Interview de Magali Ségura
( 1 )
de Magali Segura
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Magali Segura
Date de parution : janvier 2000 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : interview par mail
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : mars 2002

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Magali Ségura a d’abord brillé le temps d’une nouvelle. Puis elle nous a fait attendre de longs mois avant son premier roman, sorti il y a quelques semaines chez Bragelonne. Interview découverte d’une auteur qui ne devrait pas en rester là.

Actusf  : Comment êtes vous tombée dans la littérature ? Y’a-t-il un ou des livres qui vous aient particulièrement marqué ?
Magali Ségura  : Ma culture est plus visuelle que littéraire. BD et Films sont ma principale source d’influence. J’ai lu, bien sûr et heureusement, mais beaucoup plus quand j’étais enfant (avec des Bibliothèque Rose ou des Jules Verne) qu’à l’adolescence. L’école m’a hélas dégoûtée des livres pendant un long moment. Juste avant d’écrire Leïlan, je venais de finir La nuit des temps de Barjavel et le nom d’Eléa et la couleur de ses yeux viennent de là (il n’y a strictement rien d’autre de commun ;-)). Plus récemment, le livre qui m’a le plus bouleversé est de Guy Gavriel Kay : Les lions d’Al-Rassan.

Actusf  : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?
Magali Ségura  : Le besoin d’exorciser des personnages et l’histoire de Leïlan qui me hantait pendant une période de concours. Je ne savais pas que je pouvais écrire, je n’en avais jamais eu l’idée avant. J’ai seulement essayé ; il m’a fallu pas mal de boulot pour finir ;-)

Actusf  : Pourquoi avoir choisit d’écrire de la fantasy ?
Magali Ségura  : Je ne l’ai pas choisi, c’est venu comme ça. J’avais envie de lire cette histoire et je l’ai écrite, tout simplement. Maintenant, les prochaines idées qui trottent dans ma tête restent dans le domaine de l’imaginaire. Je crois que j’ai besoin de m’évader dans un monde complètement différent de celui où je vis. Je ne dis pas que ma vie est pourrie, loin de là ;-), mais certaines obligations, ou problèmes d’un moment font que j’ai besoin de changer d’air.

Actusf  : On vous sait scientifique ores c’est une composante qui n’apparaît pas dans vos textes. Est-ce parce que la science ne vous inspire pas ?
Magali Ségura  : C’est pour sortir de la science que j’écris des histoires, par voie de conséquence, j’ai du mal à mettre de la science dans mes textes ;-) Mais ce n’est pas un cas désespéré. J’ai une idée de SF qui recoupe pas mal d’idées venant de mes cours d’Evolution, et j’ai enfin trouvé une idée de nouvelle où j’inclurais mes grenouillettes ;-)

Actusf  : Comment présenteriez-vous l’histoire à quelqu’un qui ne la connaîtrait pas ?
Magali Ségura  : Une histoire de conte de Fées et de Cape et d’Epées. Je suis incapable d’en dire plus sans tout raconter. Ce n’est pas moi qui est fait la quatrième de couverture pour cette raison ;-)

Actusf  : Y’a t-il des livres qui vous ont influencé pour l’écriture de ce roman ?
Magali Ségura  : On pense immédiatement à Zorro avec votre héroïne qui avance masqué pour défendre les faibles, avez-vous pensé à l’analogie en écrivant ce livre et était-ce voulu ?
Ben oui ;-) L’analogie à Robin des Bois aussi. Ce sont mes personnages mythes. J’ai vu toutes les adaptations de ces héros des plus nulles aux meilleures et je pourrais les regarder en boucle. Mes premiers personnages ne pouvaient que leur ressembler.

Actusf  : Que peut-on dire de la suite de la trilogie ? Que va-t-il se passer ?
Magali Ségura  : Et bien, et bien... Jerry, Jerry, vous ne trouvez pas que c’est un nom bien simple pour un tel personnage ? Et comment Eléa peut-elle résister à l’idée d’aider les Princesses de Leïlan ?

Actusf  : Avez-vous eu des retours de lecteurs ou des réactions insolites sur votre roman ?
Magali Ségura  : J’ai eu beaucoup de retours, par e-mail, sur Internet, au salon du livre. De quoi se sentir bien ;-) La réaction la plus insolite pour l’instant, c’est un lecteur qui a donné le nom d’Eléa à sa moto après avoir lu mon bouquin ;-) Après je pourrais vous parler de ma mère, mais... elle en fait déjà trop pour ne pas la féliciter en plus ;-)

Actusf  : Votre histoire n’est pas forcément classique en fantasy eu égard au rapport "batailles épiques et gros muscles/Sentiments des personnages". Avez-vous eu l’impression d’écrire une fantasy "féminine", en tout cas plus sensible que vos camarades masculins ?
Magali Ségura  : Si j’avais écris sous le nom d’un homme, auriez-vous deviné que j’étais une femme ou auriez-vous trouvé mon écriture plus sensible ? J’ai des amis qui écrivent avec cent mille fois plus de poétique que moi, d’autres qui font pleurer leurs personnages masculins toutes les cinq minutes sans complexe et sans qu’on le reproche quoique ce soit ! Il y a des milliers d’écrivains qui racontent des histoires d’amour, on leur pardonne dès qu’il y a un peu d’aventures. Une femme ça fait toute suite plus fleur bleue (ou eau de rose ;-)) malgré des duels. Je ne vais pas me battre pour ça. J’ai peut-être vraiment une écriture féminine...

Actusf  : Faisons un petit retour vers le futur. On a beaucoup parlé de vous à l’occasion de la sortie de votre première nouvelle en mai 1999. Avec le recul, quel regard portez-vous sur ce premier texte et sur l’enthousiasme qu’il a suscité ?
Magali Ségura  : C’est mon dernier texte et non le premier. Il a été édité avant parce que Leïlan n’était pas encore prêt. Je suis heureuse et à la fois assez mal vis-à-vis de cette nouvelle parce que je sais qu’elle est plus mûre que Leïlan. Le succès de cette nouvelle m’a mis sur les fesses et m’a stressée à mort pour la sortie de Leïlan. A Chloé ne pouvait pas avoir sa force, parce que trop dépendante du roman, et elle m’avait préparé à un risque de déception. Certains lecteurs ont été étonnés du ton plus jeune de Leïlan que je n’ai pas pu entièrement effacer mais personne n’a craché dessus ! J’ai même la joie de contenter les lecteurs de "A Chloé" qui comprennent mieux sa fin maintenant.

Actusf  : Mai 1999 une première nouvelle, mai 2000, une seconde et puis quasiment deux ans d’attente avant Les Yeux de Leïlan. Que s’est-il passé ?
Magali Ségura  : Une thèse !!! Qui me sucre mon temps et qui me ronge, parce que l’étude des grenouilles est une deuxième passion assez incompatible avec l’écriture. Et il y a eu aussi des histoires de maisons d’édition qui ont ralenti le processus.

Actusf  : La transition de la nouvelle au roman a-t-elle été facile ?
Magali Ségura  : Cela s’est passé dans le sens inverse, donc très facilement ;-) Leïlan est le premier de mes textes. C’est sous le défi d’un ami que je suis passée à l’écriture de nouvelles. Je ne regrette pas, cela m’aide à supporter la frustration de ne pas avoir le temps de me lancer dans un texte trop long pour l’instant.

Actusf  : Quels sont vos projets ?
Magali Ségura  : Un deuxième cycle dès la fin de ma thèse ;-) J’ai déjà commencé deux idées mais une est plus claire dans ma tête que l’autre. Fantasy encore, dans un monde désertique, bouleversé par des pluies depuis sept ans, depuis la fin d’une quête. Une histoire située après le "happy end" avec toutes ses conséquences de vie, de vengeance et de choix. Enfin, même si je suis lente, je n’arrêterais pas d’écrire de sitôt ;-)

Jérôme Vincent