, j’ai la refaire ta déco de pavillon d’banlieue" .
Le principe qui m’afflige le plus c’est de créer des univers sérieux avec ça ! Franchement, ce n’est pas crédible un instant, des filles super bombes qui pourfendent des hordes démoniaques et autres démons de l’enfer.
De toutes façon, à chaque fois c’est une embrouille avec un psychopathe de l’enfer qui veut l’artefact magique pour détruire les pauvres barbares ou le royaume de nains ou je ne sais quoi encore.
Alors moi je me suis intéressé à la mentalité barbares, aux rôlistes qui se projettent là dedans ...et donc mes barbares parlent le langage "cours de récréation".
Krän, c’est du Titeuf hardcore !

Actusf : Ton personnage et ta série sont volontairement rentre dedans, avec un langage adéquat et une légère tendance à l’obsession sexuelle. J’imagine que c’était voulu à la base. Est-ce que ça a été facile de convaincre Vents d’ Ouest ?
Eric Hérenguel : En fait, c’est Thierry Cailleteau qui les a convaincus en lisant les vingt premières pages. Vents d’ouest avait peur des réactions au niveau image. Je peux comprendre, mais bon, le JdR, c’est un truc de garçons et les garçons ça posent les bagages bruyamment. Krän est une série qui prend le contre-pied du genre héroïc fantasy, car les personnages ne sont ni héroïques, ni fantaisie ! Ils sont crétins et pensent à l’avenir immédiat.
Je n’ai jamais projeté cette BD dans le temps, c’est un divertissement pour moi. J’adore les phrases d’Audiard et l’humoriste Bigard en est la continuité. J’y place plein de vannes. Malheureusement les plus raides restent en mémoire et servent souvent à critiquer la série. Pourtant je glisse beaucoup plus de jeux de mots que de vulgarité mais bon, quand un gros bill lance une tirade c’est pas du Verlaine !
La série place aussi un regard sur la société, dans la manière de s’exprimer, elle utilise le langage courant de la rue et ce langage s’est durci cette dernière décennie. Un exemple :
je prends le RER , une jeune fille dans le wagon lit un livre en attendant le départ de Gare du Nord vers Enghien...un « d’jeuns de banlieue » l’interpelle du quai à travers la vitre :
« - m’zelle ! hého ! m’zelle !
la fille continue de lire !
- Le type : hé m’zelle tu réponds alors ?
La fille ne répond pas !
- Le type : hé, salope va ! »

Voilà, c’est du vécu !
Elle passe du statut de mademoiselle à salope, c’est d’une violence incroyable, non ? Dans Krän je fais s’exprimer mes personnages de la même manière. La plupart ont un QI de slip usagé. D’ailleurs, ce n’est pas simple car je ne m’exprime pas de cette façon, et le public ou la critique peuvent croire que je suis cette forme d’expression, oubliant que les personnages tel que la Mort, le Destin ou Félony ne parlent pas comme cela, les paladins non plus et encore moins la princesse Viagra.
Le décalage provoque des situations d’autant plus extrêmes que les personnages sont excessifs. On peut conclure "c’est lourd" moi je dis "c’est la vie".

Actusf : Krän aime la castagne, Krän aime le sexe, Krän aime l’humour douteux... Comment a réagi le public ? choqué ? Où ça a été l’enthousiasme dès le début ?
Eric Hérenguel : Le public est souvent chaleureux si tu te fies aux séances de dédicaces, mais c’est un public acquis à la cause "gros bill". Ce qui est troublant, c’est le lecteur qui prend tout au premier degré, et là je peux pas faire grand chose. Et puis il y a les mômes qui ont grandi avec Titeuf et qui commencent par lire du Krän. Là j’ai un souci parce qu’ils n’ont pas le même recul qu’un adulte. C’est une BD à la base destinée aux ado / adultes mais qui commence à entrer en territoire grand public et je vais sûrement arrêter la série à cause de ça.

Actusf : On en parlait avant l’interview, rares sont les séries aussi "trash" que Krän. Tu as l’impression que la BD « se puritanise » ?
Eric Hérenguel : Oui, la BD se cherche une reconnaissance médiatique et des séries trop "trash" ne servent pas le plan média auquel elle aspire. C’est dommage de constater le peu de BD qui récupère l’héritage des Wuillemin et Reiser. Y a bien encore Charlie et Fluide Glacial mais même Fluide devient sérieux. Un peu comme une institution.
Le second truc qui me chiffonne, c’est la catégorie sociale du lectorat, car la BD n’est pas facilement disponible à cause de son prix. Les enfants qui lisent de la BD sont issus de familles moyennes qui ont des BD à la maison, les chats ne font pas des chiens.
Dès lors, nous avons une culture commune du genre et la BD se retrouve encore cloisonnée et ne dépasse pas la frontière médiatique qu’elle s’est créée comme une grande.
Le côté trash est assez rare en BD mais dans la musique entre punk, hardcore et rap je reste très en-dessous des textes de certains groupes. On dit des albums musicaux sur CD qu’ils sont chers, oui mais tu ouvres la radio et tu tomberas sur une émission qui passe la musique que tu aimes, pas en BD, le livre ne permet pas cela.
Le cinéma est rempli de réalisateurs de tous horizons sociaux , la BD beaucoup moins !
La littérature est un éventail d’auteurs aux multiples cultures et regardez les éditions Acte Sud, leur catalogue c’est le monde entier : Asie, Afrique, Etats-Unis et Europe se mélangent. En BD, c’est franco-belge, comics et manga.
D’ailleurs citez-moi trois auteurs de BD africains ? Sans tricher, moi je n’y arrive pas. Alors la BD n’intéresse pas les artistes en dehors de l’Occident et du Japon ?
En conclusion, un genre artistique qui ne s’ouvre pas au monde se reproduit jusqu’à la stérilité et cela me fait peur un peu, voire beaucoup.

Actusf : Comment te viennent les idées pour Krän ? (Jeux de rôles, délire entre
potes...)

Eric Hérenguel : J’écoute la rue, les vannes de comptoir et de mémoire celles des les rôlistes car je ne pratique plus depuis très, très longtemps.
Une vadrouille entre potes en vacances et c’est parti pour la quête du Graal ! Chaque moment d’idiotie devient une source d’inspiration et j’ai besoin de rire car le monde m’attriste. Mais je crois que pratiquer l’humour peut rendre dépressif, et il y a un bon nombre d’humoristes qui ne sont pas de joyeux lurons dans la vie.
C’est assez simple à comprendre, l’humour part d’une vision du monde et d’une réaction sensible de l’humoriste pour en tirer l’absurde voir l’insupportable par un effet de contraste. Il faut absorber le monde pour le retourner en farce.
La violence et les conséquences sont mon fond de commerce avec mes barbares, j’en rigole mais un gros bill qui terrorise des pauvres gens c’est aux infos tous les jours.
Le taré qui balade un pit-bull sans entrave, c’est violent ( ma fille de trois ans se promenait dans un parc public avec nous et je la perds deux secondes de vue, je me retourne et un pitt est devant son visage à 5 centimètres, la petite est blanche de peur. Le chien est immobile, il la renifle et son enfoiré de maître rigole en voyant ma tête et précise "Il est gentil ! Il attaque que si j’lui dit ". Voilà un gros bill et voilà la violence du quotidien.

Actusf : Krän a déjà connu sept aventures. As-tu déjà décidé jusqu’où tu comptais aller ?
Eric Hérenguel : Oui, je réalise le 8 et 9 en deux tomes qui se suivront puis un numéro dix qui sera constitué de gags en une page avec les personnages de la série pour faire le tour d’honneur .

Actusf :
Krän est une série très sex, drugs & rock’n’roll, et en même temps, on sent par petites touches que certaines petites choses t’énervent. Je pense à l’invasion des envahisseurs. Retrouvera-t-on ce genre de critiques dans les prochains tomes ?
Eric Hérenguel : Non, j’ai latté du Teutons envahisseurs pour une histoire de censure avec la couverture du tome trois en Allemagne. En effet, le garou en haut à droite fut effacé par l’éditeur allemand car il était de dos et son trou de balle était très visible. Je constate la chose et je demande par mail sur le site de cet éditeur pourquoi n’avoir pas demandé l’autorisation de l’effacer ou du moins avoir prévenu. Puis rien, zéro réponse. Alors j’ai décidé de faire un sujet sur les envahisseurs et les collabos.
Une pure filouterie de gamin.
Donc non, je ne pense pas réintégrer des critiques de l’info. Bon dans le tome 4, il y a la ville de Vitroll ou les étrangers sont interdits, mais c’est plus fort que moi.

Jérôme Vincent