Interview de Léa Silhol
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de Léa Silhol
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Léa Silhol
Date de parution : janvier 2000 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : interview par mail
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : janvier 2002

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Auteur et anthologiste, Léa Silhol manie avec aisance ses différentes casquettes. Elle aime tout particulièrement le fantastique et nous gratifie régulièrement d’articles et d’anthologies sur le sujet. Dernière en date : Lilith et ses soeurs.

Actusf : Quelle est l’origine de cette anthologie ? d’où vient l’idée ? Pourquoi avoir choisi spécialement la figure de Lilith ?
Léa Silhol  : En 99, alors que j’étais en train de mettre la dernière main à mes deux premières anthologies, De Sang et d’Encre et Ainsi Soit l’Ange, j’ai eu l’occasion de lire la nouvelle " Sister Death " de Jane Yolen, et j’ai eu immédiatement envie de faire quelque chose autour de cela, ou comme cela. La nouvelle parlait de Lilith, des Camps de la Mort, des rapports de l’humain avec Dieu, et des hommes avec les femmes… Le principe d’Emblémythiques, la collection d’anthologies que je dirige chez Oxymore étant de se centrer autour de figures marquantes, emblématiques, du fantastique, cela m’a paru assez indiqué, et j’ai proposé le projet au staff, qui a marché tout de suite. La nouvelle de Jane, bien sûr, avec qui j’avais déjà travaillé, a été la première à entrer au sommaire !

Actusf  : Un personnage comme Lilith est-il toujours d’actualité ?
Léa Silhol  : Je pense sincèrement que oui. Lilith n’est pas seulement la première femme d’Adam, rebelle à Dieu et aux hommes et devenue démone… elle est surtout un symbole d’indépendance, de refus des diktats, de rébellion assumée. Elle est aussi, bien sûr, une pomme de discorde, l’incarnation de la guerre des sexes, et de tout ce qu’on peut rattacher de négatif à la figure féminine. C’est effrayant, et c’est fascinant. Il y a peut être, plus ou moins consciemment, une volonté chez les hommes et les femmes de rajouter le piment du conflit et de l’altérité à leurs rapports, de générer une violence émotionnelle. Jouer avec le feu, en somme. Seuls les esprits totalement archaïques prennent cette opposition au sérieux, mais cela aussi, les dérives, les bûchers, la haine, il fallait le montrer. C’est sous tous ces angles là qu’il était à mon sens intéressant d’aborder le sujet, et c’est ce que j’ai essayé de faire.

Actusf  : Comment s’est fait le choix des nouvelles ?
Léa Silhol  : Pour les anglophones , qui sont moins nombreux qu’à l’accoutumée, j’ai fait appel à des textes que j’aimais déjà - ça aussi, c’est un plaisir d’anthologiste ! Sauf en ce qui concerne Ken Rand, dont le texte m’a été adressé par un collègue qui pensait que c’était pile dans ce que je cherchais (je profite de cette occasion pour le remercier). Pour ce qui est des textes francophones, j’ai lancé un appel à textes aux quatre vents, comme souvent, et reçu une pluie de réponses. Ensuite, il a fallu quelques mois de lectures, et sélectionner les textes qui illustraient le mieux l’esprit de la chose, et dégageaient l’ensemble à la fois le plus homogène et le plus éclectique. Et en même temps, parce que je ne construis jamais une antho avec un cœur froid, il y avait les coups de foudres, les éblouissements… mais c’est toujours comme ça, en somme, et c’est heureux !

Actusf  : N’y a-t-il pas de crainte de trop s’éloigner du mythe lorsqu’on lance cette anthologie avec des auteurs contemporains et surtout avec autant de visages différents pour Lilith ?
Léa Silhol  : Si, bien sûr, mais c’était aussi ce que je voulais faire. Circonscrire, cerner, pas " coller à ". Arriver à extraire les racines de la fascination, de la peur. Pourquoi ce personnage nous parle-t-il ? Qu’a t-il, encore aujourd’hui, à nous dire ? Qu’est-ce qui reste de nos vieux démons ? Pour répondre à ces questions d’actualité, il me fallait des voix modernes, justement, et des miroirs. Des miroirs parfois déformants ou troubles. Alors il y a pas mal de nouvelles qui exploitent directement le mythe de Lilith, parfois de manière très surprenante, mais il y en a beaucoup aussi qui n’abordent que son reflet symbolique, ce que j’ai appelé, dans l’appel à textes initial, la thématique de la " femme obscure ". Et c’est cela, aussi, je pense, qui fait que l’antho est ouverte, ne tourne pas en rond de manière stérile. Par contre, plutôt que de faire juste une thématique sur " Le côté obscur de la féminité " il m’a semblé intéressant de donner un point focal, une clé, aux auteurs : l’idée de ce qui fait Lilith. Pas seulement une galerie de " méchantes madames ", ou de victimes (ce que sont aussi, oui, les femmes parfois). Toucher à l’essence, en somme….

Actusf  : Attention, question piège, y’a-t-il une nouvelle que vous aimez particulièrement dans cette anthologie ?
Léa Silhol  : Cette anthologie est vraiment l’une des rares ou je peux dire que j’aime absolument tous les textes. Mais bien évidemment il y en a qui collent plus à ma sensibilité. Celui de Jane Yolen m’est cher, évidemment, puisque le livre a poussé à partir de lui, et celui de Gary Braunbeck, parce que sans lui je n’aurais pas pu clore, littéralement. Il est extrêmement important pour moi, quand je compose un sommaire, d’organiser l’articulation des textes entre eux, et de placer en premier et dernier des textes qui ouvrent et ferment en dégageant du sens. Je reconnais en général ces textes au premier coup d’œil, et celui d’Alice Yvernat a immédiatement été placé en dernier, parce qu’il était vraiment la conclusion évidente du livre (je n’en dis pas plus !). Mais il me manquait le premier, et j’ai bien tourné 3 semaines autour de ce dilemme jusqu’à ce que Gary m’envoie son texte… pour une autre de mes anthos. Et c’était ça, exactement ! Pour le reste… c’est difficile de faire un choix mais… j’ai un faible particulier pour la nouvelle de Fabrice Linnsky, qui est à mon avis le type même d’un " objectif atteint ", et pour celle de Serena Gentilhomme qui m’a littéralement tiré des larmes de rire en première lecture (oui, j’ai un humour tordu !), et celle de Catherine Dufour, complètement atypique… à côté de cela nous avons l’entrée dans ce volume de nouvelles voix qui vont continuer à s’exprimer dans Oxymore, comme Lélio, Jess Kaan et Luvan… à côté de voix qui nous accompagnent depuis longtemps, comme Claude Mamier ou Lionel Belmon, à qui nous avions ouvert les premières portes vers la publication pro… et cela aussi participe du plaisir de la chose.

Actusf  : Dans la préface, vous expliquez avoir mis deux ans à constituer ce recueil. Comment ressentez-vous sa sortie ? Est-ce un soulagement ? Une victoire ?
Léa Silhol  : Le recueil a mis deux ans à naître, mais pas pour des raisons de difficultés à le constituer, de fait. Dans l’intervalle il m’a semblé plus opportun de sortir une anthologie thématique sur les fées, et j’ai décalé Lilith dans le temps pour pouvoir sortir plus vite Il Etait une Fée. Mais pendant ce temps, bien sûr, les textes continuaient à tomber, et à moi à les lire. Et c’est un thème dur, organique, sous l’ombre duquel, finalement, j’ai passé beaucoup de temps. Le mener à terme a été, par beaucoup d’aspects, une délivrance. Les derniers mètres du marathon, sur un livre quel qu’il soit, sont toujours très durs, un peu comme dans une " vraie " grossesse. On n’en peut plus, on veut voir le bébé ! Maintenant qu’il est là, mon esprit peut n’en garder que les bons côtés, et voguer vers d’autres choses…

Actusf  : Au bout de six anthologies, la pression et l’émotion à sa publication est-elle identique ? Quel regard jetez-vous sur vos premiers recueils ?
Léa Silhol  : La pression… peut-être pas, en effet. Mais l’émotion oui, toujours ! Je suis vraiment incapable de bâtir une anthologie sans vibrer complètement pour elle, c’est mon côté passionnel. Mais, bien que cette notion ne soit pas très populaire, je bâtis mes anthos autour de concepts très personnels, avec une vision et en même temps un côté " carré ", maniaque, qui donne, de manière paradoxale, souvent des sommaires que l’on qualifie " d’extrêmement ouverts ". Et de bout en bout, je sers un thème, et ma vision, pas une démarche commerciale. Faire le meilleur bouquin possible, sans me soucier du reste. Et c’est ce que me permet une structure comme Oxymore, qui suit une vision aussi, une envie de perfection fond/forme quitte à ne pas monter au hit parade, quitte à ne pas faire de l’argent. Alors évidemment, les réactions ensuite sont intéressantes, et je suis ravie que les lecteurs aiment, ou voient les cailloux subliminaux dont je parsème les pages. Mais pour le reste… je suis déjà loin, dans un autre trip, une autre fièvre, et la pression est minime. Le travail d’anthologiste est un travail solitaire, et souvent sans gloire, dans le sens où la plupart des lecteurs croient que l’anthologiste se contente de trier quelques textes et d’écrire une préface. Cela nécessite beaucoup de confiance en soi, de constance et d’estomac pour gérer les relations parfois difficiles avec les auteurs lors des refus de textes, ou des réécritures qui s’imposent. Cela exige pas mal de distanciation. Mais le plaisir de mettre au monde un nouveau bébé ça… oui, c’est intact, complètement ! Je crois que je n’ai pas trop à rougir de mes premières anthos, non plus… Ainsi Soit l’Ange est à bien des égards une des meilleures que j’aie faite. Et De Sang et d’Encre était basée sur un principe tellement particulier… réunir les meilleures plumes actuelles sur le thème du vampire, Lumley, Hodge, Warrington , Weinberg, Gaiman… ah, oui, c’était un bonheur !

Actusf : Qu’est ce qui vous plait dans ce rôle d’anthologiste ?
Léa Silhol  : La même chose que ce qui me plait dans la cuisine ! (rire) Etre anthologiste, ou directeur d’ouvrage (comme sur Vampire : Portraits d’une Ombre) c’est exactement comme composer un menu de gala : choisir les ingrédients, organiser l’ordre des plats, les entremets, les vins… c’est alchimique, presque. Prendre des morceaux disparates (et parfois même les initier, puisque beaucoup d’auteurs, francos ou anglos, ont écrit des textes spécialement pour mes anthologies) et en faire un tout qui exalte et transcende chacune de ses parties… c’est vraiment un exercice passionnant.
A côté de cela, de manière bizarre, cela me permet de prendre de la distance avec mon métier d’auteur, de quitter le cercle hyper émotionnel de l’écriture, me recentrer. Et c’est la même chose avec mes activités de directrice de collection. Beaucoup de mes proches me disent que si j’arrêtais de faire des anthologies, ou de diriger les livres des autres, j’arriverais à écrire plus. Je ne crois pas que cela soit vrai, dans le sens ou écrire exige tellement d’investissement de ma part, de transe, que je ne peux pas rester dans cet état trop longtemps sans risquer d’oublier de respirer ! Mais travailler sur des anthos, ou des collections, me laisse centrée, dans le bain, mon esprit ne dérive pas vers les milliers d’autres modes d’expression qui me tentent. C’est donc un double effet utile/agréable, et je ne compte pas arrêter.

Actusf  : Vous êtes une anthologiste confirmée maintenant, quel regard portez-vous sur la production de nouvelles fantastiques francophones et étrangères ? (Y-a-t-il plus ou moins de textes, de meilleure ou de moins bonne qualité, plus de jeunes auteurs...)
Léa Silhol  : En ce qui concerne les auteurs anglophones, évidemment nous publions surtout des " pointures ", donc j’avoue n’être pas un très bon baromètre sur la production des jeunes auteurs… Pour ce qui est de la France cela bouge beaucoup, oui, et de nouvelles plumes , mais surtout de bonnes plumes émergent sans arrêt. Elles viennent assez naturellement vers nous, puisqu’il est connu qu’Oxymore publie très volontiers des débutants complets. Il y a de plus en plus de textes soumis mais surtout de plus en plus de plumes qui affirment et assument des aspects très personnels, atypiques, qui sortent de l’ornière Heroic Fantasy ultra classique qui a permis la pénétration initiale. Fabrice Colin a ouvert la voie, les Kaan, Belmon, Lélio, Henry, Luvan, Mamier sont en train de s’y engouffrer. De développer des identités. Et ça, vraiment, cela va initier des choses très intéressantes dans l’avenir, que j’ai bien l’intention de soutenir !

Actusf  : D’autres anthologies sont déjà programmées ?
Léa Silhol  : Tout à fait ! Mon Emblèmes sur la Venise Noire est sous presse et sortira fin février. C’est un opus extraordinaire, peut-être le meilleur que j’aie fait, un pas derrière Lilith ! On y retrouvera certaines de ces nouvelles plumes, avec des textes proprement hallucinants de Jess Kaan, Mélanie Fazi, Léo Henry, Luvan, Denis Labbé, David Cathiaux, Charlotte Bousquet… En juin sortira la première anthologie française de Fantasy Urbaine. Le sommaire franco n’est pas fixé, mais nous avons du côté des anglophones tous les maîtres du genre, de Neil Gaiman à Charles de Lint et Gary Braunbeck… Et je démarre sous peu le travail sur mon antho sur le thème de La Mort (parution en août) pour laquelle j’ai reçu énormément de textes, alors même que la date butoir (fin mars) n’est pas atteinte ! D’ici peu je ferai passer l’appel pour mon projet de début d’année prochaine, mais je n’en dis pas plus pour l’instant, le problème étant, dans ce métier comme dans d’autres, que les idées diffusées trop longtemps à l’avance risquent toujours, même avec la meilleure volonté du monde, d’être contagieuses…

Actusf : Avec votre expérience et votre double casquette d’auteur, j’imagine que vous êtes exigeante dans vos choix. Que recherchez-vous lorsque vous lisez un texte ?
Léa Silhol  : Oui, je suis très exigeante, je mentirai en prétendant le contraire. Il y a beaucoup de plumes de grande qualité dans mes anthologies, notamment dans le domaine anglophone, de Neil Gaiman à Tanith Lee, Kristine Kathryn Rusch, etc. Intercaler des textes qui ne seraient pas " au niveau " serait très préjudiciable pour tous.
Donc évidemment je recherche un style intéressant, une structure narrative cohérente, une histoire qui tient debout et est circonscrite dans la nouvelle elle-même (surtout pas de morceaux de romans !) la conformité au thème, au moins en esprit. Lorsqu’il y a des défauts mineurs, je suggère des corrections, mais pas si elles sont trop lourdes, ou défigureraient la personnalité littéraire de l’auteur. Ensuite il faut que le texte " cale " avec le reste du sommaire, apporte une nouvelle saveur, soit mis en valeur et mette en valeur. En dernier, il faut que le texte me plaise à titre personnel, mais c’est assez peu important, l’essentiel est que ce soit un bon texte, et qu’il soit bon pour l’antho. Je me base peu sur mes goûts personnels, sauf pour choisir mes " chouchous ".

Actusf  : Vous êtes aussi auteur et plus particulièrement nouvelliste, cela vous aide-t-il dans l’élaboration des anthologies ou celles-ci vous aident-elles dans l’écriture de vos textes ?
Léa Silhol  : Je pense que ma persona d’écrivain m’aide dans mon travail d’anthologiste à un niveau " humain ". Comme je suis auteur, et un auteur " ", j’ai une connaissance assez pointue des mécanismes de pensée des écrivains. Cela m’aide à les traiter bien, ce qui est rare dans ce milieu. Répondre à leurs questions, à leurs attentes, ne jamais laisser une soumission de texte sans réponse, être diplomate et positive dans les critiques, constructive, présente, honnête. En conséquence de quoi je crois que les auteurs, ici comme ailleurs, me foninvestit confiance, et savent que je ne les considère jamais comme des machines à cracher du texte. C’est aussi pourquoi, sans doute, j’ai réussi à travailler de manière régulière et poussée avec des écrivains comme Tanith Lee, qui ne répondent même pas aux courriers de beaucoup de mes homologues. Pour le reste, je pense que l’on peut être un bon anthologiste sans écrire soi-même, ce n’est vraiment pas le même travail.
Par ailleurs, est-ce que mon travail d’anthologiste m’aide dans mon écriture… oui et non. La lecture au sens large m’aide. Lire les merveilles commises par les autres, c’est motivant, exaltant. On se souvient pourquoi on écrit. Mais je lis beaucoup plus de livres non-fictionnels, de mythologie, de folklore, pour trouver l’impulsion. Comme mes textes se basent beaucoup sur le légendaire " réel ", je suis constamment en train de faire des recherches, et c’est ça qui me donne vraiment de l’élan.

Actusf  : Vous semblez très attachée à la présentation des livres (illustrations intérieures, exemplaires numérotés, éditions alternatives) ? Pour quelles raisons ? Est-ce un argument commercial ou plutôt un vrai plaisir personnel ?
Léa Silhol  : C’est un plaisir personnel. Evidemment, selon la loi des causes à effets, cela plaît aux lecteurs, mais à la base, c’est personnel. J’aime à penser que la présentation participe de la sémantique du livre, fait partie intégrante de ce qu’il est. Papier, maquette, illustrations, couverture, matités, brillances… tout doit être organisé, pensé, pour parfaire l’ouvrage. Lors de la publication de mon premier livre, chez Naturellement, j’ai demandé à choisir la couverture, et fait appel au graphiste PFR, qui est un collaborateur de longue date et dont les productions sont complètement à part. L’éditeur l’a accordé de bonne grâce, et a été content du résultat. Je n’ai pas eu la même chance avec tous mes interlocuteurs, ou avec tous les artistes, et la vue de produits " imparfaits " dans ma production est toujours un peu décevante. C’est aussi pourquoi il devient pour moi de plus en plus difficile de travailler en dehors de la sphère Oxymore, où j’ai à la fois les mains libres sur mes idées les plus hors norme (mes maquettes de couverture pour Emblèmes ou Moirages, le blanc/noir/rouge de Lilith) et en même temps de vraies compétences pour donner chair à mes délires. Des personnes qui pensent que ces choses sont importantes, et qu’il ne suffit pas de mettre sur le livre une image plus ou moins adaptée faite sans conviction par un artiste à la mode. Et des gens, c’est mieux encore, qui sont prêts à passer des nuits debout pour caler une couleur, ou corriger une épreuve pour la quatrième fois. Et, oui, toutes ces petites choses… les éditions signées, les couvertures alternatives… c’est un plus auquel on prend goût, c’est vrai ! Tant en tant qu’auteur… qu’en tant que lecteur, je suppose !

Actusf  : Quels sont vos projets ? (en tant qu’auteur et anthologiste)
Léa Silhol  : Pour les anthologies, donc, il y a les trois dont nous avons parlé sur Venise, la Fantasy Urbaine, et La Mort. Il y a aussi un projet qui nous a été commandités, à Estelle Valls de Gomis et moi, par une " grande maison " de Littérature Générale. Mais à ce stade le projet est tellement nébuleux qu’il est dur de dire s’il aboutira. En tant qu’essayiste j’ai une postface assez importante à écrire avant fin février pour un livre de Tanith Lee. Et en tant qu’auteur plusieurs de mes nouvelles vont paraître dans l’année dans des revues et anthologies, dont Etoiles Vives, Ailleurs au Canada, Emblèmes, chez ODS et dans la Presse. Je travaille sur un nouveau recueil, très différent du premier (Contes de la Tisseuse, chez Nestiveqnen). La nature de la trame directrice choisie cette fois-ci va nécessiter encore un peu de travail, mais il avance bien. Beaucoup de gens ont craqué sur mes histoires de Fantasy Urbaine dans le monde de Frontier, et m’ont poussé à travailler la chose encore davantage. Deux nouvelles au moins sur ce thème paraîtront donc dans l’année, et dès que j’aurai mis la dernière main au roman que je suis en train de finir, j’enchaîne sur la finalisation du recueil, et l’écriture d’un roman sur la fondation de Frontier. Dans l’intervalle, vous devriez tenir dans vos mains mon premier roman en fin d’année. Beaucoup de travail pour 2002, donc, mais j’ai toujours été plus du genre à tisser sous la lune que lézarder au soleil, donc je ne me plains pas !

Jérôme Vincent