Interview de Bérengère Rousseau sur Rédemption
de Bérengère Rousseau
aux éditions Editions du Riez ,
collection Brumes Etranges
Genre : Uchronie

Auteurs : Bérengère Rousseau
Date de parution : janvier 2015 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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A l’occasion de la publication de son premier roman le 3 février prochain, ActuSF rencontre pour vous l’auteur Bérengère Rousseau !

Rédemption est une uchronie qui a pour décors la Seconde Guerre mondiale. Après un éboulement au Château de Noisy, le héros fait un bond dans le temps et retombe en 1944. Il va alors entreprendre de laver l’honneur de son arrière grand-père suspecté de collaboration. Au risque de changer le cours de l’Histoire.

ActuSF : Bonjour Bérengère Rousseau, peux-tu, pour commencer nous parler de toi et de ton parcours d’écrivain ? 
Bérengère Rousseau  : Bonjour ! J’écris depuis un long moment. Depuis l’adolescence. J’ai commencé par écrire des nouvelles policières, ce que je lisais beaucoup à l’époque. Puis, j’ai découvert la fantasy avec les bouquins de David Eddings. J’étais déjà très attirée par les genres de l’imaginaire puisque j’affectionnais déjà à cette époque la SF. Je me suis mise à en écrire mais sans jamais rien montrer jusqu’au jour où j’ai découvert par hasard le forum de Mille Saisons. J’y ai posté quelques extraits mais les retours furent négatifs et cela m’a pas mal secoué. J’ai persévéré, dans mon coin d’abord et j’ai ensuite rejoint CoCyclics. J’ai continué à écrire, à corriger et réécrire certains de mes textes jusqu’à tenter un jour l’édition. J’ai envoyé un premier roman qui est toujours dans les circuits éditoriaux mais qui n’a pas encore trouvé son public. Néanmoins, je n’en suis pas restée là car j’ai pour habitude de toujours écrire plusieurs récits en parallèle. C’est ainsi qu’est né Rédemption d’ailleurs. 
J’ai également publié quelques textes courts dans différents webzines comme le Collectif Hydrae ou Vanille Givrée pour l’Armoire aux épices. J’ai aussi participé à deux recueils Hors-Série pour les Songes du crépuscule dans un style un peu différent, puisqu’il s’agissait de poésie.
Que dire de moi... je suis belge. Et c’est quelque chose sur lequel j’aime insister car j’adore mon pays. Il est si petit et pourtant empreint de surréalisme. Il me ressemble assez. Je suis une grande fan de science-fiction et plus particulièrement sur grand écran et je suis également une fervente amatrice de jeux vidéos en ligne. J’adore voyager et partir à la découverte d’autres cultures. 
Professionnellement, je suis professeur d’anglais et également psychologue. J’enseigne à des adolescents de 12 à 18 ans. Métier difficile, pas toujours reconnu mais très enrichissant.
 
 
ActuSF : Si je ne dis pas de bêtises Rédemption est ton premier roman. Peux-tu nous le présenter ? 
Bérengère Rousseau  : Tout à fait ! Du moins, c’est mon premier publié. Ce n’est pas le premier roman que je termine, cela dit.
Rédemption, c’est un roman qui parle de la Seconde Guerre mondiale. L’histoire met en scène deux jeunes hommes, Noâm et Lucas. Ils sont amis. Un jour, Noâm apprend que des soupçons de collaboration pèsent sur son arrière-grand-père. Parmi les derniers effets de son aïeul, il découvre un médaillon que celui-ci a créé. Ce bijou n’est pas anodin car il porte un indice de taille sur la possible implication de son ancêtre. Cela le chamboule à tel point qu’il va vouloir en connaître davantage. Cela devient presque une obsession. Il décide de se rendre avec Lucas là où son aïeul a été vu pour la dernière fois, au château de Noisy. Sur place, une partie de la vieille bâtisse va s’effondrer et le duo se réveillera en 1944. 
 
 
ActuSF : Peux-tu nous parler de son écriture, de l’idée originale, en passant par l’écriture, et en terminant par le travail éditorial accompli avec les éditions du Riez ?
 
Bérengère Rousseau  : Je dois avouer que c’est assez atypique. Rédemption c’est l’histoire d’un coup de foudre pour une photo. Une photo du château de Noisy. Quand je l’ai vu pour la première fois, j’en suis tombée amoureuse. J’ai fait des recherches sur la demeure et au hasard des informations que j’ai recueillies, l’idée m’est venue tout naturellement. Je me suis lancée dans l’écriture avec juste l’idée, au départ. Je suis assez instinctive dans le processus d’écriture et je n’écris que très rarement un synopsis pour entamer un récit. C’est le plus souvent un résumé très court qui me sert de fil conducteur. Ensuite, j’étoffe et j’approfondis au fur et à mesure, histoire de ne pas oublier de refermer les portes de l’intrigue. 
Pour ce qui est de l’écriture de Rédemption à proprement parler, ce fut bien différent de tout ce que j’avais écrit avant car j’avais une première expérience des refus multiples de différentes maisons d’édition. Du coup, c’est avec beaucoup de recul que je me suis lancée dans cette histoire. Sans rien attendre au préalable. Bien entendu, j’en avais parlé avec des proches et je crois que l’idée d’écrire d’après une photo les a autant intrigué que moi. Et ce fut d’ailleurs une motivation supplémentaire. 
Pour le travail éditorial, j’ai eu toute latitude pour travailler. Ce qu’il faut savoir sur Rédemption, c’est que lorsqu’il a été accepté par les Editions du Riez, il n’était pas terminé. Du coup, j’ai tenu au courant mon éditeur de mes avancées mais j’avais carte blanche pour écrire. Pour le reste, ce fut – je crois – un travail classique. Il s’est écoulé environ trois mois entre l’écriture du premier jet et les premières corrections que j’ai faites. Ensuite, j’ai envoyé cette version nettoyée au Riez. Après lecture par l’éditeur et la correction, nous nous sommes remis au travail. J’ai eu l’immense chance de travailler avec Sophie Dabat et ce fut très bénéfique. Tant pour moi que pour le texte. Jamais d’obligation mais beaucoup de discussions, d’échanges et ça, c’est quelque chose que j’ai trouvé très important. Il y avait beaucoup de respect dans cette collaboration. Quand on débute, c’est essentiel.
 
 
ActuSF : Pourquoi et comment le livre s’est-il retrouvé chez les éditions du Riez ? 
Bérengère Rousseau  : Initialement, c’est un autre projet que j’avais envoyé au Riez. Projet qui a été refusé, le public ne correspondant pas à la ligne éditoriale. Avant de recevoir officiellement ce "non", j’ai discuté avec Alexis Lorens de Rédemption, puisque je travaillais dessus à cette période. Il s’est montré intéressé et a demandé à lire le début. J’avais hésité à aller au culot de la sorte mais ne dit-on pas "qui ne tente rien n’a rien" ? D’autant que c’est un éditeur que j’apprécie beaucoup. Alors, j’ai tenté. Cela lui a plu et quelques mois plus tard, je recevais mon premier contrat. 
 
 
ActuSF : Tu bénéficies d’une superbe couverture d’Aurélien Police, peux-tu nous raconter la création de celle-ci ? 
Bérengère Rousseau  : C’est une chance incroyable ! J’adore ce que fait Aurélien Police et secrètement, je rêvais de travailler avec lui. Lorsque le Riez m’a demandé si j’avais des noms en tête, j’ai bien entendu pensé à Aurélien. C’est aussi à lui qu’avait songé l’éditeur. C’est donc fort bien tombé.
J’ai du fournir un résumé de l’histoire avec points-clés et détails qui pouvaient lui permettre de cerner l’histoire au maximum. 
Quand il nous a contacté l’éditeur et moi pour nous prévenir qu’il était disponible pour se lancer, c’est allé très vite. Le lendemain, j’avais déjà l’ébauche de la couverture. J’en suis restée bouche bée. en quelques échanges, il a compris tout ce que j’avais dans la tête. Tout ce que j’avais imaginé ou souhaité s’y retrouvait : l’aigle qui se délite, la couleur rouge prédominante, le château en arrière-plan... tout y était. Je me suis même demandé s’il n’avait pas lu dans mes pensées tant cela reflétait ce que j’avais espéré pour la couverture. Impressionnant. Et je l’en remercie vivement.
 
 
ActuSF : Pourquoi une uchronie ? Pourquoi sur la Seconde Guerre mondiale (et sur l’épisode particulier de la bataille des Ardennes en 1944) ? 
Bérengère Rousseau  : Ҫa c’est imposé tout seul, en fait. Je n’avais pas spécialement prévu d’écrire une uchronie, je suis pas experte en la matière mais dans le processus d’écriture, ça c’est goupillé de cette manière. Pour la bataille des Ardennes, en revanche, c’est quelque chose qui me passionne et pas que moi. Je partage ça avec mon papa, grand amateur de films de guerre et notamment, sur la Seconde guerre mondiale. Noisy se trouvant dans les environs de Bastogne, c’est tout naturellement que j’ai choisi cette période particulièrement sanglante de l’histoire de la Belgique.
 
 
ActuSF : Peux-tu nous parler de la création des personnages principaux et secondaires ? 
Bérengère Rousseau  : Je fonctionne pour les personnages au feeling. Généralement, je le liste mais cela s’arrête là. Je ne sais pas les détailler avant de commencer à écrire. J’écris selon ce qui me vient. J’avais mon duo dès le départ mais il a évolué au fur et à mesure des corrections. Ensuite, j’ai donné corps à leur histoire familiale et une fois l’histoire lancée, j’ai ajouté les personnages secondaires que j’ai étoffé tout au long du récit. Je suis très mal organisée et je perds facilement mes notes ou mes cahiers. Je compile tout sur mon ordinateur. Je détaille avec profondeur lorsque le monde l’impose mais en l’occurrence, dans le cas de Rédemption, je suis restée dans un nombre assez restreint de personnages centraux.
Pour le personnel militaire, en revanche, j’ai fait beaucoup de recherches. Notamment pour les grades de l’armée allemande. J’ai lu pas mal d’ouvrages sur la question pour coller au maximum à la hiérarchie existante.
 
 
ActuSF : Avant de soumettre ton manuscrit, l’as-tu testé auprès de proches, de bêta-lecteurs ? 
Bérengère Rousseau  : En effet. J’ai la chance d’avoir des personnes autour de moi qui écrivent et lisent beaucoup. Ainsi, deux amies - l’une, lectrice assidue et l’autre, auteure également - m’ont aidée dans le processus de correction. Elles ont toutes deux lu la première version et nous avons pu en discuter ensemble. L’une des deux a ensuite relu la version corrigée juste avant son envoi au Riez. 
Ce n’est pas la première fois que je fais appel à des bêtas. C’est toujours une manière de s’exposer à la critique et c’est ainsi bon à prendre. C’est comme ça que l’on évolue.
 
 
ActuSF : Quels sont tes projets en cours et à venir ? Y a t-il un moyen de te suivre au quotidien ? 
Bérengère Rousseau  : Actuellement, je travaille sur deux romans à la fois. J’aime bien me compliquer la vie. Le premier projet est un one shot post-apocalyptique. En deux mots, il s’agit d’un road movie qui relate une invasion extra-terrestre mise à jour après une série de tremblements de terre et le fameux Big One, le tremblement de terre le plus dévastateur qui pourrait survenir un jour d’après les spécialistes. On suit les aventures d’Helena, chercheuse à l’Euro Space Center de la première secousse jusqu’à l’invasion. Ensuite, commence la seconde partie du récit où on évoque l’après-invasion. L’intérêt du récit repose sur le nombre de personnages. J’y donne la parole à au moins cinq personnages différents, terriens et Aliens.
Le second projet est très différent, il aborde les divinités égyptiennes réincarnées en chats. Si l’on pourrait croire que le récit est enfantin, il n’en est rien. Il est plutôt orienté fantastique avec quelques flashbacks dans l’Égypte ancienne. Dans ce projet, on suit principalement la déesse Bastet et son fidèle serviteur et ami, Ashraf. Les uns après les autres, les dieux retrouveront un monde bien différent de celui qu’ils connaissaient. Certains en seront nostalgiques et chercheront à rétablir l’ordre initial des choses, au risque de provoquer une troisième guerre mondiale. 
On peut bien entendu me suivre sur la toile, sur ma page Facebook , sur mon compte Twitter (@Earane_rousseau) ou mon blog
 
 
ActuSF : Le mot de la fin t’appartient, fais-toi plaisir ! 
Bérengère Rousseau  : Merci pour cette interview, d’abord ! Et enfin, je dirais simplement qu’il faut profiter de la vie et faire ce qu’on aime ! 

Bertrand Campeis

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