Interview d’Olivier Girard sur la rentrée 2013
de Olivier Girard
aux éditions

Auteurs : Olivier Girard
Date de parution : septembre 2013 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :


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A l’occasion de la rentrée littéraire, nous avons contacté plusieurs éditeurs pour qu’ils nous parlent des moments forts de cette fin d’année. Aujourd’hui Olivier Girard qui dirige les éditions du Bélial’ et la revue Bifrost.

Actusf : Quels sont les temps forts pour toi de tes sorties de l’automne ?
Olivier Girard : Nous avons publié Sept secondes pour devenir un aigle, le nouveau livre de Thomas Day (le septième au Bélial’, quand même…), le 12 septembre dernier. Il s’agit d’un recueil de nouvelles ayant pour axe transversal l’écologie. Soit six nouvelles, auxquelles répond l’universitaire Yannick Rumpala dans une postface brillante. L’ensemble du recueil est illustré par Aurélien Police. Je suis très fier de publier ce livre, vraiment, le retour de Thomas Day au Bélial’, un écrivain que je considère comme constitutif de l’ADN de la maison. Une grande maitrise narrative. Des textes qui frappent fort, parlent du monde d’aujourd’hui, de demain, et de ceux qui l’habitent. Et un talent qui s’exprime dans des genres multiples (SF, polar, fantastique, fantasy) et parfois mêlés. Un condensé de Bélial’ brutal, en fait.
 
En octobre, le 24, pour être précis, nous sortons un nouveau Bifrost. Le numéro 72. Pour une bonne part occupé par un très gros dossier consacré à Ray Bradbury. Soit trois nouvelles, et un paquet d’études, critiques et biographiques, dont un guide de lecture assez velu. Des nouvelles de Jean-Philippe Depotte et Christian Léourier complèteront les fictions de ce numéro plutôt costaud.
 
Toujours en octobre, mais le 31, à l’occasion des Utopiales de Nantes, en fait, nous sortons un nouvel opus dans notre collection de référence « Kvasar  ». Un énorme livre (650 pages) de Jean-Pierre Andrevon intitulé Demain le monde. Il s’agit d’un best of de ses meilleures nouvelles de SF, soit vingt-deux récits sélectionnés sur plus de quarante ans de création littéraire. Nous nous sommes inspirés du principe des Livres d’Or créé par Jacques Goimard. A savoir pas mal de paratexte afin d’éclairer le parcours de l’auteur (en l’occurrence une préface de Richard Comballot, un article autobiographique et une postface signée George W. Barlow). On a par ailleurs demandé à Andrevon de postfacer chacune des nouvelles sélectionnées, afin qu’il aborde le contexte d’écriture dudit texte et le replace dans le corpus global de son œuvre. Le tout illustré par un superbe panoramique avec rabats du compère de toujours d’Andrevon, l’incontournable Philippe Caza. Bref, une somme assez définitive, je crois, sur l’auteur de Gandahar.
 
Enfin, en novembre, nous finissons l’année avec un autre très gros opus de référence, un autre titre de la collection « Kvasar  », Stark et les rois des étoiles. Ce livre réunit l’ensemble des récits du héros mythique de Leigh Brackett, Eric John Stark, a savoir les trois romans que la scénariste du Grand sommeil lui a consacré, mais aussi plusieurs nouvelles, dont une coécrite avec son ami de toujours, Ray Bradbury, et une autre avec son mari, l’écrivain de science-fiction Edmond Hamilton. Ce dernier texte, inédit en français, dresse un pont entre le cycle de Stark, signé Brackett, et celui des Rois des étoiles, écrit par Hamilton. Depuis près de vingt ans, le Bélial’ s’évertue à défendre une double politique éditoriale visant à promouvoir les auteurs résolument contemporains tout en défendant un fonds littéraire classique sur lequel prospère la littérature de genre contemporaine. Un omnibus comme Stark et les rois des étoiles s’inscrit clairement dans cette politique : faire le point sur une œuvre fondatrice (entre Le Grand Livre de Mars, que nous avons publié en 2008 et le présent volume, ont a le cœur de l’œuvre de Brackett), et proposer un volume coécrit par trois monstres sacrés du domaine : Leigh Brackett, Ray Bradbury et Edmond Hamilton. C’est pour publier ce genre de livre que je suis devenu éditeur.
 
Actusf : As-tu des auteurs prochainement en dédicaces ?
Olivier Girard : Thomas Day et Jean-Pierre Andrevon sont tous deux invités aux prochaine Utopiales pour leur actualité au Bélial’. Thomas Day sera aussi présent au salon du livre du Mans (les 12 et 13 octobre). Il signera le 25 septembre à la librairie Critic de Rennes, et devrait prochainement animer une soirée découverte chez Charybde, à Paris (cette dernière date étant à confirmer, mais toutes les infos seront en temps et heure sur notre site).
 
Actusf : Que peux-tu nous dire de 2014 ?
Olivier Girard : Toujours ce fameux équilibre entre auteurs classiques et contemporains. Charpenté sur un autre équilibre cherché entre auteurs francophones et traductions. Du côté des premiers, nous allons publier le nouveau Thierry Di Rollo, un space opera. Comme Thomas Day dans un tout autre registre, Di Rollo est un des romanciers piliers du Bélial’, très identifié à notre catalogue. Drift sera son septième roman publié chez nous. Nous allons également publié Hysteresis, le premier roman « adulte » d’un auteur connu pour ses publications en jeunesse, Loïc Le Borgne. Il s’agit d’un récit post-apo’ aussi puissant que lyrique ; un livre dont on aura l’occasion de reparler… Côté traductions, on lira chez nous un nouveau titre de Stephen Baxter, Anti-Glace (un roman steampunk), Les Perséides, un recueil signé Robert Charles Wilson, ainsi qu’un petit nouveau qui fait beaucoup parler de lui outre-Atlantique côté « weird fiction », Daryl Gregory (les connaisseurs se souviendront de l’avoir lu à quatre reprises dans le Fiction des Moutons électriques). Stony Mayhall sera son premier roman publié en France, et il est peu de dire qu’il s’agit pour nous d’un événement, tant l’œuvre de cet auteur nous semble considérable. Stony Mayhall est un livre d’une humanité et d’une profondeur sidérante, un récit qui n’a pas fini de faire écho, j’en suis convaincu. On proposera aussi une actualité assez soutenue autour de Poul Anderson, autre auteur référence du Bélial’. Et bien sûr il y a Bifrost, avec plein de choses assez excitantes, dont des dossiers sur H. P. Lovecraft en janvier, plus tard Léo Henry ou encore Poul Anderson (eh oui, on y revient !), pour citer quelques exemples. Bref, une année des plus chargée pour nous, dans un contexte économique très difficile, pour dire le moins… Il va falloir faire front.

Jérôme Vincent