Interview de Kristine Kathryn Rusch
de Kathryn Kristine Rusch
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Kathryn Kristine Rusch
Date de parution : avril 2008 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Kristine Kathryn Rusch nous propose depuis quelques semaines un nouveau cycle de science-fiction chez Bragelonne. Interview

ActuSF : Tout d’abord, comment avez-vous découvert la science-fiction et la Fantasy et qu’est ce qui a fait ce que vous vouliez en éditer, d’abord, et ensuite, en écrire ?
Kristine Rusch : Je n’avais aucune idée de la notion de genre quand j’étais jeune. Je ne l’ai pas comprise avant la fac. Même maintenant, je lis tous les genres et ne fais aucune discrimination. Donc j’écris dans la plupart des genres et j’en édite plusieurs. Aussi loin que je me souvienne, j’ai voulu écrire. Ma sœur possède une histoire que j’ai écrite quand j’avais sept ans. Donc, ça remonte loin. J’ai édité d’abord des non-fictions avec le journalisme et la radio. Puis, mon mari, Dean Wesley Smith, m’a suggéré d’éditer Pulphouse. Je n’y avais pas pensé auparavant. Alors j’ai essayé. Il s’avère que je suis bonne à cela. Mais cela ne m’amuse pas. Je préfère écrire.

ActuSF :
Est-ce que la transition de l’éditeur à l’écrivain fut difficile ?
Kristine Rusch : Il n’y a pas eu de transition. J’ai toujours été écrivain. J’ai édité pendant un moment pour de l’argent.

ActuSF :
Parlez-nous de la série de Feys. Vous rappelez-vous comment est née l’idée ? Les Feys apparaissent comme un peuple guerrier et fier. Comment les voyez-vous, vous, leur créatrice ?
Kristine Rusch : J’adore les Feys. Ils sont violents, oui, mais leur principal objectif, dans la vie, c’est la guerre. C’est de là qu’ils tirent leur pouvoir. Il y a une éditrice en Angleterre qui a déclaré qu’elle voulait que je écrire une série Fantasy et qu’elle l’achèterait. (Elle a pris sa retraite depuis), je n’y avais jamais pensé avant. Donc je me suis dit que j’avais besoin d’une grande histoire et de plusieurs petites pour soutenir la série. J’ai choisi comme modèle la guerre de 100 ans. Ensuite, j’ai étudié l’histoire de la guerre et la violence chez l’homme, je suis partie de là.


ActuSF : Le feys aussi sont violents et sans pitié. Pourquoi avez-vous choisi de les rendre si barbares, si violents ?
Kristine Rusch : Parce que c’est la façon dont les humains sont belliqueux. Vraiment, à l’exception de la magie, les Feys ne sont pas différents de ce que l’homme a été au fil des ans.

ActuSF : Ils s’opposent aux Islanders. Toute la richesse de l’intrigue vient du face-à-face entre ces deux peuples si différents. Etait-ce cela que vous avez été intéressé, au début ?
Kristine Rusch : Oui.

ActuSF : Chaque peuple possède sa religion, en s’appuyant sur le christianisme pour l’un et  sur la magie noire pour l’autre... Est-ce un sujet qui vous intéresse et pourquoi ?
Kristine Rusch : Ce qui m’intéresse est la façon dont la relation entre les gens et leurs croyances influencent leurs actions, parfois sans discernement, aussi bien dans la guerre que dans la religion. En fin de compte, aucune des deux parties n’est bien différente de l’autre.

ActuSF : Pourquoi avez-vous choisi une histoire fantasy qui tient davantage du roman historique que de la fantasy classique ?
Kristine Rusch : Je pense qu’il a des deux à la fois, en fait. Mais je suis une historienne de formation, je ne suis donc toujours tournée vers l’histoire pour construire la trame de mes romans.

ActuSF :
En France, la traduction de la série n’est pas encore terminée et on ne sait pas si elle le sera un jour. Nous nous sommes arrêtés avec Résistance. Que pouvez-vous nous dire sur l’intrigue du dernier tome : Victoire ?
Kristine Rusch : Victoire clôture la première partie de la série. Je suis très triste qu’il ne soit pas paru en France. Rivages annulé l’ensemble de son programme de l’édition fantasy, et malgré le fait que nous les ayons suppliés, ils ne publieront pas le dernier livre. Nous essayons de trouver un autre éditeur pour prendre le dernier livre et mais nul ne fera (Je ne peux pas le leur reprocher. Qui voudrait se lancer dans le milieu d’une série ?) Donc, je suggérerais à tous ceux qui peuvent lire l’anglais de récupérer les livres sur www.alibris.com ou de voir s’ils peuvent trouver des copies sur www.bookfinder.com.

ActuSF : Il existe un autre cycle dans le monde des Feys, Black Trône. Il est, lui aussi, inédit en France, de quoi s’agit-il ?
Kristine Rusch : C’est la suite de Arianna & Gift.

ActuSF : Nous venons de découvrir un de vos romans de science-fiction en France : Disappeared, le premier de la série Retrieval Artist. Comment est née l’idée ?
Kristine Rusch : Nous avons aux États-Unis quelque chose appelé le programme fédéral de protection des témoins pour que les personnes qui vont témoigner contre les criminels obtiennent de nouvelles identités et puissent entrer dans la clandestinité si ces criminels tentent de les tuer pour les empêcher de témoigner. Je me suis demandée comment cela fonctionnerait dans un environnement de science-fiction, et en fait cela c’est transformé en Les Disparus.

ActuSF :
Qui sont les disparus ?
Kristine Rusch : Il s’agit d’une idée de culture croisée. Des choses qui semblent innocentes dans une culture sont des crimes dans une autre. Parce que nous avons affaire à des étrangers ici, j’ai pensé qu’ils pouvaient faire des choses que les Américains et les Européens ne feraient pas, comme rendre responsables les enfants pour les crimes de leurs parents. Les disparus sont des personnes qui ont en quelque sorte causé un crime dans un monde extraterrestre, et pensent que le châtiment est horrible, donc ils vont renoncer à leur vie actuelle pour éviter des poursuites.,,

ActuSF : Miles Flint est un flic un peu spécial. Comment l’imaginez-vous ?
Kristine Rusch : Comme un homme d’éthique dans un monde contraire à l’éthique.  

ActuSF : Votre monde est fondé sur la coexistence pacifique avec les extraterrestres. Personne ne fait la guerre. Quelle est la nature de leur relation ?
Kristine Rusch : Il n’y a pas de guerre (du moins à ce stade de l’histoire), parce que leur coexistence est entièrement fondée sur l’économie. Si c’est dans l’intérêt de quelqu’un de déclarer la guerre et de faire de l’argent, alors ils le font. Mais tous les accords, tout est fondé sur une mentalité d’entreprise où le profit est la chose la plus importante, plus importante que la vie, plus important que n’importe quoi...

ActuSF : Certains extraterrestres semblent vraiment féroces, tuant ou kidnappant de leurs victimes ... Seraient-ils le coté "sombre" de l’humanité ?
Kristine Rusch : Pas du tout. Nous avons des divergences culturelles entre humains, les différences entre le monde islamique et ce qu’on appelle le monde chrétien n’est qu’un exemple. Les humains font beaucoup de choses qui seraient inexplicables aux yeux d’autres cultures. Parfois, la violence est inexplicable. Parfois, la croyance l’est aussi, comme dans un livre que vous ne l’avez pas encore vu, Buried Deep.

ActuSF : Chaque nation respecte ses propres lois, ses règles et ses usages. Qu’est ce qui vous a intéressé en écriant cela ? D’être en mesure de confronter notre point de vue avec d’autres visions de l’univers ?
Kristine Rusch : Je ne pense pas que nous ayons un point de vue sur Terre. Lorsque je voyage en France, je constate de grandes différences entre la France et les Etats-Unis, et nous avons des cultures très proches. Ces livres portent sur des questions contemporaines dans un environnement de science-fiction - toujours en essayant de comprendre les autres - parfois en échouant.

ActuSF :
La série comprend plusieurs romans. Quel genre d’aventures nous allons lire par la suite ?
Kristine Rusch : Vous verrez un marathon sur la Lune, certains horrible virus libérés dans le Dôme, une quasi émeute, une situation de réfugiés, et certains meurtres non expliqués. Sans parler de certains attentats à la bombe ....

ActuSF : Quels sont vos projets ? Sur quoi travaillez-vous ?
Kristine Rusch : J’ai publié 2 nouvelles dans le monde de la plongée sur épave dans l’espace. (La dernière vient juste de paraître dans Asimov’s et est actuellement en couverture.), Je suis en train d’écrire l’histoire de cette dernière série, qui viendra compléter le roman. Puis, je passerais à un nouveau roman de fantaisie.

Jérôme Vincent, Stéphanie Morello-Fenouillet