Interview de Michel Pagel (2004)
( 1 )
de Michel Pagel
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Michel Pagel
Date de parution : janvier 2000 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : interview par mail
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : mai 2004

Lire tous les articles concernant Michel Pagel

Michel Pagel revient ! Après deux longues années de silence, le voici de retour avec L’oeuvre du Diable aux éditions J’ai Lu, la suite de sa célèbre Comédie Inhumaine. L’occasion de lui poser quelques questions...

Actusf : Tout d’abord, pour commencer, parlez nous un peu de votre roman. Quel est-il ? Comment le présenteriez vous ?
Michel Pagel : Ce roman marque une espèce d’aboutissement dans La Comédie Inhumaine. Il raconte la fin de l’histoire entamée dans Le Diable à Quatre et poursuivie dans Les Antipodes ainsi que dans quelques nouvelles. Dieu et Lucifer ont chacun engendré un rejeton, mâle pour le premier, femelle pour le second, qu’ils destinent à un grand avenir. L’Oeuvre du Diable met un point final à leur affrontement, à travers la crise d’adolescence d’Eve et d’Emmanuel, les deux rejetons en question. Si le thème principal est sans conteste la religion, envisagée d’un point de vue athée, la forme est plus ou moins celle d’un thriller. La plupart des personnages importants de la Comédie Inhumaine apparaissent dans ce roman, mais il peut néanmoins se lire indépendamment des autres, les rares informations passées nécessaires à sa compréhension étant rappelées au cours du texte - et même dès le prologue.

Actusf :
Comment est née l’idée de son écriture ?
Michel Pagel : A dire vrai, puisqu’il s’agit du dernier volume d’un cycle, la question n’a pas énormément de sens. L’écriture de L’Oeuvre du diable a été motivée par les romans qui l’ont précédé, lesquels sont le résultat de diverses idées, que j’ai fini par relier entre elles grâce à l’emploi de personnages récurrents. Le premier volume à avoir été écrit est Le Diable à Quatre, et il ne devait pas, dans mon esprit, donner lieu à la moindre suite.Toutefois, un peu plus tard, j’ai écrit Nuées Ardentes, un roman qui n’a rien à voir avec la ligne de narration qui nous occupe, mais qui met en scène certains des mêmes personnages, plusieurs années plus tôt. C’est sans doute là que m’est venu l’idée de continuer à suivre des individus tout au long de leur vie. J’ai donc écrit Les Antipodes, qui se déroulait juste après Le Diable à Quatre et faisait intervenir en sus des personnages précédents ceux d’une nouvelle, L’Ile des Révélations, que je n’estimais pas avoir assez développés et qui s’inséraient bien dans l’histoire que je projetais. A la fin des Antipodes, le fils de Dieu et la fille du Diable naissaient. Cette fois, il était évident pour moi que je ne pouvais pas en rester là. Les romans de la Comédie Inhumaine se déroulant toujours grosso modo à l’époque où je les écris, toutefois, je n’avais guère envie de raconter l’histoire de deux nourrissons. J’ai donc attendu qu’ils grandissent assez pour devenir des personnages actifs, ce qui m’a laissé amplement le temps de cogiter sur ce qui pourrait leur arriver. D’une certaine manière, j’ai figé la situation. L’Oeuvre du diable la reprend quinze ans après Les Antipodes, un événement imprévu la déstabilise, et ensuite, les personnages n’ont plus qu’à se débrouiller pour s’en sortir. A la fin du roman, ladite situation se retrouve modifiée du tout au tout, au point que même s’il ne s’agit pas du point final de la Comédie Inhumaine, il marque sans aucun doute une rupture, la fin d’une période.

Actusf :
Qu’aviez vous envie de faire avec ce roman ?
Michel Pagel : Finir de raconter mon histoire. :-) Et régler une bonne fois pour toutes mes comptes avec la religion, aussi.

Actusf :
Comment avez-vous travaillé ? Vous a-t-il demandé du temps, de la
documentation ?

Michel Pagel : Le roman fait plus d’un million de signes. Toute oeuvre aussi longue demande du temps, bien sûr. Celle-là m’en a demandé d’autant plus que des problèmes personnels m’ont obligé à en interrompre l’écriture durant plusieurs mois. Toutefois, je ne peux pas dire que le roman lui-même m’a donné du mal. Je connais tellement bien tous ces personnages, à présent, que je n’ai même plus à réfléchir pour savoir comment ils vont réagir dans telle ou telle situation, si bien que je puis presque, en quelque sorte, leur laisser les rènes de l’histoire. Quant à la documentation, oui, un peu : sur le Vatican, notamment, les rouages de l’Eglise Catholique et de diverses organisations qui s’en
réclament plus ou moins.

Actusf : C’est votre premier titre dans la collection Millénaires. C’est toujours une émotion particulière de rentrer dans une collection ? Y’a-t-il un peu de trac avant de sortir un nouveau roman ?
Michel Pagel : A dire vrai, L’oeuvre du diable n’aurait pas dû être mon premier Millénaires. J’avais signé avec les éditions J’ai Lu un contrat pour que Le Roi d’Août y paraisse. Au fil de l’écriture, toutefois, il est devenu évident que le roman serait plus historique que fantastique et il a donc été déplacé vers une autre collection (avec sagesse, je le pense). Quant au trac... honnêtement, non, pas vraiment (au delà de la légère crainte de faire un bide total). Au bout de plus de quarante volumes publiés en vingt ans, j’admets que le pincement au coeur que provoque la vision de mon nom sur une couverture de livre s’est un peu amenuisé. Ca ne veut pas dire que je ne suis pas heureux de publier mes nouveaux romans, je le suis au contraire énormément, mais on ne peut pas dire que ça m’angoisse.

Actusf : Quels sont vos projets ?
Michel Pagel : Rien de concret pour le moment. Je réfléchis à un nouveau roman, mais le processus est entamé depuis trop peu de temps pour que je puisse encore en dire quoi que ce soit...

Jérôme Vincent