Interview de Mike Resnick
( 1 )
de Mike Resnick
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Mike Resnick
Date de parution : janvier 2000 Inédit
Langue d'origine : Franšais
Type d'ouvrage :
Nombre de pages : 1

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"Je me sens aussi libre qu’il y 25 ans"

Actusf  : Pour tout le monde aujourd’hui votre nom est associé à l’Afrique mais on a parfois l’impression que cela commence à vous gêner. C’est pour ça qu’on aimerait aborder d’autres sujets avec vous aujourd’hui...
M. Resnick : Bien sûr au contraire j’en serais enchanté…

Actusf  :
Tout d’abord, êtes-vous croyant ?
M. Resnick : Moi non, beaucoup de membres de ma famille le sont mais pas moi.

Actusf  :
Pourtant vous parlez souvent de divinités et la vision que vous avez par exemple du Dieu des occidentaux dans votre nouvelle The Pale thin God (Le Dieu pâle)* est très cynique …
M. Resnick : Oui car en écrivant de la science fiction, j’ai voulu faire réapparaître tous les côtés néfastes des mythes concernant Jésus et la croyance en Dieu et tous les crimes que ces concepts ont engendrés.

Actusf  :
Quel regard portez-vous sur l’actualité ? Les évènements terroristes vous font-ils réagir ?
M. Resnick : Oui mais ces actes d’une efficacité redoutable sont en fait très lâches. On ne sait pas contre quoi se battre mais en tout cas cette lutte élude toute autre forme d’actualité. On ne parle plus que de la peur de l’anthrax alors qu’il y a eu plus de morts dans les piscines par exemple. L’ampleur qu’on donne à ces évènements est un peu disproportionnée. Sans vouloir minimiser la gravité de ce qu’il s’est passé, il ne faut pas non plus oublier que les habitants de Los Angeles et de New York étaient des millions avant l’explosion et restent toujours aussi nombreux après. Il s’agit évidemment d’une tragédie à laquelle je suis très sensible mais il ne faut pas lui donner plus d’importance qu’elle ne le mérite. Cette psychose est en fait alimentée inutilement par les médias.

Actusf  :
Est-ce qu’on ne peut pas voir ces évènements comme un retour de bâton par rapport à la politique étrangère menée par les Etats-Unis jusqu’ici ?
M. Resnick  : Non, je ne pense pas que l’Amérique ait à rougir de quoi que ce soit. Elle donne beaucoup aux pays étrangers. N’oublions pas que nous avons à faire à des criminels et des terroristes dont nous n’avions jamais entendu parler d’eux avant le 11 septembre. Ils ont réussi à créer un grand effet médiatique sans que leurs valeurs ne leur montrent qu’on ne peut pas tuer des milliers de personnes pour y parvenir. Lorsque vous avez en face de vous un ennemi de cette espèce vous n’avez aucune raison d’avoir de cas de conscience.

Actusf  :
Est-ce que cette actualité va vous influencer dans vos prochains écrits ou même votre manière de vivre ?
M. Resnick : Non pas du tout parce que je ne parle pas d’actualité dans mes bouquins. Quant à ma manière de vivre, je pense qu’il y a peu de risques que ces gars là s’intéressent un jour au trou perdu qu’est l’Ohio…

Actusf  :
Revenons à vos livres si vous le voulez bien. Avez-vous d’autre sources d’inspirations que l’Afrique ?
M. Resnick : Bien sûr. Je m’intéresse à toutes sortes de mythes, qu’ils viennent d’Australie ou de l’Ouest américain. J’essaie également d’introduire de l’humour dans mes bouquins, ce qui n’est pas forcément bien accepté par les éditeurs…

Actusf  :
Justement, est-ce que les éditeurs ou même les lecteurs ne vous enferment pas un peu en ne vous demandant que des textes sur l’Afrique ?
M. Resnick : Non pas du tout, je me sens aussi libre qu’il y 25 ans. Bien sûr qu’on me demande de faire des textes sur l’Afrique, mais je suis aussi libre d’écrire sur n’importe quel autre sujet.

Actusf  :
Quels sont les auteurs qui vous ont influencé ou dont le travail vous plaît en ce moment ?
M. Resnick : J’aime beaucoup d’auteurs mais j’estime avoir suffisamment écrit pour que se dégage ma propre personnalité. A défaut d’auteurs qui m’ont influencé, je peux quand même vous citer ceux que j’apprécie comme Malzberg, Bester, C.L. Moore, Sheckley, Effinger, Stapledon, Lafferty, Willis, Kress…

Actusf  :
Vous semblez beaucoup plus sensible à la littérature anglo-saxonne …
M. Resnick : Oui car nous avons en fait très peu de traductions d’œuvres littéraires étrangères.

Actusf  : Est-ce que vous connaissez de jeunes auteurs dont vous n’hésitez pas à dire qu’ils sont l’avenir de la SF ?
M. Resnick  : Oui bien sûr. Lorsque je travaille sur des anthologies, je m’oblige à chercher de nouveaux auteurs de qualité et j’espère trouver des gens qui feront l’avenir de la SF. Je pense par exemple à Tom Garancer, un jeune auteur très drôle qui fait penser au Robert Sheckley des années 50 ans. Je peux aussi vous citer Christine Smith qui est très bonne…

Actusf  : Pour conclure, est-ce que vous pouvez nous dire si vous avez des projets actuellement ?
M. Resnick : Oui, j’ai pas mal de projets en plus de la publication régulière de petites nouvelles pour différents journaux. On me demande par exemple depuis pas mal de temps d’écrire le retour de mon héros Santiago et je pense que je m’y atteler prochainement. J’ai aussi quelques projets d’édition papier ou sur le net… Tout ça ne me semble en fait pas si mal pour un vieux comme moi …

Xavier Vernet

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