Interview de Danielle Martinigol
de Danielle Martinigol
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Danielle Martinigol
Date de parution : mai 2007 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Danielle Martinigol s’est spécialisée dans les romans jeunesse. Petite interview à l’occasion de la parution de Veddem.

Actusf : Comment est née l’idée de Veddem ?
Danielle Martinigol : Je suis restée cinq ans sur ma planète maritime, Autremer, pour ma trilogie chez Mango / Autres Mondes. Je rêvais de soleil torride et d’air sec ! J’ai toujours été fascinée par le désert. La création de Veddem a donc été toute simple. J’ai pris le contre-pied total d’Autremer. Avec, (et je le remarque en vous répondant), une similitude toutefois : les Autremeriens vivent au fond de leurs mers et les Veddemis au fond de leurs rifts. Le bon docteur Freud pourrait sans doute élucider ce mystère !

Actusf :
Parlez-nous de Gaïdy et Celian. Pourriez-vous nous les présenter ? Comment les voyez-vous ?
Danielle Martinigol : J’aime bien Gaïdy. Elle a du battant, c’est une jeune fille « normale » malgré ses surcapacités mentales. Célian, lui, est un beau gosse qui « se la pète » un peu. Mais la vie l’attend au virage. Ses pouvoirs de Médio vont subir de la concurrence dans la suite de la saga. Tous les deux sont jeunes, branchés et rebelles. Je voulais des personnages dans la lignée des Maguelonne, les héros d’Autremer, à savoir des humains capables de supracommunication. Ce n’est pas par hasard si une certaine famille Guélone vit sur Veddem. Des descendants ? Qui sait… Surtout que l’héroïne extraterrestre se nomme Perla, allusion aux « perls » pilotes d’Abîmes.

Actusf :
Veddem est une planète très dépaysante avec des extraterrestres comme Perla capables de nager dans le sable. Vous souvenez-vous comment vous est venue l’idée de cette planète et de cette "nage" ?
Danielle Martinigol : Tout à fait. Je voulais faire de l’eau un bien d’une valeur extrême. J’avais déjà abordé le sujet dans mon premier roman L’Or bleu. D’un autre côté, j’aime la beauté des géodes d’améthystes. Je n’ai eu qu’à combiner les deux visions. Comme il fallait que quelqu’un trouve cette richesse en dessous des déserts de Veddem, j’ai crée mes extraterrestres fouisseurs avec jubilation.

Actusf :
Ce premier tome de Veddem reprend de grands thèmes de la science-fiction. Etes-vous une grande lectrice de ce genre littéraire ?
Danielle Martinigol : Bien sûr. Je ne lis quasiment que ça depuis l’adolescence. Certes, j’ai des chefs-d’œuvre de la littérature classique dans ma bibliothèque, (je suis prof de lettres), mais la SF reste mon domaine de prédilection, ma respiration, mon ouverture sur le monde, ou plutôt les mondes.

Actusf : Veddem évoque à la fois la rencontre de deux cultures, mais aussi le grand sujet de la rencontre de l’autre et de la différence, tout en nous offrant une belle balade dépaysante. Qu’aviez-vous envie de faire ? Ecrire un texte avec un "message" pour les enfants ou juste les emmener en balade vers un ailleurs ?
Danielle Martinigol : Message et balade sont indissociables dans mes livres. J’essaie toujours de distraire mes lecteurs au premier chef ; mais il est évident que faire réfléchir les jeunes sur le présent en imaginant un futur plausible est aussi un de mes buts avoués. La tyrannie sévit dans pas mal de pays sur Terre, et des situations d’apartheid existent encore. Donc les Humains de Veddem agissent à l’égard des Veddemis comme certains de nos contemporains, hélas. C’est pour cette raison que mes héros rappellent à tous la signification du mot tolérance.

Actusf : 
Pouvez-vous nous dire quelques mots de la suite. Que va-t-il arriver à Gaïdy et Celian ?
Danielle Martinigol : Gaïdy et surtout Célian, ne sont pas au bout de leurs surprises. L’Eau Dense est une allégorie de l’Internet et du pétrole ce qui, je le reconnais, est une association d’idée plutôt étrange. Dans Veddem, l’Eau Dense permet aux soNDeurs de communiquer. Voilà pour l’internet. Dans le tome deux, « Irgane », du nom d’une seconde planète des sables où sévissent d’autres soNDeurs, l’Eau fossile jouera cette fois le rôle du pétrole, lequel nous permet principalement de nous déplacer ! Je n’en dirai pas plus. Qui lira verra.

Actusf :
Vous écrivez essentiellement pour les enfants. Pour quelles raisons ? Est-ce que cela change un peu votre manière d’écrire ? Comment vous adaptez-vous à votre lectorat ?
Danielle Martinigol : C’est un choix d’écrire pour les jeunes. J’aime beaucoup le faire. Je rencontre souvent mon lectorat qui est très fidèle. Même en grandissant, mes lecteurs continuent à suivre mes parutions. Ça me touche énormément. Il y a sans doute une part d’autocensure en écrivant pour les jeunes. J’élimine le sexe au profit de la sensualité, j’évite trop de violence et les situations politico-économiques compliquées. Mais le plaisir d’aller directement à l’action dans l’urgence d’un texte court est indéniable C’est une excellente école de concision stylistique.

Actusf :
Quels sont vos projets actuellement ? Sur quoi travaillez-vous ?
Danielle Martinigol : Justement, non pas parce que j’ai été frustrée par mes textes pour ados, bien loin de là, mais pour voir quel effet cela fait d’avoir l’opportunité d’entrer dans les détails d’une société en bénéficiant d’un volume beaucoup plus important, je suis en train de travailler à un roman pour adultes. Et ça me passionne tout autant. Seule différence, le temps d’écriture. Je me laisse deux ans devant moi avant d’oser vraiment en parler. On se donne rendez-vous en 2009 ? Donc, à bientôt… dans le futur. Merci à toute l’équipe d’ActuSF.

Jérôme Vincent