Interview de Jess Kaan sur Dérobade
( 1 )
de Jess Kaan
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Jess Kaan
Date de parution : janvier 2000 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : juin 2004

Lire tous les articles concernant Jess Kaan

Après avoir remporté le prix Merlin avec sa nouvelle L’affaire des Elfes Vérolés. Il publie , à trente ans, son premier recueil chez L’Oxymore Dérobade.

Actusf : Tout d’abord, tu écris des nouvelles de fantastique, de SF et de fantasy, j’imagine que tu aimes les genres de l’Imaginaire. Si oui pourquoi et y a-t-il eu des auteurs qui t’ont marqué ?
Jess Kaan : Bonjour Actu SF et toi visiteur du site. Effectivement j’adore les genres de l’Imaginaire car ils ouvrent de nouveaux horizons, te plongent dans des mondes différents. Parfois, dans le fantastique, ta réalité bascule et tu te trouves, toi le lecteur, mal à l’aise parce que tu as fusionné avec les personnages… La littérature plus générale ne me fait malheureusement pas cet effet là, parce qu’elle ne m’apporte pas la part de rêve, de mystère sans laquelle la vie n’a pas la même saveur. Les auteurs d’imaginaire s’avèrent quelquefois de vrais magiciens en la matière. Il est vrai que certains d’entre eux m’ont marqué, mais ce ne sont pas forcément ceux que les critiques croient déceler dans les écrits… Oui, je suis surpris quand je lis une critique et qu’on me parle de Simmons ou d’Holdstock. En revanche, je confesse une certaine fascination pour les meilleurs livres de James Herbert comme la trilogie des Rats, Dis-moi qui tu hantes qui est vraiment l’une de ses meilleurs œuvres, puis il y a les auteurs découverts par l’entremise de la défunte collection Terreur, Masterton (celui de Démences, de la trilogie de Manitou, pas le Masterton de Magie Maya et consorts…), j’aime beaucoup Charles de Lint, Clarck, l’auteur de 2001, même si le côté hard-science est quelque peu rebutant et naturellement je suis de cette génération qui ne peut manquer d’associer étroitement imaginaire avec King, le fabuleux nouvelliste. Ah ! et j’allais oublier dans les références classiques Daudet et Balzac qui, eux, savent me toucher.

Actusf : : Comment t’est venue l’envie d’écrire ?
Jess Kaan : J’ai toujours aimé écrire et me raconter des histoires ; c’était ma façon de grandir sans frère et sœur et d’accepter ma nature plutôt… solitaire. Pour moi les rédactions à l’école puis au collège étaient des moments bénis parce que je pouvais me laisser emporter par les mots, que je vivais des histoires formidables parfois. Pourtant, il a fallu qu’un ami me montre ses écrits au lycée pour que je me décide à mon tour à coucher mes premiers textes sur des cahiers de brouillon dans un premier temps, puis sur les feuilles noircies par une machine à écrire. A la fac, j’ai enfin eu un PC et j’ai continué d’écrire avec l’idée de soumettre mes textes, parce que j’en avais très envie.

Actusf : : Sur ton site, tu expliques que tu as pris une volée de bois vert sur tes premiers écrits. Aujourd’hui tu sors un recueil. Y a-t-il eu un déclic ?
Jess Kaan : La fameuse anecdote ! Pour replacer les choses dans leur contexte, je dirai que j’ai envoyé à Galaxies un texte de fantastique, que Stéphane Nicot n’était pas de bonne humeur à ce moment-là et que la lettre fut à l’image de cette conjonction d’événements (rires). Quand tu te fais jeter de la sorte, il y a forcément un déclic… S’il n’y en avait pas eu, je ne serais pas là à publier un recueil parce qu’Oxymore n’en aurait pas voulu tout simplement. Donc pour revenir à la période des débuts, après m’avoir incendié, Stéphane Nicot m’a donné l’adresse de Raymond Milési qui répertoriait tous les fanzines et j’ai commencé à soumettre mes textes chez Miniature, à l’ODS, puis à Horrifique… Ce sont tous ces fanzines qui, en acceptant des textes qui n’auraient pas convaincu un éditeur pro, m’ont donné envie de continuer et permis de progresser… Puis après un temps, Nestiveqnen a lancé l’appel à textes pour la collection Jour de l’An et j’ai osé franchir le pas…

Actusf : : Quels sont les thèmes qui t’inspirent particulièrement (la Solitude, la Folie, l’Actualité, l’écologie … ) ?
Jess Kaan : Toi, on dirait que tu as fait un tour sur mon site (rires) http://perso.wanadoo.fr/jess.kaan Commençons par l’actualité, je suis incapable d’écrire un texte de fantastique, SF, science fantasy etc, sans trop m’éloigner de la réalité. J’adore les entrefilets dans le journal, les mini dépêches dont personne ne parle, les sujets qui ne sont pas forcément à la mode. Quand ils m’intéressent, je les collectionne et j’attends l’instant propice. Ce fut le cas avec Fast Food mon premier texte pro qui parlait en partie de la résistance des bactéries aux antibiotiques dès 1999, à une heure où le sujet ne commençait qu’à être abordé dans diverses revues… Ensuite, j’ai des domaines de prédilection, l’Histoire, la Biologie. Ces matières m’ont toujours intéressé parce qu’elles me font réagir et si je peux en parler dans un texte, même indirectement, j’en suis très fier. Puis il y a l’écologie, je pense que notre environnement mérite d’être davantage respecté. Pour lui-même et aussi pour les générations à venir, à qui nous ne faisons qu’emprunter la Terre. C’est la condition sine qua non de notre présence ici bas, mais les préoccupations économiques ont trop souvent tendance à nous le faire oublier. Quant à la solitude et la folie, ce sont des thèmes que j’ai déjà abordé dans mes écrits, parce que lorsqu’on est seul par non choix (mes années collège / lycée), on ne se sent pas forcément bien et que le monde devient alors hostile, qu’en pareils cas, il suffirait d’un rien parfois pour te faire basculer.

Actusf : : Pour l’heure, tu as publié des nouvelles et pas de romans. Est-ce parce que c’est une forme de récit dans laquelle tu te sens particulièrement à l’aise ?
Jess Kaan : Sentirais-je dans cette question une forme de comparaison entre ces deux genres ? (sourcils froncés, mine interrogatrice)Tout d’abord, le roman et la nouvelle sont à mon avis deux genres éminemment respectables, même si la nouvelle est un peu déconsidérée dans notre pays. Déconsidérée car le lecteur a tendance à se dire : « si c’est court, c’est que l’auteur a passé moins de temps à l’écrire, à peaufiner son texte, et puis on n’a pas le temps de s’attacher aux personnages… » Personnellement, j’aime la nouvelle qui me laisse pantois, où la dernière ligne terminée, j’ai l’imagination qui galope, où je reste à me poser des questions du genre que vont devenir les persos… Je pense à Brumes de King par exemple. J’adore me faire des films dans la tête et comme je dois être quelque peu masochiste, je me surprends parfois à relire la nouvelle. Parce que c’est un genre qui se prête aisément à la relecture. Je plaide coupable d’avoir relu plusieurs fois certains textes des Lettres de mon moulin de Daudet avec un plaisir toujours renouvelé. Pour le roman, je suis incapable d’en faire autant. Ceci explique peut-être cela. Toujours est-il que j’ai découvert la nouvelle assez tardivement et que ce genre m’a séduit pour les raisons que je t’ai mentionnées, alors je me suis engouffré dedans, même si mon mentor de l’écriture Maître Philippe Ward me répète sans cesse « quand écriras-tu un roman ? » Dire que la nouvelle est plus facile à placer est faux à mon sens. Parce qu’il n’y a pas des revues à foison, qu’elles font une part large aux anglophones, que les grands éditeurs publient rarement des recueils, lesquels se vendent mal d’ailleurs, et que nombreux sont les auteurs de nouvelles en France.

Actusf : : Tu es aussi anthologiste. Tu as dirigé notamment le numéro 9 d’Emblèmes sur la Route. Cette expérience t’a-t-elle apportée quelque chose pour ton travail d’écrivain ?
Jess Kaan : J’ai co-dirigé l’Emblèmes sur la Route puisque je bossais, à ma demande, avec Grégory Silhol. Chapeauter une telle revue fut vraiment une expérience enrichissante. Recevoir tous ces textes, les lire, les pré-sélectionner, confronter sa vision… J’ai ainsi découvert des perles. Mais si la co-direction de cet Emblèmes m’a appris quelque chose, c’est à relativiser les temps d’attente. Lorsque tu écris et que tu soumets un texte à un éditeur, tu passes des mois à te languir et comme je suis un impatient né, je trouvais assez souvent que cela confinait à la torture morale. Quand j’ai pris en charge le numéro sur la Route, je me suis vite rendu compte qu’il n’était pas toujours possible de répondre immédiatement. Au contraire, tout dépend de ce que tu vas recevoir…

Actusf : : Parlons un peu de ce recueil, Dérobade. Comment est-il né ? Comment le projet a-t-il vu le jour ?
Jess Kaan : Après que j’aie publié quelques nouvelles dans plusieurs Emblèmes et dans d’autres revues ou anthologies, Léa Silhol m’a contacté en me disant que les Editions de l’Oxymore montaient une collection pour faire connaître des auteurs francophones. Elle m’a donc demandé si j’avais un projet de recueil à lui proposer. L’idée me paraissant très bonne voire une opportunité à saisir immédiatement (parce que monter des recueils d’auteurs francophones, il n’y a pas beaucoup d’éditeurs qui prennent ce risque financier aujourd’hui, hormis de vrais passionnés d’imaginaire), j’ai foncé : je lui en ai soumis un avec un fil conducteur. Comme les Editions de l’Oxymore trouvaient qu’il collait avec la collection, je me suis mis à écrire la plupart des textes.

Actusf : : Ce qui frappe, c’est la diversité des nouvelles. Etait-ce voulu ? Comment s’est fait le choix des textes ?
Jess Kaan : Diversité dans quel sens ? Si tu entends par-là, les trois genres, fantastique, SF, fantasy, je dirai que j’ai suivi en cela mes illustres prédécesseurs (Claude Mamier, Mélanie Fazi, Léo Henry, Léa Silhol). De plus, ça tombait bien, je suis incapable de me cantonner à un seul genre. Comme je déteste le rangement (mon bureau pourrait en témoigner), je n’aime pas les étiquettes, donc je mélange allègrement… Concernant le choix des textes, je dirai qu’il a été guidé par le seul thème du recueil. Outre son titre non innocent, on retrouve ce sentiment de repères qui se perdent, de réalités qui vacillent. Sébastien Bermès l’illustrateur a très bien saisi cette impression générale lorsqu’il a réalisé sa magnifique couverture. Quand le projet du recueil s’est esquissé, nous avons convenu avec Léa Silhol que mon recueil comporterait beaucoup d’inédits. Parce que je voulais absolument que tous ces textes s’imbriquent dans une vision d’ensemble. En tant que directrice littéraire, elle tenait cependant à ce que je reprenne la version longue de Bloody Venise, celle que la longueur d’un Emblèmes nous avait contraint à couper. Et personnellement, je tenais ABSOLUMENT à reprendre Quand Lune Saigne. Pour le reste, mes thèmes avaient changé et j’ai donc pris beaucoup de plaisir à écrire ces nouveaux textes, certains que je cogitais depuis pas mal de temps, je pense au texte le Bayou que je voulais voir exister depuis tellement d’années mais que le manque d’opportunité aurait rendu vain.

Actusf : : As-tu eu des réactions de lecteurs et quelles sont-elles ?
Jess Kaan : La plupart des lecteurs se sont focalisés sur Quand Lune Saigne qui ouvre le recueil allant de la critique cinglante (complaisance dans la violence…) à l’enthousiasme débordant. Une chose est sûre, c’est qu’il s’agit d’un texte qui brise la mer gelée en nous et ne laisse pas indifférent, c’est le sentiment général qui se dégage des mails que j’ai reçus ou des critiques que j’ai pu lire. Ensuite un autre texte qui a appelé de nombreux commentaires, c’est le Bayou que je recommande de lire à la fin du recueil… Généralement, il a ému parce qu’il est très différent, qu’il invite à se poser des questions, à relativiser. Quelqu’un m’a même dit qu’il donnait envie de tout plaquer pour vivre comme l’un des héros. Je n’en dirai pas plus pour éviter les spoilers. Et ensuite, il y a les réactions éparses, j’ai bien aimé ces textes là, moins celui-là et bizarrement, il n’y a pas de consensus. Chacun des lecteurs qui a pris la peine de me mailler trouve dans ce recueil des textes qui le touchent plus que d’autres, parce que les sensibilités sont différentes.

Actusf : : Tu as des héros récurrents dans certaines de tes nouvelles, constituant des mini cycles. Quels sont ceux en cours ? Et pourquoi cette forme étonnante ? Est-ce que c’est voulu (avec un schéma d’ensemble que tu racontes par étapes) ou est-ce que ces héros se sont réimposés d’eux mêmes ?
Jess Kaan : J’aime ce terme de mini cycles. En réalité, il y a des personnages que tu n’as pas envie d’abandonner lorsque tu écris, avec lesquels tu entretiens une passion, et c’est mon cas. En ce qui concerne le recueil, on y trouve une partie de ce que j’appelle le cycle des Sukkalin, un ensemble de textes qui commencent en 2070, peu avant la chute de l’humanité confrontée à des créatures célestes. J’ai inauguré ces histoires avec Nitro, texte paru dans l’anthologie Rock Stars chez Nestiveqnen. Puis j’ai inséré deux textes de ce cycle dans le recueil : Iliana Letchawa 2037-2070 et Sukkal. Chacun d’eux apporte un éclairage sur les protagonistes de ce conflit peu commun ; je raconte donc par bribes et je laisse à l’imagination du lecteur l’opportunité de bâtir sa propre histoire. Le cycle des Sukkalin comprendra 6 ou 7 nouvelles au final et je ne prévois pas de le développer davantage… Enfin pas pour l’heure. Puis il y a mon chouchou que l’on ne trouve pas dans le recueil car il n’y aurait pas eu sa place tout simplement… Le fil conducteur étant la perte de repères dans notre réalité, Eidonius, le détective privé, a beau être décalé, il aurait trop contrasté avec son univers. Pour ceux qui n’ont pas le plaisir de le connaître, Eidonius est un privé triton, râleur, assez dragueur et moyennement courageux, toujours plongé dans de sombres affaires. Il m’a valu le prix Merlin en 2003 pour la nouvelle l’Affaire des Elfes Vérolés (science et sortilèges chez Nestiveqnen), on l’a retrouvé en toute logique tritonne dans une préquelle dans l’anthologie Chimères chez Oxymore. Et je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin… Le problème c’est que si j’écris une nouvelle avec Eidonius, elle est forcément très longue donc elle a du mal à se placer en revue.

Actusf : : Causons musique. Elle est souvent présente dans tes nouvelles. Quelle place a-t-elle pour toi ? est-elle par exemple source d’inspiration ?
Jess Kaan : C’est bizarre cette omniprésence de la musique dont tout le monde me parle, en fait je n’en ai pas conscience (rires). Excepté Nitro bâtie autour des chansons de The Offspring, je n’ai pas l’impression d’être hautement musical. Dans le recueil, il y a une citation tirée d’une chanson de Rob Zombie parce qu’elle colle parfaitement au texte et un texte qui nous renvoie à London Calling, la chanson de The Clash. Après tout, London Calling rend très humblement hommage au mouvement Punk, ce n’est donc que justice. Une chose est sûre c’est que je n’écris pas en musique, mais que parfois la musique suscite en moi des images, clarifie des idées latentes et qu’ensuite je les développe. Mais comme je le disais à Olivier Gechter dans une autre interview, ce n’est pas la musique qui va me donner une idée quand je n’en ai pas.

Actusf : : Toujours sur ton site, tu expliques qu’un roman est en préparation. Peux-tu nous en parler un peu plus. Quel sera-t-il ?
Jess Kaan : Pour tout te dire, j’ai en tête trois romans, à des états plus ou moins divers d’avancement. Un de terreur qui se passe dans le Nord, ma région, un de fantasy mais le background est encore à peaufiner (je veux vraiment faire original), et enfin un roman avec Eidonius. C’est finalement à celui-là que j’ai décidé de consacrer l’ensemble de mes efforts. Pour les fans du Triton, l’histoire reprend juste après la fin de l’Affaire des Elfes Vérolés et déménage beaucoup. En tout cas, je m’éclate dessus, je le confesse devant le peuple du net et pour l’heure, je n’ai aucun éditeur en vue. Je me contente d’écrire, sans plus…

Actusf : : D’ailleurs à lire ton recueil, certaines de tes nouvelles semblent assez riches pour développer un roman. As-tu envie justement d’en rallonger quelques-unes plus tard ? Et si oui lesquelles ?
Jess Kaan : Rallonger des nouvelles pour en faire des romans ? Argh ! Non désolé, si j’ai donné à ces textes cette forme courte, c’est parce que je pensais qu’ils méritaient ce… traitement (ouh ! qu’il est moche ce terme). Ensuite qu’il y ait une richesse à exploiter et à transformer en roman, pourquoi pas, mais je n’ai absolument pas envie de re-raconter ces histoires. Et d’une, ce serait se moquer des lecteurs à mon sens. Et de deux, je manquerais de conviction je me connais. Reprendre certains personnages et les faire évoluer dans d’autres intrigues offrirait une certaine continuité à l’inverse. Mais pour l’heure ce n’est pas d’actualité… J’ai déjà tellement de choses à faire, à boucler, à continuer….

Actusf : : Quels sont tes projets justement ?
Jess Kaan : La liste est assez longue, donc commençons par le commencement. Je vais tout d’abord chapeauter un dossier de Faeries sur un grand auteur de fantasy, puis j’écrirai la préface du recueil de Léa Silhol sur les Fays qui paraîtra cet automne chez Oxymore. C’est un vrai privilège d’autant que j’adore cet univers ! En parallèle, je continuerai et terminerai mon roman ; j’écrirai peut-être une ou deux nouvelles mais pas davantage pour pouvoir m’investir totalement dans le roman. Puis j’embraierai soit sur le roman de terreur, soit sur celui de fantasy (selon l’humeur du moment)… Et dans un avenir plus lointain, je reprendrai seul les commandes d’un Emblèmes. Ca c’est pour 2005 voire 2006. Et puis il y a un projet secret dont la superstition m’interdit de parler, mais qui me stimule à un point inimaginable…

Actusf : : Et quels sont tes envies ?
Jess Kaan : Parvenir à toujours concilier le boulot (oui je ne suis pas auteur à plein temps), la vie de famille et l’écriture. Ecrire un peu de SF, et continuer par dessous tout. Voir le roman, ce vieux rêve, devenir réalité et aller de l’avant, même si la situation en librairie n’est pas grandiloquente... Et enfin et surtout plus de sérénité dans le monde qui en a bien besoin…

Jérôme Vincent