Interview d’Hervé Jubert sur sa nouvelle série, Monstre
de Hervé Jubert
aux éditions

Auteurs : Hervé Jubert
Date de parution : mars 2014 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Hervé Jubert parcourt les chemins de la science fiction et de la fantasy depuis plus de quinze ans. Très actif dans le domaine de la littérature jeunesse, il revient en mars avec une nouvelle série, Monstre, aux éditions Rageot, qui met en scène des adolescents confrontés à des créatures extraordinaires...

Actusf : Comment est née l’idée de la série Monstre  ? 
Hervé Jubert : Je voulais faire de l’écologie fantastique. Donc, mes héros sauvent des chimères. Je voulais aussi explorer le fait que, sur Terre, dans les océans, dans la stratosphère (sans parler de l’espace profond) beaucoup de choses nous échappent. Il y a encore des zones d’ombres, des morceaux de terra incognita, du mystère, quoi qu’on dise.
 
Actusf : Qu’avez-vous envie de faire avec cette série ? 
Hervé Jubert : Je vise toujours le divertissement. Et c’est le but principal de cette série. Je l’espère addictive, étonnante, inédite. 
 
Actusf : Pourriez-vous nous présenter le groupe d’adolescents que vous mettez en scène (pour les lecteurs qui n’ont pas encore lu les premiers livres) ? 
Hervé Jubert : Sept ados. Milo, anglais, fils d’un magnat de la Presse. Onde, française. Nathan, éthiopien. Sam, québécoise. Takiko, japonaise. Rolf, secret. Emile, Haïtien. Chacun porte un monstre en lui. (spoil !) 
 
Actusf : Nous allons partir avec eux aux quatre coins du monde. Quelles sont les premières destinations ? 
Hervé Jubert : Dans Coeur de harpie, nous allons en Italie, à Oxford où se trouve la base arrière du groupe, à Bangkok dans une tour fantôme. Larmes de sirène nous emmène au Tchad et en Nouvelle-Zélande. Dans Rêve de hyène (le tome 3), les protecteurs de chimères iront en Grèce et ailleurs. Suivront la Bolivie, les Etats-Unis, l’Islande, etc. 
 
Actusf : Oxford est le point de ralliement de vos héros. Pourquoi avoir choisi ce lieu ? 
Hervé Jubert : C’est une des villes les plus étranges que j’ai visité. Classique et rockn’roll (Supergrass y est né !) Tolkien y racontait le Seigneur des anneaux à ses amis au pub The eagle and the child. La Tamise, en la traversant, s’appelle la rivière Isis. Sans parler de Lewis Carroll. Oxford s’imposait.
 
Actusf : Qu’est-ce que le jeu en ligne Chimera ? 
Hervé Jubert : Une sorte de jeu de rôle qui dit simplement : vous êtes soit protecteur, soit chasseur de chimères. Et maintenant, que le meilleur gagne ! Les protecteurs s’y rencontrent d’abord d’une manière virtuelle avant d’être réunis. Du coup, dans la vraie vie, ils vont se retrouver avec un chasseur à leurs trousses.
 
Actusf : Une harpie et une sirène sont les premières “monstres” des deux premiers tomes. Pourquoi les avoir choisis et y’a-t-il plaisir en tant qu’écrivain à se frotter à ces figures mythologiques ? 
Hervé Jubert : Après avoir dressé la liste des chimères possibles, et en les accolant à ma liste de protecteurs (car, à chaque ado correspond un monstre), la harpie et la sirène se sont imposés d’emblée pour Milo et pour Onde. Cela fait partie du côté très chouette de l’écriture, lorsque les personnages sont vivants et dictent leurs choix à l’auteur. 
 
Actusf : Vous vous lancez dans une série. Est-ce confortable parce que vous avez du coup le temps pour creuser peu à peu vos personnages ? Ou au contraire est-ce une contrainte ? 
Hervé Jubert : J’adore les séries. Pour creuser les personnages, effectivement. Celle-là fera plus d’un million de signes et, franchement, on peut aller très loin avec un tel espace. Des contraintes, il y en a, bien sûr. Mais elles reviennent à une obligation principale : l’auteur doit accompagner ses personnages, être avec eux, dans l’univers qu’il parcourt, à tous les stades. Dans la préparation de l’histoire, dans l’écriture proprement dite, etc. C’est un minimum. Cela exige une certaine concentration. 
 
Actusf : Comment avez-vous travaillé pour mettre en place le décor de votre intrigue ? J’imagine qu’il y a eu un gros travail de préparation ? 
Hervé Jubert : Une base solide. Des recherches. Un esprit curieux. Néanmoins, l’écriture de Monstre est assez rapide. Je veux garder un style incisif. Je ne rentre donc pas trop dans les détails et le monde se construit petit à petit. C’est comme si j’avançais dans les ténèbres, une torche à la main. C’est assez excitant.
 
Actusf : Que pouvez-vous nous dire des prochains tomes ? 
Hervé Jubert : Ils iront plus vite, plus fort, plus loin ! Et les protecteurs prendront des coups.

Jérôme Vincent